Diana Krall : une jolie poupée de chiffon

Glad Rag Doll, un album délicieusement vintage

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A 47 ans, la chanteuse Diana Krall prouve qu’elle peut encore surprendre. La Canadienne dévoile cette semaine son nouvel album intitulé Glad Rag Doll, soit « l’heureuse poupée de chiffon », dans lequel elle rend hommage au jazz d’antan et pas seulement.

Diana Krall : une jolie poupée de chiffon
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La chanteuse canadienne Diana Krall revient dans les bacs cette semaine avec Glad Rag Doll, un disque où elle donne un nouveau lustre à de vieux succès des revues musicales des années 1920 et du début des années 1930, mais aussi à des chansons country et blues.

Une nouvelle corde à l’arc de Diana Krall

Diana Krall, l'une des grandes stars du jazz vocal des deux dernières décennies, prend à 47 ans une direction totalement différente de celle de Quiet Nights, son précédent album datant d'il y a trois ans et demi, où elle interprétait à grands renforts de cordes et d'arrangements sophistiqués des standards de la bossa nova.
Place sur Glad Rag Doll à une petite famille de musiciens « crossover », à la quiétude des studio Avatar dans le West Side de Manhattan, à un enregistrement analogique, à un producteur très réputé actuellement dans les domaines du country et du blues, T-Bone Burnett, pour un disque au swing chaleureux et aux saveurs rétro.

Un disque vintage, pas nostalgique

« Je n'avais pas envie de faire un disque d'époque, encore moins un album nostalgique », se défend néanmoins Diana Krall dans un communiqué transmis par sa maison de disques avant la sortie de l'album.
Les fulgurances de Marc Ribot, l'un des rares guitaristes avec Bill Frisell ou Ry Cooder à transcender les genres, ses accords décalés voire avant-gardistes, ainsi que les sonorités diffuses des claviers de Keefus Ciancia, apportent ainsi une touche moderniste à ce répertoire.

La reprise en ouverture de We Just Couldn't say Goodbye, qu'Annette Hanshaw, une chanteuse de jazz ayant connu son heure de gloire dans les années 20, interpréta en son temps, donne le ton à l'album : un swing tranquille, avec la voix nonchalante et légèrement voilée de Diana Krall qui joue d'un piano droit aux accents ragtime.

Après quelques chansons dans le même esprit, légères ou plus tristes, Glad Rag Doll prend à mi-parcours une route plus blues et country, une direction à laquelle son mari Elvis Costello n'est certainement pas étranger.

Blues et country aussi au rendez-vous

Diana Krall accomplit alors un petit bond dans le temps pour se muer en chanteuse de blues avec une reprise inspirée de I'm a little mixed up de Betty James. Suit un Prairie Lullaby, petit bijou de la musique country composé en 1931 par un certain Billy Hill, recueilli, puis une interprétation de Let it rain, une chanson datant de 1924, portée par la grâce.

I used to love you but it's all over now, d'Albert von Tilzer, constitue la seule concession complètement jazz d'un album qui s'en éloigne pas mal. Glad Rag Doll rappelle dans sa démarche et son instrumentarium, avec ici ou là un banjo, un ukulele, une guitare baryton ou une mandole, un certain Leon Redbone.

Ce musicien excentrique et hors du temps a fait de ces musiques américaines du début du siècle dernier – minstrels, chansons de vaudevilles en vogue au début du 20ème siècle mêlant burlesque, numéros de cirque, musique, théâtre - ragtime, dixieland, blues – son fonds de commerce depuis une quarantaine d'années.

Diana Krall sera en concert le 21 novembre au Palais des Congrès de Paris et le 3 novembre au Palais des Congrès de Strasbourg.

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