Basket : Parker, c'est l'heure

Décisif contre l'Italie, Tony Parker entend franchir un cap cette année avec l'équipe de France. (Reuters)
Il est de ces héritiers de Jim Bilba et Antoine Rigaudeau, glorieux chercheurs d'argent des JO 2000 de Sydney. De ceux qui, cette même année bénie pour le basket français, conquirent l'or européen chez les juniors, les Ronny Turiaf, Boris Diaw, Mickaël Pietrus et autre Yakhouba Diawara. En Bleu, l'avenir de Tony Parker semblait tout tracé, et plutôt bien tracé. Appeléà voir l'Euro 2001 de près en tant que doublure, le Spur en puissance (il venait alors d'être drafté par San Antonio) devait incarner la relève triomphante d'un basket tricolore en plein renouveau.
Seulement huit ans plus tard, force est de constater que le bilan n'est pas fameux. Depuis l'inattendue breloque australienne décrochée par les troupes de Jean-Pierre de Vicenzi, seule une médaille de bronze, glanée à l'Euro 2005, est venue garnir la vitrine de l'équipe de France, sans plus de cotillons. Tony Parker de son côté est pourtant bien devenu l'un des meilleurs meneurs de la planète. Mais son histoire avec les Bleus est restée chaotique, rythmée par de multiples désillusions et actes manqués. La finale pour la troisième place de l'Euro 2003, qualificative pour les Jeux 2004 mais abandonnée aux Italiens ou la demi-finale de l'Euro 2005 perdue devant la Grèce malgré un avantage de 7 unités dans les 45 dernières secondes, étant autant de cruels souvenirs.
Des Bleus en dilettante
Aujourd'hui encore, à l'aube d'un double rendez-vous décisif pour l'avenir continental des Tricolores face à la Belgique, "TP" et ses partenaires de sélection n'ont pas le beau rôle. Ainsi relégués aux basses besognes pour être passés à côté des qualifications de l'Euro 2009 l'été dernier, mais aussi et surtout pour avoir terminé le précédent championnat d'Europe à une indigne 8e place, les Français se trouvent en perpétuelle quête de repères, tantôt flamboyants, portés par des joueurs de talent, tantôt exaspérants d'imprécision et de suffisance.
Les grandes nations européennes ont une culture tactique, un sens du jeu de passe absent chez les Bleus, pestait il y a quelques semaines encore Vincent Collet dans les colonnes de Libération. Les lancer-francs par exemple, on en met un sur deux, et encore. Or, à ce niveau, on a du mal à comprendre qu'une sélection ne soit pas à 70 % de réussite. La vérité, c'est que beaucoup d'internationaux tricolores sont en retard par rapport à leurs adversaires européens sur les fondamentaux du basket. Un coup de gueule du patron des Bleus qui n'empêchait pas ce dernier de rendre hommage à son élément vedette: Un tel joueur d'exception est capable de sortir du système que vous avez imaginé pour lui, il trouve des solutions en marge de ce qui est prévu. Ce qui donne, à la longue, une réelle ouverture d'esprit à celui qui l'entraîne.
Investi et motivé comme jamais
Même irrégulier, comme en attestent ces dernières sorties internationales, lui qui, certes de retour de blessure, s'est montré incisif à souhait contre l'Italie et d'une apathie rare face à la Finlande, Tony Parker demeure en effet la clef de voûte d'une équipe de France fragile sur ses bases. Un meneur capable de porter à bout de bras tout un collectif - ses 28,3 points de moyenne l'an dernier aux dernières qualifications européennes en témoignent, comme ses 37 points inscrits dans ce cadre contre la Turquie – aussi précieux sur le parquet qu'en dehors. Un cadre qui, même rappelé aux Etats-Unis, s'investit et garde un oeil bienveillant sur les performances des plus jeunes, Nicolas Batum et Antoine Diot en tête.
A la veille d'endosser sa 87e cape, celui qui a été de toutes les grandes aventures tricolores de la décennie exception faite du Mondial 2006 devrait une fois de plus incarner le phare des Bleus. "L'équipe de France me tient à coeur. Je joue toujours avec beaucoup d'émotion", confessait-il il y a quelques jours, au soir de la probante et déterminante victoire des hommes de Vincent Collet sur l'Italie. Un mois et demi plus tôt, c'est un Tony Parker remontéà bloc et volontaire qui exhortait ses coéquipiers à marcher sur la Pologne, théâtre du prochain Championnat d'Europe: "On a la pression de fin de cycle mais on ne doit pas laisser passer notre chance comme il y a deux ou quatre ans. C'est la première fois que je suis aussi motivéà l'approche de la reprise avec l'équipe nationale. Et de toute façon, je n'arrêterai pas tant que je n'aurai pas gagné une médaille avec l'équipe de France !" Avec une telle personnalitéà sa tête, la génération présumée dorée du basket français ne peut pas demeurer éternellement maudite...












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