Basket : Parker, un patron en question

Tony Parker a inscrit 26 points en Belgique, en vain. (Reuters)
"L'équipe de France sans Tony Parker ? Elle est meilleure." Par cette pique, prononcée avant le match retour entre l'équipe de France et l'Italie il y a une quinzaine de jours (81-61), le sélectionneur transalpin, Carlo Recalcati, avait énervé le meneur de jeu des Bleus, qui s'était vengé le lendemain en plantant 23 points. Aurait-il eu mieux fait de se taire pour autant ? Pas sûr au vu de la finale aller du tournoi de repêchage pour l'Euro 2009 que les hommes de Vincent Collet ont perdue (70-66), jeudi soir à Anvers.
Depuis son retour de blessure à la cheville droite, qui lui avait valu un aller-retour de plusieurs jours à San Antonio pour faire constater l'étendue des dégâts, Tony Parker n'a apporté au sélectionneur national que des noeuds au cerveau, hormis lors de cette très nette victoire face à la Squadra Azzurra. Comment le réintégrer au groupe qui avait su bien faire en son absence ? Comment répartir à nouveau les rôles en attaque, alors que Nicolas Batum commençait tout juste à prendre une belle dimension ? Comment éviter le piège d'une "Parker-dépendance" qui avait coulé les Tricolores en qualifications, l'an dernier, sous les ordres de Michel Gomez ? Autant de questions qu'a dû se poser Vincent Collet.
La défaite en Finlande (77-73), sans Nicolas Batum et avec un Tony Parker transparent (4 points, 2 rebonds, 3 passes), ne l'avait pas vraiment rassuré. Celle en Belgique, avec un Tony Parker présent à la marque (26 points, 4 rebonds, 1 passe) et un Nicolas Batum trop timide (5 points, 1 rebond, 1 passe), non plus. "Je ne suis pas surpris. J'attendais que les Belges fassent ce qu'ils ont fait: le match de leur vie, assure-t-il dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. Les paniers qu'ils mettent sur la fin, ils les ont mis autant avec le coeur que le reste. Malheureusement, nous on n'a pas su s'extirper du piège. A nous de nous remobiliser et de faire le travail dimanche, même si on sait que ça va être difficile."
Parker joue, les autres regardent
Auteur d'un premier quart-temps de feu, le meneur All Star des Spurs a tout de suite pris le match à son compte face aux Lions. Mais quand il score, "T.P." ne distribue pas le jeu. Et ses partenaires regardent. Un problème puisque dès qu'il sort, ou marque un peu le pas, les autres ne prennent pas le relais et fuient leurs responsabilités. De làà le mettre en cause dans ce revers qui pourrait, s'il n'est pas corrigéà Pau ce week-end, priver les Bleus d'un voyage en Pologne, ce serait exagéré. Les autres leaders de cette équipe de France, Boris Diaw (6 points, 3 rebonds, 1 passe) et Florent Pietrus (1 point, 1 passe), trop vite handicapé par les fautes, sont tout autant sinon plus responsables de ce couac. Le premier depuis vingt ans face aux Belges.
"Ils ont fait un gros match, c'est tout. Il faut leur donner du crédit, explique Tony Parker au micro de RMC. Ils ont mis de gros paniers à la fin. On n'aime pas perdre. En même temps, il faut relativiser. Il reste une deuxième manche." Certes, mais à trop se voiler la face, c'est l'Euro 2009 qui va passer sous les nez tricolores. Une remise en question rapide est nécessaire avant le match retour. Pour les joueurs, qui doivent comprendre que le basket se joue à cinq, comme pour Vincent Collet, qui va devoir montrer sa réelle capacitéà gérer son joyau, qui n'est autre que son supérieur à Villeurbanne... Les Bleus ont un génie avec eux. Mais à force de frotter la lampe et de le regarder faire, il s'essouffle. A ce rythme, leur voeu d'aller en Pologne ne sera pas exaucé.












Démarrage
Favoris
Flux RSS