Sixième en 2006, mais diminué l'année dernière, Cyril Dessel attend beaucoup de ce Tour de France. Le coureur d'AG2R, très affûté, pourrait bien revenir sur le devant de la scène.
Cyril Dessel, comment allez-vous ?
J'ai eu quelques petits soucis la semaine dernière, mais ça va beaucoup mieux. Ce n'est pas complètement résolu mais ça devrait l'être dans les prochains jours.
Avez-vous pris du retard dans votre préparation ?
Avec ce contre temps, je n'ai pas pu m'entraîner comme je le souhaitais. Il était préférable de ne pas trop faire de vélo. Pour le championnat de France, dimanche, je n'ai fait que 65 kilomètres, lundi et mardi, je n'ai pas couru. J'ai privilégié la récupération. Mais les sensations sont bonnes. Ça peut même être bien pour la suite car je pourrai avoir plus de fraîcheur.
Que représente pour vous le Tour de France ?
J'ai de très bons souvenirs avec notamment le maillot jaune en 2006 et la belle résistance en montagne. L'année dernière, j'ai eu plus de mal. C'est difficile de rester sur un échec. Je ne voulais pas vivre ça. Mon objectif est de retrouver l'émotion de 2006.
Et en terme d'objectif chiffré ?
Je ne vise pas le maillot jaune, mais une étape. Ça viendrait enrichir mon palmarès et ça me ferait plaisir. Si j'en ai la possibilité, je donnerai mon maximum. Je ne suis pas là pour le podium à Paris. Même si je grimpe bien, dans le final, il me manque un petit quelque chose. Si je peux prendre une place dans les dix premiers tant mieux. Mais à choisir, je préfère remporter une étape et finir 25eme au général que dixième ou quinzième sans étape. Mes récentes victoires me laissent penser que je retrouve mon niveau de 2006. Je suis content de retrouver ces sensations. Même si la pression est toujours présente sur le Tour, j'en ai un peu moins que l'année dernière.
Et le maillot à pois ?
Si je suis dans une échappée pourquoi pas, mais je ne courrai pas après les points si je peux gagner une étape. Je veux garder des forces. Maintenant, si les jambes sont là, ça peut devenir un objectif.
« On ne me laissera pas dix minutes d'avance »
Pensez-vous pouvoir bénéficier d'une marge de manœuvre ?
C'est sûr qu'on ne me laissera pas dix minutes d'avance. Mais je ne vais pas pour autant ronger mon frein. On l'a vu au Dauphiné où j'ai pu sortir en bénéficiant de trois ou quatre minutes d'avance. Il ne faudra pas avoir peur de prendre des risques.
Etes-vous conscient de votre popularité depuis 2006 ?
C'est la magie du Tour. On a du mal à s'en rendre compte pendant le Tour car on est dans sa bulle. Avec le recul c'est un peu moins surprenant. Mais c'est surtout sur les Critériums que je m'en suis rendu-compte.
L'année dernière, AG2R s'était articulé autour de Christophe Moreau. L'équipe ne s'est-elle pas trompée d'objectif ?
L'objectif était alléchant et motivant pour le groupe. Ça n'a pas fonctionné et on revient à quelque chose de plus classique. J'aurais aidé Christophe si mes jambes avaient été au rendez-vous, mais c'est vrai que cette stratégie est plus intéressante pour moi.
Cette équipe n'est-elle finalement pas faite pour se présenter sur la ligne avec plusieurs leaders ?
Peut-être, mais il faut dire que l'année dernière, le moral de l'équipe a chuté quand Christophe est tombé. On savait que l'objectif ne serait pas atteint et ça a cassé la dynamique. Nous avons ensuite eu du mal à reprendre nos automatismes, mais ça valait le coup de tenter. C'est facile aujourd'hui de dire que ce n'était pas une bonne chose.
Vous êtes avec Tadej Valjavec et Vladimir Efimkin les trois coureurs protégés de l'équipe. Comment se passe la cohabitation ?
Très bien. J'ai un peu connu Tadej une année à la Phonak. C'est un bon grimpeur, régulier dans les courses à étapes. Il sera présent dans la montagne et on peut penser qu'il peut entrer dans les dix ou quinze premiers. Quant à Vladimir, il est peu connu, mais s'il prend une échappée avant la montagne, ça sera bon pour le moral. Il pourrait faire aussi bien qu'à la Vuelta (Ndlr : Alors à la Caisse d'Epargne, le Russe avait remporté une étape et porté plusieurs jours le maillot de leader).
Le médecin de l'équipe semble dire que l'équipe est particulièrement affûtée. Qu'en pensez-vous ?
C'est vrai que le groupe est pas mal. Il n'y aura pas de sprint tous les jours en début de semaines et des baroudeurs grimpeurs vont pouvoir s'illustrer. C'est le profil de coureur de notre formation. Nous avons de belles places à jouer.













