Kavinsky : de la BO de Drive à l’album Outrun

Une nouvelle étape dans le road-movie musical de Kavinsky

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Quand on pense au film Drive, on pense à Ryan Gosling. Mais le film de Nicolas Winding Refn a aussi révélé au grand public le talent musical de Kavinsky.

Kavinsky : de la BO de Drive à l’album Outrun
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Le grand public a découvert Kavinsky avec Nightcall, bande-son parfaite de la virée sanglante de Drive, avec Ryan Gosling. Le musicien français poursuit son road-movie musical avec Outrun, son très attendu premier album, publié ce 25 février.

La révélation grâce à Drive… et Gran Theft Auto

« Quand on m'a dit que Nicolas Winding Refn voulait utiliser +Nightcall+ pour son film, j'étais prêt à payer s'il le fallait, j'étais fan absolu », raconte le grand adolescent de 37 ans aux cheveux poivre et sel. « Je suis allé à la projection de presse sans avoir beaucoup d'infos sur la façon dont était utilisé mon titre. Et quand le générique est tombé, j'ai poussé un cri dans le cinoche », se souvient-il.

Dans le sillage de sa présentation à Cannes, le film jouit d'un succès international, tout comme la bande-originale qui y tient une place prépondérante.

« Ça a été une aubaine, j'aurais pu être dans +Fast & Furious+ ! D'ailleurs, +Fast & Furious+ vient de me demander une musique », s'amuse Kavinsky, dont un des titres avait déjà été utilisé dans le jeu vidéo Grand Theft Auto : Vice City.

La musique en voiture : le « kiff total »

Si les réalisateurs imaginent si bien sa musique accompagner des scènes de conduite, c'est que lui-même la conçoit de cette façon.

« Je considère que la meilleure façon d'écouter de la musique, c'est en bagnole, parce qu'il y a cet espace calfeutré dans lequel tu t'installes. Juste prendre le volant d'une main, fumer une clope de l'autre, faire défiler la zique et rouler tout droit », dit le musicien aux bras couverts de tatouages.

Outrun, un album idéal pour un road-trip nocturne

Outrun – le nom d'un fameux jeu vidéo de voitures – est la bande-son idéale d'un tour du périphérique la nuit : une musique urbaine et rétro-futuriste, lente et rythmée, qui rappelle le Daft Punk des débuts. Le disque s'ouvre comme un film. Par une nuit d'orage, un adolescent se fait renverser par une Testarossa rouge. Quand, il émerge de l'accident, le garçon devenu zombie ne fait plus qu'un avec la Ferrari.

L'histoire n'est pas une façon de surfer sur le succès de Drive. Le personnage est apparu dès le premier EP (album de quelques titres) de Kavinsky, Teddy Boy, en 2006.

À force de mater des films, je me suis rendu compte que ce que j'aimais, c'était quand la musique en était une partie intégrante. Comme dans +Christine+, qui est le film dont j'ai récupéré le plus de clichés, explique-t-il.

Qui est Kavinsky ?

Rien ne prédestinait ce gamin gouailleur de Seine-Saint-Denis, né Vincent Belorgey, à faire de l'électro. Si ce n'est une bande de copains où figuraient le réalisateur et musicien Quentin Dupieux (alias M. Oizo) et le chanteur Sébastien Tellier.

En 2003, Kavinsky récupère un vieil ordinateur de Quentin Dupieux. Il y découvre un logiciel de musique et décide qu'il ne veut plus faire que ça. Il est signé par le patron de Record Makers (son album sort aussi sous la bannière Universal, avec un objectif international) rencontré sur un clip de Sébastien Tellier, puis Daft Punk l'emmène en tournée.

Plus que le cinéma ou les voitures, ce sont les années 80 qui ont profondément marqué Kavinsky. Comme un héros de teen-movie, son personnage porte un Teddy et des Wayfarer, la Testarossa est la voiture de Don Johnson dans Miami Vice, quant à 1986 « c'était l'année des +Goonies+ ».

Et de conclure : « J'ai passé des heures, des jours et des années devant ma télé quand j'étais petit à mater les mêmes VHS, les mêmes séries en boucle, j'ai eu toutes les consoles de jeux. C'est tout ce que j'ai avalé et tout d'un coup vomi. Je ne pourrais pas me battre contre ça, c'est ce qui coule en moi. »


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