Faut-il aller voir Ben-Hur au cinéma ?

Le remake du péplum mythique débarque en France ce 7 septembre 2016

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57 ans après le film culte avec Charlton Heston, Ben-Hur revient au cinéma. Un péplum spectaculaire déjà qualifié de flop de l'année par certains...

Faut-il aller voir Ben-Hur au cinéma ?
© Paramount Pictures ©

Les nouvelles versions de classiques du cinéma se multiplient, avec un succès plutôt mitigé. Les studios Paramount ont relevé le défi avec le plus gros des mastodontes hollywoodiens : le péplum Ben-Hur, en salles chez nous ce 7 septembre 2016.

Mais, à l'instar des resucées estivales de S.O.S Fantômes et – à un degré moindre – du Livre de la Jungle qui n'ont pas séduit les foules, les experts du secteur ne s'attendent pas à ce que le prince de Judée conducteur de char de course n'affole les compteurs au box-office.

Des critiques pas très engageantes

Aucune star en tête d'affiche et des critiques peu engageantes : bref, rien de très rassurant pour cette quatrième adaptation sur grand écran du roman éponyme de l'Américain Lewis Wallace (1880).

Le magazine Variety a qualifié le remake du réalisateur kazakh Timur Bekmambetov de "vaseux et lourdingue", tandis que de nombreux médias l'ont surnommé "Les chariots de ratés" ou "Les chariots embourbés", dans un jeu de mots avec le titre "Les chariots de feu".


Remake du film Ben-Hur


Comment faire mieux que le Ben-Hur de 1959 ?

Le défi est de taille : outre l'inconfort de refaire ce qui a déjà été fait, ce Ben-Hur 2016 doit tenir la comparaison avec celui de William Wyler sorti en 1959, véritable phénomène dans l'histoire du cinéma.

"Lorsque vous êtes face à ça, vous devez 'surperformer' à tous les niveaux et, au bout du compte, faire un meilleur film pour séduire le public", a commenté Jeff Bock, spécialiste du box-office auprès de la société Exhibitor Relations. L'homme avait anticipé des recettes de 20 millions de dollars au mieux pour le week-end d'ouverture. Un chiffre déjà assez décevant... qui n'a été atteint que 3 semaines après la sortie du film aux Etats-Unis. De quoi faire de ce Ben-Hur 2016 le flop de l'été.

Et dire que Paramount a déboursé 100 millions de dollars pour ce remake, après avoir connu une succession de déconvenues, avec Zoolander 2, Ninja Turtles 2 et plus récemment Star Trek: sans limites.

"La version de William Wyler reste l'une des meilleures du genre et, malheureusement, la nouvelle version ne pourra tenir la comparaison et ne résistera pas non plus au passage du temps", a estimé M. Bock.

Ben-Hur, l'un des plus grands classiques du cinéma

Le film de la MGM sur cette histoire de revanche fraternelle, de pardon chrétien et de courses de chars est l'un des plus grands classiques du cinéma.

A l'époque, il avait lui aussi un sacré poids sur les épaules car le roman de Wallace était un best-seller, et son adaptation au théâtre a rencontré un vif succès pendant 25 ans.

Adapté sur grand écran une première fois en 1907 avec un film muet, il l'avait de nouveau été en 1925 pour quatre millions de dollars, soit le film le plus cher jamais réalisé à l'époque.

Muet, Le Ben-Hur de 1925 avait été financé par la MGM, et de grands noms d'Hollywood s'étaient rués dans les studios de Culver City pour jouer les simples figurants dans les scènes de foule, dont Joan Crawford, Mary Pickford et Douglas Fairbanks.

Trente-quatre ans plus tard, le légendaire Charlton Heston incarne le prince juif devenu esclave Judah Ben-Hur dans un film qui bat encore le record du plus cher, avec un budget de 15 millions de dollars. Le succès est phénoménal dans les salles, où il récolte 75 millions de dollars rien qu'en Amérique du Nord, et des récompenses à la pelle, avec notamment onze Oscars.


Morgan Freeman dans le Ben-Hur de 2016

Qu'attendre de la version 2016 ?

Les critiques doutent que la mouture 2016 soit aussi flamboyante que ces précédentes adaptations, même avec la présence de l'acteur américain Morgan Freeman pour rehausser le casting.

L'acteur britannique Jack Huston, qui a repris le rôle-titre et est issu d'une dynastie du cinéma incluant l'actrice Anjelica et le réalisateur John, a eu la chance de rencontrer Charlton Heston. "Même les gens qui n'ont pas vu Ben-Hur savent que c'est le film avec cette fantastique course de chars", a récemment relevé le Britannique.

Paramount, qui a co-financé cette version XXIe siècle avec la MGM, espère attirer les spectateurs friands de religion, souvent laissés pour compte. Car, contrairement à Wyler qui ne l'avait utilisé qu'en élément de contexte, Jésus est l'un des héros de Timur Bekmambetov et sa crucifixion figure en bonne place.

"Une partie de notre travail ces derniers mois, quand le film était en post-production, a été d'aller dans des églises du pays, des groupes religieux, pour des projections en avant-première et pour obtenir le soutien de l'Eglise", a expliqué Roma Downey. L'actrice et productrice de 56 ans aux multiples récompenses est, avec son mari et co-producteur Mark Burnett, très impliquée dans la communauté catholique américaine. Ils sont notamment connus pour une mini-série sur la Bible en 2013, qui a rencontré un vif succès. Pas sûr, pour autant, que le char de Ben-Hur suive le même chemin...


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