De la musculation à la gonflette

Gonfler ses muscles, ce n’est pas faire de la gonflette…

Le
© Design Pics / Darren Greenwood - 2011 - Thinkstock.com ©

Le culte du corps a subi un essor conséquent dans les années 1980 en France. Celui-ci a permis de faire prendre conscience progressivement de l’importance du bien être physique ou esthétique afin d’améliorer sa qualité de vie. Toutefois, comme dans toutes pratiques, la musculation doit faire face à des comportements extrêmes qui viennent nuire à son image, avec notamment le dopage pour obtenir un physique surdimensionné. Trop souvent qualifié de gonflette par les néophytes, le développement musculaire est lui aussi une pratique sportive à part entière. Le coach sportif David Costa vous démontre le non fondement de ce préjugé !

De la musculation à la gonflette
Les mécanismes du développement musculaire
Avant d’aborder, la « gonflette » en tant que telle, il semble judicieux de vous présenter rapidement les mécanismes sous-jacents. Une partie certes théorique et abstraite mais qui vous permettra de comprendre « concrètement » comment fonctionne la musculation. Le développement musculaire est une des réponses de l’adaptation du muscle à un stimulus d’une intensité donnée. Lorsque vous effectuez vos séries de curl debout avec barre pour travailler vos biceps par exemple, ces derniers se contractent et s’étirent. Pour permettre cela, le système nerveux central doit envoyer un signal moteur afin d’activer une partie des fibres musculaires concernées.

La répétition de ces stimulations et les micro-traumatismes causés par la contraction de vos fibres musculaires se traduiront par :

- un impact au niveau nerveux : avec l’entrainement, vous apprendrez à recruter plus de fibres musculaires notamment en travaillant à des intensités situées entre 70% et 100% de votre maximum, cela vous permettra aussi de recrutez les fibres dites « rapides » ou de type 2 (principe de taille) présentant le plus fort potentiel de développement mais difficilement recrutables chez les débutants. Vous améliorerez l’activation de vos fibres musculaires (coordination intra-musculaire), ainsi que la synergie entre les muscles agonistes (responsables du mouvement) et antagonistes (permettant de freiner le mouvement) avec notamment un meilleur relâchement des antagonistes permettant une meilleure contraction de l’agoniste (coordination inter-musculaire). Ces modifications induiront une amélioration de la force sans modification de la structure du muscle. Pour prétendre à des modifications du muscle et donc à une prise de muscle, il faudra attendre environ 6 à 8 semaines chez un débutant.

- un impact au niveau musculaire :
la sollicitation de vos fibres musculaires à des intensités de travail suffisantes (70 à 90% de votre maximum) va causer chez celles-ci des micro-lésions ainsi qu’une perturbation de l’équilibre au niveau cellulaire (homéostasie). Avec notamment l’augmentation de la concentration d'acide lactique qui va stimuler la sécrétion d'hormones anabolisantes (testostérone, hormone de croissance, IGF-1), lesquelles vont permettre la synthèse accrue de protéines dans les fibres musculaires. Vient ensuite une phase dite catabolique, avec la dégradation du tissu musculaire, et une phase anabolique avec la re-synthèse des tissus endommagés en quantité supérieure. Selon l’intensité et le type de travail de effectué, l’impact au niveau de l’hypertrophie sera différent.

 
A LIRE AUSSI ...
SELECTION SHOPPING
SUR LES MÊMES THÈMES
VOS REACTIONS