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Qui veut acheter une île ?

Des îles à vendre de 25 000 à près de... 200 millions d’euros

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Johnny Depp, Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Angelina Jolie… Toutes ces stars ont dépensé des millions pour acheter leur propre île. Alors, pourquoi pas vous ?

Qui veut acheter une île ?
© Stockbyte – John Foxx ©

Le marché des îles privées ne serait-il réservé qu’aux plus grandes stars de la planète et aux gens les fortunés ? Eh bien non ! Si l'île seychelloise d'Arros, ancienne propriété de Liliane Bettencourt, a récemment été vendue pour la bagatelle de 60 millions d’euros, d’autres îles sont nettement plus accessibles.

Une île au Panama pour moins de 25 000 euros

A Toronto (Canada) se trouve le siège du site Private Islands Online, l'une des plus grandes agences spécialisées dans la vente d'îles privées. Elle revendique un catalogue de 550 îles dans le monde entier et une vingtaine de transactions par an.

Premier prix, une petite île de 3 000 m2, au milieu d'un lac panaméen, pour 30 000 dollars (un peu moins de 25 000 euros). Pour les (beaucoup) plus fortunés, l'île grecque de Patroklos offre 320 hectares, dans la mer Egée, à une cinquantaine de kilomètres d'Athènes, moyennant 180 millions d'euros.

« Nous avons tout type de clients, des actrices, des princesses, mais aussi des gens +normaux+. Nous avons récemment vendu une île à un instituteur pour 250 000 dollars (203 000 euros), une île dans l'Ontario avec une petite maison », explique Chris Krolow, PDG de la société, qu'il a fondée il y a 13 ans.

3 critères pour une « île de qualité »

Selon lui, une île « de qualité » doit remplir trois critères : un climat chaud, un environnement politique stable et la possibilité d'acheter réellement le terrain et pas simplement un droit d'utilisation. « Les Bahamas, Belize ou Panama sont des endroits parfaits », estime-t-il.

Attention cependant aux mauvaises surprises : « Beaucoup de gens ont acheté des îles au large du Honduras ou de Belize en oubliant qu'il y a des pirates dans ces zones, une humidité incroyable, des millions de moustiques, des maladies comme la dengue, des serpents », soulignait en 2010 Farhad Vladi, PDG de Vladi Private Island, l'autre grand spécialiste du secteur, basé à Hambourg (Allemagne).

Pour lui, l'Amérique du Nord ou l'Europe offrent une « situation politique et sanitaire » beaucoup plus stable.

Les îles grecques sont très prisées... mais chères

Les îles grecques, souvent bien équipées et au climat idéal, sont particulièrement recherchées. Selon Nicolas Mugni, de l'agence Demeures de Grèce, le marché local est constitué de « 60 à 70 îles, mais qui ne sont pas toutes constructibles », ce qui limite le marché à « une dizaine » de biens.

Son catalogue démarre à 3 millions d'euros, pour « une île constructible mais dans un endroit retiré » et va jusqu'à 45 millions d'euros pour une île bien plus grande, « plutôt destinée à un développement touristique ».
« C'est un petit marché, il n'y a pas beaucoup de clients potentiels », souligne M. Mugni, qui dit travailler essentiellement avec « des hommes d'affaires ». La dernière vente qu'il a réalisée, une île cédée 5 millions d'euros, remonte à 2009.

Cette année, un client français pourrait cependant craquer pour la propriété d'un aristocrate grec, une île de 6 hectares, sur laquelle les Beatles eux-mêmes se seraient jadis cassé les dents. Prix de départ : 18 millions d'euros, négociable.

Acheter une île en France, c’est possible

Les tarifs pratiqués sur le marché français, essentiellement concentré sur la Bretagne, sont bien moins élevés.
Dans le Morbihan, une île de 1 à 5 hectares se négocie entre 1,5 et 3,5 millions d'euros, selon Frédéric Dubois, expert immobilier indépendant spécialiste de la région. « Une quinzaine » sont totalement privées, ce qui restreint le marché à « une transaction tous les deux ou trois ans ».

« Il faut distinguer nos acheteurs de ceux que l'on peut retrouver dans le Pacifique ou les Dom-Tom. Ici, on n'est pas dans l'ostentatoire. Ce sont des acheteurs qui ont un lien fort avec la région, des gens discrets, pas du tout dans le +show off+ », explique-t-il, citant parmi les propriétaires « quelques hommes ou femmes politiques », « de gros industriels » ou encore « un producteur de cinéma ».

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