TOUR DE FRANCE, Premier écrémage > Masculin.com

Source : Sporever
15/07/2008
De notre envoyé spécial
S'il apparaît bien délicat de donner le podium de ce 95eme Tour de France, une première sélection s'est opérée après dix jours de course. Petit tour des forces en présence à quelques jours d'attaquer les Alpes.


Premier écrémage

De notre envoyé spécial à Pau, Pierrick Taisne

Cadel Evans (AUS/Silence-Lotto, maillot jaune)
Favori de ce Tour de France, Cadel Evans répond aux attentes placées en lui. Victime d'une chute dimanche dans l'étape qui reliait Pau à Bagnères de Bigorre, l'Australien s'était pourtant fait une grosse frayeur. Blessé sur tout le côté gauche du corps, l'homme de la Silence-Lotto pensait même s'être cassé la clavicule. Mais plus de peur que de mal. Dans le final de la dixième étape à Hautacam, Evans est arrivé avec un petit groupe de favoris à 1'49'' de Fränk Schleck, troisième, et s'est emparé pour la première fois de sa carrière du maillot jaune pour une seconde par rapport au Luxembourgeois. Même s'il reconnaît ne pas posséder la meilleure équipe du monde, avis partagé par ses principaux concurrents, ses aptitudes à suivre les meilleurs grimpeurs et ses qualités de rouleur en font toujours le principal candidat à la victoire finale.

Fränk Schleck (LUX/CSC, deuxième à 0'01'')
Et si la CSC avait fait la bonne opération de la journée de lundi en laissant le maillot jaune de leader à Cadel Evans ? Obligé de contrôler la course, l'Australien va se retrouver dans une situation qu'il ne connaît pas encore et laissera l'aîné des frères Schleck gérer sa course en compagnie de ses équipiers. « Nous étions trois pour le classement général. Andy a eu un mauvais jour hier, mais on a toujours deux leaders, expliquait l'actuel dauphin de Cadel Evans. On a fonctionné à merveille, avec notamment une équipe très forte. J'ai attaqué, puis Carlos a attaqué, puis j'ai de nouveau contre-attaqué dans la montée d'Hautacam. Il n'y a pas de raison que cela change. »

Denis Menchov (RUS/Rabobank, cinquième à 0'55'')
Pas forcément évoqué pour succéder à Alberto Contador, le nom de Denis Menchov revient néanmoins avec insistance dans la bouche de ses principaux concurrents. En conférence de presse, mardi matin, Oscar Pereiro et Alejandro Valverde ont ainsi fait du Russe l'un des principaux candidats à la victoire finale. Tout comme Fränk Schleck. Mais comme Evans, l'homme de la Rabobank semble un peu trop isolé au sein de son équipe. Si Ten Dam ou Weening sont parvenus à l'épauler dans les Pyrénées, il aura besoin de plus de soutien dans les Alpes. Son expérience des Grands Tours et sa capacité à anticiper les situations en font néanmoins un sérieux client.

Carlos Sastre (ESP/CSC, sixième à 1'28'')
La situation de Carlos Sastre n'est pas si éloignée de celle de Denis Menchov. A une exception près, mais une exception de taille. Si l'Espagnol, comme le Russe, continue à avancer caché, il peut, lui, se targuer de bénéficier de la meilleure équipe du peloton. Placé dans la peau du leader, avec les frères Schleck, en début de compétition, il est aujourd'hui l'un des deux seuls atouts qui reste dans la manche de Bjarne Riis. Andy Schleck distancé, il ne reste en effet plus que Sastre et Fränk pour guider la CSC. Mais comme le souligne Oscar Pereiro : « Sastre devra se montrer un peu plus offensif s'il souhaite s'imposer à Paris. »

Riccardo Ricco (ITA, Saunier Duval, neuvième à 2'29'')
Même s'il refuse de se placer dans le groupe des favoris, Riccardo Ricco est un prétendant sérieux au podium. Ses deux victoires acquises à Super-Besse et Bagnères de Bigorre ont lancé un signe fort à tous ses concurrents. Débarrassé de la pression qui pouvait l'entourer, Ricco peut maintenant se tourner vers de nouveaux objectifs. Dans les rangs de la Saunier Duval on préfère jouer la carte Cobo Acebo, huitième à 2'10'' et deuxième derrière son coéquipier Piepoli à Hautacam, mais en cas de nouveau numéro dans les Alpes, et notamment à l'Alpe d'Huez, étape qu'il semble avoir coché sur son calendrier, le deuxième du Tour d'Italie et actuel porteur du maillot à pois pourrait rêver de mieux.

Alejandro Valverde (ESP/Caisse d'Epargne, quatorzième à 4'41'')
C'est le grand perdant de la journée de lundi entre Pau et Hautacam. Alejandro Valverde a concédé 3'35 à Cadel Evans dans le final de cette dernière étape des Pyrénées. Victime d'un coup de fatigue dans la montée du Tourmalet, Valverde n'est jamais parvenu à revenir sur le groupe de leader. Même si l'Espagnol se sentait mieux dans la montée finale vers Hautacam, il a cédé trop de terrain pour espérer la victoire à Paris. Du coup, dans les rangs de la Caisse d'Epargne, on se concentre sur une nouvelle victoire d'étape. Surtout que Valverde s'est toujours montré plus à l'aise dans les Alpes. « C'est vrai que je préfère les Alpes. Mais je n'ai jamais eu l'occasion de faire un Tour sans pépin. C'est comme ça », expliquait l'intéressé mardi matin. Avant de rajouter malicieux. « Même si ça sera difficile, je pense encore au podium. » 

Damiano Cunego (ITA/Lampre, seizième à 5'37'')
Damiano Cunego ne rééditera pas sa performance de 2006. Maillot blanc de la Grande Boucle pour sa première participation, l'Italien n'a pas fait mieux que Valverde dans l'ascension d'Hautacam. Distancé dans le final, il n'est jamais parvenu à rentrer sur le groupe de favoris. Surtout, le coureur de la Lampre semble trop isolé pour pouvoir se mêler à la lutte. Les espoirs de classement général s'étant envolés, Cunego n'a plus qu'à miser sur une victoire d'étape. Mais là encore, les possibilités sont minces.

Andy Schleck (LUX, CSC, vingt-deuxième à 8'34'')
C'est avec plein de lucidité qu'Andy Schleck est revenu mardi matin sur ses dix premiers jours passés sur les routes du Tour de France. « Je me rends compte de la difficulté du Tour de France, a expliqué le cadet des Schleck. D'ailleurs dans la montée d'Hautacam, j'ai fait une erreur d'amateur en ne prenant pas assez de bidons avec moi. Surtout que devant, Jens Voigt imposait un gros rythme. » La sanction ne se fait pas attendre : Au sommet, Andy passe la ligne avec 8'59'' de retard sur le vainqueur du jour, Leonardo Piepoli. Du coup, les espoirs de classement général ne sont plus à l'ordre du jour. Un mal pour un bien ? Peut-être. Plus dangereux pour la victoire à Paris, le Luxembourgeois pourra se mettre à la totale disposition de son frère et de Sastre. La victoire d'un homme de la CSC est donc toujours dans l'air du temps.


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