Flight : la descente aux enfers de Denzel Washington

Dans l’intimité d’un pilote de ligne alcoolique et cocaïnomane

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Attendu pour le 13 février en France, Flight sera un film événement du début d'année 2013. Mis en scène par Robert Zemeckis, il met en scène un pilote de ligne pour le moins tourmenté, interprété par Denzel Washington.

Flight : la descente aux enfers de Denzel Washington
© Paramount Pictures ©

Après un long détour par l'animation, l'Américain Robert Zemeckis renoue avec les acteurs en chair et en os et signe Flight, un film ambitieux et intimiste sur la descente aux enfers d'un pilote de ligne alcoolique et cocaïnomane, incarné par Denzel Washington.

Né de la plume du scénariste John Gatins, auteur notamment de Real Steel (2011) et Dreamer (2008), le projet a mis plus de dix ans à voir le jour et il a fallu tout le poids – et les salaires revus à la baisse – de Denzel Washington et Robert Zemeckis pour que Paramount puisse produire le film.

Déjà sorti aux USA, attendu pour février 2013 en France

Flight, qui sorti cette semaine en Amérique du Nord, n’est attendu que le 13 février 2013 en France. Le film met en scène Whip (Denzel Washington) un pilote de ligne surdoué qui parvient, grâce à un incroyable sang-froid et une manoeuvre de génie, à sauver la quasi-totalité des passagers et de l'équipage de son avion après une avarie.

Mais Whip est aussi alcoolique et cocaïnomane et l'enquête fédérale ouverte après l'accident va vite mettre en danger son récent statut de héros national, alors qu'il tombe amoureux d'une jeune héroïnomane (la Britannique Kelly Reilly) bien décidée à en finir avec la drogue.

« Leur dépendance est le symptôme de problèmes plus profonds », expliquait à la presse Robert Zemeckis lord de la présentation du film à Beverly Hills. « Ils abusent des drogues mais ils pourraient aussi bien abuser d'autres choses : la nourriture, le jeu, le travail. Ils ressentent juste une forme de vide. »

Etre ou ne pas être alcoolique

Pour préparer le rôle, Denzel Washington n'a pas voulu insister sur l'aspect « alcoolique ». Whip « ne se voit pas comme un alcoolique », dit-il. « Dans mon esprit, il est comme quelqu'un qui boit un verre par semaine. Il ne se rend pas compte à quel point il a dépassé les bornes. »

« Il y a un aspect personnel dans le film », déclare pour sa part le scénariste John Gatins. « Je suis devenu sobre à l'âge de 25 ans. Ces thèmes de l'alcoolisme et de la dépendance ont fait partie intégrante de ma vie. Et je suis aussi plutôt nerveux en avion », dit-il à l'AFP.

Nudité frontale et rails de coke

Avec sa première scène combinant nudité frontale et rails de cocaïne, Flight annonce d'emblée la couleur d'un film qui fait figure d'ovni dans la production actuelle des studios hollywoodiens, résolument orientée vers le grand public, à coups de super-héros et de comédies romantiques.

Il semble appartenir à l'époque révolue des années 70, « cette glorieuse période où (Hollywood) faisait des films difficiles (...) qui prenaient parfois leur temps » pour raconter l'histoire, observe M. Gatins. « Le métier a changé. Aujourd'hui, ils veulent que le plus grand nombre voient leurs films. »

Autre originalité à Hollywood, Flight ne fait allégeance à aucun genre en particulier. « J'ai pensé à un moment donner à l'enquête une part plus importante dans le film », explique-t-il. « Mais pouvais-je faire cela en restant fidèle au point de vue de Whip ? J'ai préféré enlever beaucoup de scènes (de l'enquête) pour me concentrer davantage sur son histoire, son parcours. »

Le retour de Robert Zemeckis

Pour Robert Zemeckis, auteur dans les années 80 et 90 de classiques comme Retour vers le futur et Forrest Gump, Flight marque les retrouvailles avec le cinéma en prises de vue réelles, après un détour par l'animation notamment Le Pôle Express (2004) et Le drôle de Noël de Scrooge (2009).

Si l'on excepte la scène du crash, aussi virtuose que glaçante, le film est d'une tonalité volontiers intimiste, et le drame n'empêche jamais l'humour de percer. « Mon approche du cinéma est celle du divertissement », assure le cinéaste de 61 ans. « On peut avoir un sujet très sombre, sérieux et complexe, mais je pense qu'il n'y aucune raison de s'en tenir à cela et d'avoir un film dépourvu d'humour, d'action ou de suspense. »


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