Cyclisme : Monaco sous le charme
N'en déplaise à certains, Lance Armstrong a raflé les suffrages de la popularité, jeudi soir, lors de la présentation des équipes effectuée quarante-huit heures avant le départ de Monaco du Tour de France 2009. Alors que la cérémonie, débutée peu avant 18h30 par le passage de la formation Bbox Bouygues Telecom de Thomas Voeckler, se déroulait dans un calme très monégasque, les premiers frémissements dans la foule se sont fait sentir pas loin d'une heure et quart plus tard quand le tour des coureurs Astana approchait. Ainsi, quand la formation Silence-Lotto de l'un des grands favoris Cadel Evans montait sur le podium sous les yeux du Prince Albert II, déjà toutes les têtes étaient tournées vers le pied de l'estrade où Armstrong et ses boys, avant-derniers à passer, préparaient leur arrivée.
Interrogé par la voix du Tour, le célèbre speaker Daniel Mangeas, Evans, deuxième des deux précédentes éditions, ne parvenait pas à capter l'attention d'une foule plus occupée à dégainer appareils numériques et téléphones portables pour se préparer à immortaliser le moment à venir. Et quand les neuf coureurs de l'équipe kazakhe montaient enfin à vélo un à un sur la scène à 19h55, tous les regards cherchaient l'Américain, avant-dernier de cordée juste devant Alberto Contador. Là, chacun avait droit à sa petite présentation, succincte mais toujours très précise, suivie des applaudissements convenus. Armstrong redoutait forcément, malgré une décontraction nouvelle, ce moment. Adulé aux quatre coins de la planète, l'homme le plus couronné du Tour n'a jamais eu vraiment la cote dans l'Hexagone. Les Monégasques ont peut-être la mémoire courte, toujours est-il que le Texan a battu les records de la soirée à l'applaudimètre, de très rares sifflets étant facilement étouffés par l'enthousiasme populaire.
Astana puis plus rien...
Le temps pour Armstrong de dire quelques mots en anglais, qu'il est heureux de revenir sur cette course magnifique, et le tour était joué. L.A. se permettait même de céder le passage à Contador au moment de redescendre sur l'asphalte, histoire de fermer le ban de son équipe comme tout bon leader qui se respecte. S'engageant avec ses coéquipiers dans une petite boucle d'un kilomètre empruntant le Boulevard Albert-Ier, le Texan pouvait déjà savourer sa première victoire sur ce Tour. Quatre ans après sa dernière apparition sur les routes françaises, le champion cycliste le plus contesté de ces vingt dernières années, si ce n'est plus, a réussi son opération séduction. Plus détendu que par le passé, peut-être parce que la raison première de son come-back est bien la lutte contre le cancer incarnée par sa fondation Livestrong, Armstrong va-t-il pouvoir se refaire une virginité tout au long des vingt-et-une étapes de cette Grande Boucle ? Rien n'est moins sûr.
En tout cas, jeudi soir, la dernière équipe à passer sous le feu des projecteurs a pâti de l'engouement né du retour de l'Américain. La nouvelle équipe Cervélo, placée en dernière car étant celle du vainqueur sortant Carlos Sastre, a défilé devant des gradins dégarnis, le spectacle se terminant apparemment après le passage des Astana. Déjà peu reconnu du grand public malgré sa victoire l'an passé, Sastre a pu une nouvelle fois observer qu'il ne suffisait pas de gagner pour faire parler de soi. Et en matière de communication, Armstrong reste intouchable.











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