The 2nd Law : le nouveau grain de folie de Muse

Un album éclectique en accord avec les lois de la thermodynamique

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La thermodynamique. Voilà un terme bien barbare que l’on pourrait définir comme la science de la chaleur et des machines thermiques. Mais c’est aussi l’un des éléments qui a inspiré le groupe Muse pour son nouvel album, The 2nd Law.

The 2nd Law : le nouveau grain de folie de Muse
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Muse, un groupe déjà mythique

Devenu en quelques années un des plus grands groupes de la planète avec son rock épique, Muse revient aujourd’hui avec The 2nd Law, un sixième album inspiré par la musique de cinéma, le dubstep, les années 80, la paternité et les lois de la thermodynamique.

En 18 ans de carrière, le trio du Devon (sud de l'Angleterre) a pris une place enviable dans le monde de la musique, avec un rock pourtant singulier, n'hésitant pas à verser dans le grandiloquent en puisant dans le glam, le space-opera et le classique. Muse a vendu plus de 15 millions d'albums dans le monde, s'est taillé une flatteuse réputation sur scène et a même été invité cet été à composer l'hymne officiel des JO de Londres, Survival.

Des fans décontenancés

Les premiers titres de The 2nd Law à être dévoilés cet été – en particulier The 2nd Law : Unsustainable – ont décontenancé les fans. Alors que Muse a en partie bâti sa réputation sur le jeu de guitare de Matt Bellamy, les six-cordes sont ici souvent laissées au second plan. En revanche, le groupe fait une large place à l'électro et même au dubstep, le dernier courant musical à la mode.

« A chaque album, nous essayons de trouver de nouveaux terrains et de nouveaux sons avec lesquels jouer. Parce que le changement est ce qui crée le dynamisme dans un groupe », s'est récemment justifié Matt Bellamy dans une des rares interviews accordée à la presse.

« Notre défi avec The 2nd Law : Unsustainable était de créer une version organique de cette nouvelle scène électro qui se développe un peu partout, un titre du même genre que l'on pourrait jouer sur scène avec de vrais instruments », explique-t-il.

Musique de cinéma et vie de couple

Mais le dubstep n'est qu'une influence parmi d'autres. Nombre de titres évoquent le rock des années 80, de Queen à Prince en passant par INXS, et surtout le souffle des musiques de films.

Muse s'est inspiré de compositeurs comme Hans Zimmer (responsable notamment de la série des Batman par Christopher Nolan) et John Williams (Star Wars) et s'est installé pendant trois semaines à Los Angeles pour enregistrer avec la crème des musiciens et des choeurs du cinéma.

La même diversité d'influences se retrouve dans les textes. Le trio s'aventure sur des thèmes intimes comme les relations au sein du couple ou la paternité. « C'est la première fois que nous chantons à propos de relations personnelles. En fait, je l'avais fait un peu pour Showbiz (le premier album de Muse en 1999), mais quand j'ai commencé à faire des interviews, je me suis dit que les questions devenaient trop personnelles. C'est pour ça que nous avons prétendu que nos albums parlaient de la fin du monde », s'amuse Matt Bellamy.

Le deuxième principe de la thermodynamique

Muse n'abandonne pas pour autant les thèmes conceptuels qui ont fait sa réputation: chaos financier, épuisement des ressources naturelles et même lois physiques. Le titre de l'album fait ainsi référence au deuxième principe de la thermodynamique.

Parsemé de ses grains de folie, The 2nd Law se déguste donc comme une bonne super-production hollywoodienne. Et comme tout blockbuster qui se respecte, il ne fera donc pas forcément l’unanimité, même auprès des fans de la première heure.



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