Basket : Salyers: "Ma pire saison"

Marc Salyers veut sauver sa saison avec le titre de champion. (Maxppp)
Marc, vous venez de subir une nouvelle défaite, à Limoges en Coupe de France (67-60). Que s'est-il passéà Beaublanc ?
On s'est fait battre ! Plus sérieusement, on a raté beaucoup de tirs faciles. On n'a pas joué aussi dur qu'on aurait dû et on a logiquement fini par se faire surprendre.
Votre président, Christophe Le Bouille, vous a sévèrement critiqués, disant notamment que vous aviez joué"comme des amateurs dans un gymnase de quartier un dimanche après midi..."
C'est son opinion. Mais lorsqu'on perd de la manière dont on a perdu, le président peut, et a raison, dire ce qu'il veut. Car c'est vrai que nous n'avons pas étéà notre niveau sur ce match...
Justement, comment expliquez-vous ces huit défaites enregistrées lors de vos dix derniers matches toutes compétitions confondues ?
Ce sont des choses qui arrivent. Heureusement pour nous, on a bien mieux joué en début d'année, ce qui nous a permis d'avoir une petite marge de protection et d'être toujours leader aujourd'hui. Mais c'est du passé maintenant, on ne peut rien faire pour le changer. Nous devons donc répondre en équipe, se rapprocher encore plus entre coéquipiers, tout reprendre à zéro et repartir sur une série de victoires.
Votre entraîneur JD Jackson a parlé d'un problème d'attitude, de comportement...
Peut-être... Vous savez, il y a eu beaucoup de frustration au sein de l'équipe, moi le premier vu la manière dont ça a tourné en ce qui me concerne. Mais il n'y a pas aucune excuse à avoir. Et même si nous sommes toujours premiers, on est tous responsables et on doit donc jouer tous ensemble pour gagner à nouveau et remporter ce titre de champion qui sauverait la saison.
"Pas ma dernière saison en France..."
Personnellement, vous avez connu quelques problèmes d'adaptation...
Il suffit de regarder mes statistiques... C'est clairement la pire saison de ma carrière, même si les trois ou quatre derniers matches avant Limoges, ça allait mieux. Et il n'y a que moi qui puisse améliorer les choses, je ne me cherche d'ailleurs aucune excuse. Tout ce que je peux faire, c'est continuer à travailler dur, faire tout ce que l'on me demande en essayant d'être plus agressif.
L'Asvel, que vous affrontez samedi, constitue-t-il le bon client pour renouer avec le succès ?
C'est une grosse équipe, avec le plus gros budget du championnat et certains des meilleurs joueurs sur le papier. Et pour je ne sais quelle raison, ils n'ont pas été en mesure de bien jouer ensemble et de gagner. Mais comme je l'ai dit, ça reste une grande équipe avec de grands joueurs, et si on ne débarque pas en étant prêts, et bien on perdra, c'est aussi simple que ça.
Qu'est-ce qui a motivé votre retour en Pro A ?
Déjà, je touche beaucoup moins d'argent en ayant accepté de revenir en France. Ce n'est donc pas cet aspect qui m'a convaincu de signer au Mans. Le discours de JD Jackson et des dirigeants m'a séduit, je pensais pouvoir réaliser ma meilleure saison ici. Ça ne s'est malheureusement pas passé comme ça, mais j'espère que ça va changer. Après, j'adore la France, et c'est aussi pour ça que je voulais revenir ici.
Vous avez d'ailleurs encore beaucoup de fans en France...
Ça compte beaucoup pour moi. C'est aussi une des raisons de mon retour en France. Je voulais revenir dans un pays que je connais, dont j'apprécie la culture et où le basket pratiqué, les joueurs, entraîneurs ou arbitres me sont familiers. Et je suis d'ailleurs sûr que ce n'est pas ma dernière saison en France...
"En France on ne tente pas de faire éclore les jeunes joueurs"
Vous n'avez pourtant signé qu'un contrat d'une année avec Le Mans. Comment envisagez-vous votre avenir ?
Qui sait ? Franchement, je n'en ai aucune idée. Je vais attendre la fin de saison pour parler de tout ça, notamment avec mes agents. Mais je ne crois pas que je reviendrai au Mans, même si on ne sait jamais ce qui peut se passer. Si on remporte le championnat, j'aurai alors beaucoup plus d'options alors que si ce n'est pas le cas...
Vous connaissez particulièrement bien le championnat de France, comment analysez-vous son évolution depuis votre départ ?
Honnêtement, je ne pense pas que ça joue mieux aujourd'hui. Les équipes ont peut-être plus d'argent mais il y a aussi une plus grande disparité entre le haut et le bas du classement, excepté les dernières semaines. Je me rappelle du temps où j'étais à Pau, en 2004, ou des mes premières années à Roanne, tout le monde pouvait battre tout le monde. Il n'y avait pas autant de différences entre les gros et les petits.
Pour finir, que pensez-vous du combat du syndicat des joueurs, qui réclame notamment une plus grande place pour les basketteurs français en Pro A ?
Chaque pays a ses propres règles, comme sur le nombre maximum d'Américains par équipe, par exemple. Mais lorsque j'entends qu'il n'y a pas assez de joueurs français, j'ai envie de dire : "Devenez meilleurs !" Et si vous vous améliorez, vous serez embauché ! La France est l'un des rares pays où on ne développe pas ses jeunes joueurs comme ailleurs. Alors que certains ont des capacités athlétiques incroyables ! Au Mans, il y a notamment Negueba Samake ou Babacar Niang qui ont du talent à revendre, un potentiel phénoménal. Et s'ils jouaient en Turquie ou en Italie par exemple, ils seraient tous les matins avec un entraîneur particulier pour travailler sur leur jeu, les fondamentaux du basket,... C'est donc vraiment dommage qu'en France on ne tente pas de faire éclore les jeunes joueurs. Et après on cherche à savoir pourquoi il y a moins de joueurs français dans les équipes de Pro A...












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