Basket : Batum, l'homme pressé

Nicolas Batum ne manque pas d'ambitions avant d'attaquer son premier Euro chez les A. (Reuters)
"Quand t'es habituéà gagner avec ce maillot-là chez les jeunes, t'as envie de continuer chez les A. Et là, ça serait vraiment une autre dimension. Je n'ai pas envie d'attendre, j'ai envie de gagner tout de suite." Il est comme ça, Nicolas Batum. Pas du genre à pratiquer la langue de bois ou à masquer ses ambitions. A l'aube de sa première grande compétition officielle avec les seniors, le jeune Normand (20 ans) s'avoue "excité et impatient"à l'idée d'en découdre avec les cadors de la scène continentale, lui qui veut confirmer les titres acquis chez les cadets (2004) puis chez les juniors (2006).
Etincelant et pas le moins du monde intimidé, et ce dès sa première cape en Italie (20 points, 8 rebonds), l'ancien Manceau a confirmé tout son potentiel lors de la suite des repêchages et notamment au retour face à ces mêmes Transalpins (18 points, 8 rebonds et 6 interceptions), démontrant au passage qu'il n'est pas qu'un joueur défensif, registre dans lequel il a principalement été utilisé au cours de sa première saison NBA. Il en est d'ailleurs le premier surpris. "Je ne pensais vraiment pas que je pouvais faire ça, avouait-il avant de s'envoler pour la Pologne. En défense, je n'ai fait que ça cette année donc je sais ce que je peux faire, mais c'est plus en attaque que je me suis surpris. Je ne sais pas si je peux inscrire 30 points mais je sais que je peux faire la différence sur deux ou trois actions par rapport à mes adversaires."
"On est vraiment douze mecs ensemble"
Marco Belinelli, qui l'a découvert à ses dépens, en sait quelque chose et les prochains adversaires des Tricolores ont tout intérêt à se méfier d'un joueur qu'on n'attendait pas forcément aussi tôt à ce niveau-là. Bien intégré, même s'il reconnaît qu'"au début, (il) appréhendai(t) un peu parce qu'il y a beaucoup de stars, ils formaient déjà un groupe très soudé", le Blazer a eu le plaisir de voir débarquer en cours de route son "pote" Antoine Diot, avec qui il a tout partagé chez les jeunes et au MSB, et qui est lui aussi monté dans le train bleu du bon pied. Les deux complices ne font pourtant pas bande à part, échangeant et conversant avec leurs aînés dans un grand maelstrom transgénérationnel.
Une ambiance qui trancherait nettement avec celle de 2003, où l'équipe des Parker, Abdul-Wahad, Julian et autre Foirest avait piteusement échouéà la cinquième place de l'Euro. "D'après ce qu'on m'en a raconté, il y avait plusieurs clans entre générations alors que là on est vraiment douze mecs ensemble", estime le néo-Bleu, qui ne veut surtout pas vivre un tel échec et qui sait bien que les chances des cadres comme Parker, Diaw, Turiaf et Pietrus de bien figurer dans les compétitions internationales s'amenuisent de plus en plus. "J'ai envie de les aider à faire quelque chose de grand parce qu'ils ont un potentiel tellement énorme et qu'ils ont eu beaucoup de désillusions alors qu'ils pouvaient faire de grandes choses..., soupire-t-il. Même moi devant ma télé je pleurais avec eux ! J'ai donc vraiment envie de les aider à concrétiser car ils se sont fait tellement critiquer depuis quelques années que ça m'énerve !"
Début des hostilités dès lundi face à l'Allemagne, face à qui "il faudra faire attention". Mais le Calvadosien a déjà cerné l'un des habituels écueils des Bleus: "la préparation mentale. Lorsqu'on s'est dit: "cette équipe est moins forte donc on sait qu'on va la battre", on s'est fait avoir deux fois de suite ! Il faut apprendre de ça." La tête et les jambes...












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