Basket : Diaw sort du bois

Diaw a été décisif contre la Russie. (FIBA Europe/Herve Bellenger)
Le "Babac" est un animal étrange, protéiforme, capable de fulgurances comme personne mais qui peut parfois rechigner à prendre ses responsabilités offensivement. "Babac", c'est l'affectueux surnom donné par ses proches à Boris Babacar Diaw, pilier de l'équipe de France et qui est sorti de sa boîte au meilleur moment pour apporter un troisième succès de rang aux siens dans cet Euro, victorieux de la Russie (69-64). Le vice-capitaine des Bleus a ainsi rendu sa copie la plus accomplie depuis le début de l'été, compilant 19 points, 7 rebonds et 7 passes. De quoi susciter les commentaires élogieux de ses coéquipiers, à commencer par celui de son vieux compère Ronny Turiaf, admiratif sur le site de la fédération: "le Babac a fait un gros match !"
Lui-même reconnaît bien volontiers qu'il a su prendre les choses en mains en attaque face à la Russie, dépassant pour la première fois les dix points depuis le début de la compétition et redonnant surtout de l'allant à un collectif qui s'en remet bien trop souvent à son meneur star, Tony Parker. "J'ai été agressif à un moment où je nous trouvais un peu timides, confie-t-il. Il fallait les attaquer sinon les Russes deviennent durs à jouer parce qu'ils sont grands et athlétiques." Et le joueur des Bobcats a su attaquer à bon escient, et au bon moment.
Collet: "Boris a été exceptionnel"
Déjà auteur de deux tirs primés décisifs mardi face à la Lettonie, Diaw, qui a inscrit douze points en seconde mi-temps contre les Russes, a pris feu dans le dernier quart-temps, alors que les deux équipes étaient a égalité 55-55. Il reste moins de huit minutes à jouer, "TP" vient de manquer un tir à trois points et "Bobo" va jouer les pompiers de service. Il marque trois paniers consécutifs pour donner un avantage quasi définitif aux Tricolores (61-57), qui ne seront plus jamais rejoints.
Une prise de responsabilité qui a séduit un Vincent Collet qui n'a jamais douté de l'ancien M.I.P. (Most Improved Player, joueur ayant le plus progressé) de la NBA en 2006. "On sent que des joueurs montent en puissance à l'image de Boris Diaw qui a été exceptionnel, se réjouit l'entraîneur de l'Asvel. Ce sont des motifs d'encouragement." Diaw ne sera donc certainement pas de trop en prévision des futures échéances des Bleus dans ce Championnat d'Europe, et notamment un âpre duel en perspective face aux Grecs mardi prochain. Surtout que les options offensives ne sont pas forcément légion dans ce groupe France, Nicolas Batum, qui avait pris la relève en l'absence de Parker, ne parvenant pas à rééditer ses performances de la campagne de repêchages, lui qui souffre toujours de l'épaule. Boris Diaw devrait donc être amenéà forcer à nouveau sa nature pour se muer en scoreur, un rôle que ce grand fan de Magic Johnson ne semble pas forcément disposéà conserver sur la durée. Mais lorsque la destinée de l'équipe de France est en jeu...












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