
Ce jeudi matin, je participais à deux émissions de radio. Sur France Inter et BFM. Et pour ne rien vous cacher, je me posais quelques questions sur la sévérité avec laquelle j'avais qualifié le coureur italien Riccardo Ricco.
Stigmatisant la différence de traitement entre les Français qui se soumettent à un suivi rigoureux qui ne laisse pas de place aux manipulations et la situation des Italiens ou des Espagnols qui s'engouffrent dans toutes les brèches laissées béantes par l'UCI, je plaçais Ricco parmi les suspects. Je le qualifiais même de « coureur sulfureux ». Sans preuve. C'était là, finalement, un procès d'intention peu journalistique. N'étais-je pas en train de sombrer dans l'à peu près. Dans l'amalgame.
J'étais encore plongé dans cette réflexion quand je regagnais les locaux de Sporever. Première personne croisée, Nicolas Puiravau qui anime le site Sport 365. « Salut boss, vous ne nous feriez pas un petit édito sur Ricco ? »
- Ricco ?
- Et oui, Ricco rime avec EPO !
Je dirais plutôt Ricco, c'est trop. C'est la goutte d'eau. Qui montre que de l'autre coté des Alpes et des Pyrénées, rien n'a changé. Qu'il est temps d'instaurer partout les règles retenues notamment par la France. Car si aujourd'hui le cyclisme français est quasiment propre (le classement des coureurs au général le montre malheureusement), ce n'est pas seulement parce qu'un vent éthique a soufflé sur les coureurs français. C'est aussi parce qu'un véritable suivi qui révèle les modifications suspectes laisse peu de place aux tricheurs. Et que le cocktail « éthique + peur du gendarme » reste le meilleur pour lutter. Ce cocktail qu'on ne trouve dans aucune pharmacie mais qui doit permettre au Tour de garder la confiance des millions de téléspectateurs qui se passionnent encore cette année. Dur challenge !

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