Critiqué par certains, admiré par d'autres, Riccardo Ricco ne laisse personne indifférent. L'Italien, vainqueur de deux étapes, espère maintenant faire parler de lui au travers de ces performances.

De notre envoyé spécial à Bagnères-de-Bigorre, Pierrick Taisne
Il ne laisse personne indifférent. Que ce soit les tifosi italiens, ou même encore les fidèles du Tour de France. Riccardo est un homme entier. Un homme qui n'a pas la langue dans sa poche et qui n'hésite jamais à monter au créneau. Même quand il s'agit de « se payer » des icones nationales comme Danilo Di Luca ou bien encore Paolo Bettini. L'Italien de la Saunier Duval – qui ne devait pas participer à la Grande Boucle il y a encore un mois - a ainsi enlevé sa deuxième étape sur le Tour. Après le succès acquis à Super-Besse, il a triomphé dimanche à Bagnères de Bigorre. « Je suis heureux, encore plus que lors de ma première victoire à Super-Besse parce que là c'était une vraie étape de montagne. J'ai fait une belle étape mais mon équipe m'a bien aidée, spécialement Piepoli qui a fait un bon travail dans le col d'Aspin », se félicitait le coureur à l'issue de sa journée.
Deuxième du dernier Giro, Ricco a réalisé un énorme numéro dans le final, revenant notamment sur un groupe de quatre coureurs avant de placer une accélération fatale à ces hommes, et notamment à Maxime Monfort, pourtant tenté de le suivre. « J'ai essayé avec mes capacités et je m'en suis pas mal sorti. Je sais où est mon niveau. Ce n'est pas celui de Ricco, expliquait le coureur de la Cofidis. Il a toujours été impressionnant. C'était déjà le cas au Giro, sur Super-Besse et aujourd'hui. Il le sera sur le reste du Tour. » Au point que malgré ses 2'35'' de retard sur Kim Kirchen, le Belge en fait un favori pour le podium à Paris. « Je ne suis pas là pour gagner le Tour, il y a d'autres coureurs qui se préparent toute l'année pour le Tour, relativisait l'intéressé. Moi je suis venu ici pour gagner une étape et prendre de l'expérience. Je vais voir au jour le jour, le Tour a à peine commencé, je ne veux pas me prendre la tête avec ça. »
S'il est bien un terrain sur lequel l'Italien souhaite remporter une bataille c'est celui de la crédibilité qui l'entoure. Le Cobra traîne en effet dernière lui une certaine suspicion. Surtout quand on sait que certains de ses taux sont anormalement et génétiquement élevés. « Je n'étais pas fâché, mais simplement déçu que certains pensent ça parce que j'ai des valeurs naturelles qui m'ont été inculquées quand j'étais enfant, déplore ce fan de Marco Pantani. Je peux montrer mes examens de l'UCI. J'ai ma conscience avec moi. J'espère que les gens parleront plus de mes victoires que de ça. »

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