Basket : Couper Collet ?

Vincent Collet cherche des solutions pour soigner l'Asvel. (Maxppp)
"Tout va tellement vite en sport..." Ces mots, prononcés il y a dix jours par Gilles Moretton, le président de Villeurbanne, Vincent Collet en mesure mieux que personne la portée. Lui l'entraîneur qui a conduit au printemps dernier l'Asvel à son premier titre de champion de France depuis sept ans, est aujourd'hui au coeur de la tempête secouant le club rhodanien, autant en crise de résultats qu'en crise de confiance.
Dixième de Pro A, la Green Team ne doit sa présence à la Semaine des As, qui débute jeudi, qu'à son statut d'organisateur. Et alors que ce tournoi réunissant les huit meilleures équipes de la phase aller en saison régulière aurait dûêtre une fête, c'est devant un public qui l'a huée lors de sa dernière sortie à l'Astroballe, face à Orléans (55-76), qu'elle va essayer de redresser la barre. Pas simple, pour les joueurs comme pour leur coach.
"C'est difficile pour lui, admettait d'ailleurs il y a peu Aymeric Jeanneau dans BasketNews. Il travaille tellement pour nous donner le maximum d'infos, d'éléments, qui me paraissent simples à comprendre. Le discours est propre. Il cherche des solutions. On a envie de remettre en cause des choses mais il n'y a rien à remettre en cause d'un point de vue basket. Le problème n'est pas celui de la philosophie du jeu." S'il n'était pas à la hauteur, Vincent Collet ne serait pas sélectionneur de l'équipe de France. Il n'empêche que des rumeurs le disent sur la sellette. Et qu'elles soient fondées ou non, elles sont légitimes au regard des performances de Villeurbanne depuis le début de l'exercice.
Le Top 16 de l'Euroligue était un objectif, il est manqué. Le titre de champion est également convoité, mais l'Asvel est pour l'instant à la traîne dans la course aux play-offs, avec onze défaites en dix-neuf journées. Vu l'effectif qu'il a sous la main, et qu'il a lui-même dessiné avec des moyens revus à la hausse, le technicien des Verts aurait sans doute fait long feu dans un autre club et s'il n'avait pas cette double casquette sur la tête. Se séparer du coach des Bleus ferait mauvais genre. Aussi, pour parer à toute fronde populaire, Gilles Moretton a-t-il donc pris la parole sur le site du club, le 7 février dernier, afin de défendre son entraîneur mais aussi le placer devant ses responsabilités.
Moretton entre soutien et pression
"Ce groupe a été construit par Vincent Collet, pour Vincent Collet. Et Vincent reste le seul décideur sur les aspects de modification d'effectif, a-t-il expliqué. De la même façon que nous l'avons soutenu quand il s'est agi de recruter Samnick et Marshall [...], nous le suivrions sur la voie de changements qu'il préconiserait. Mais cela doit s'envisager dans le respect de certaines contraintes, notamment budgétaires. Je pense que personne ne perd de vue que ce que nous serions amenés à dépenser en plus cette saison viendrait en déduction du budget de la saison prochaine. Et surtout pas Vincent qui est en contrat avec nous pour la saison prochaine. Attention donc aux décisions prises sous pression."
La dernière en date prise par Vincent Collet a été de "couper" lundi Bobby Dixon, écarté le week-end précédent lors du déplacement à Poitiers (53-55). Mais ce n'est pas le départ forcé du meneur de jeu américain qui va tout remettre en ordre. "Il demeure encore bien des pistes à explorer pour remettre ce groupe dans le bon sens, a ajouté Gilles Moretton. Nous encourageons à nouveau le staff à travailler sur ces pistes en priorité. Il doit pouvoir tirer plus et mieux de ce groupe. Le tout en maintenant nos objectifs. [...] Maintenant, si nous devions connaître l'échec pour finir, il nous faudrait en tirer les leçons et améliorer ce qui n'a pas fonctionné pour repartir plus fort. Mais chaque chose en son temps." Le temps presse.












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