Dans le collimateur des inspecteurs de la lutte antidopage, Riccardo Ricco a été contrôlé positif à l'EPO à l'issue du contre-la-montre de Cholet. L'Italien, tout comme l'ensemble de son équipe, quitte donc le Tour.

De notre envoyé spécial à Lavelanet, Pierrick Taisne
La vérité a donc rattrapé la rumeur. Comme les Espagnols Manuel Beltran et Moïses Duenas avant lui, Riccardo Ricco a été contrôlé positif à l'EPO troisième génération et supposée indétectable. Comme Duenas, c'est à l'issue du contre-la-montre de Cholet que le « Cobra » s'est fait prendre. Pas vraiment une surprise à entendre les suiveurs et observateurs du cyclisme. « Il ne devait pas prendre le départ du Tour de France un mois avant et comme par hasard, il chamboule son programme pour participer à l'épreuve, nous indique ainsi un des suiveurs. Comme ça, il a tranquillement pu se ‘‘préparer'' avant le Tour. »
Vainqueur à Super-Besse et Bagnère-de-Bigorre, Riccardo avait soulevé admiration pour les uns et suspicion pour les autres. Jérôme Pineau fait partie de cette deuxième catégorie. « Ce n'est pas trop une surprise, déplore le coureur de la Bouygues Telecom. C'est quelqu'un d'arrogant. Ça devait lui tomber dessus. Ce sont des grands imbéciles et de grands fous. Si je me fais insulter un jour par le public, il ne faudra pas que je le croise. Ces gens pensent que leurs produits qu'ils utilisent sont indétectables. Ils se trompent. J'espère qu'il sera puni fortement pour montrer l'exemple. »
Ricco : « J'ai des valeurs »
Ces valeurs d'exemple, Riccardo Ricco les a portées haut et fort en nous déclarant au soir de sa victoire à Bagnère-de-Bigorre. « J'ai des valeurs qui m'ont été inculquées quand j'étais enfant. J'aimerais bien qu'on arrête de me parler de ça, mais plutôt de mes victoires. » Du coup, c'est toute l'équipe Saunier Duval qui a quitté l'épreuve. Même si le patron d'ASO calme le jeu. « On a eu confirmation officielle de son contrôle positif. Je n'en sais pas plus, déclarait Patrice Clerc jeudi matin à Lavelanet. Les équipes quittent le Tour de France quand ce ne sont pas des cas isolés. A nous de voir s'il s'agit d'un cas isolé. Mais ce qui me stupéfait, c'est l'imbécillité de ces coureurs qui continuent à tricher. »
En attendant, Ricco est parti dans une voiture de gendarmerie et a été placé en garde à vue. Les camions de gendarmerie qui attendaient le deuxième du dernier Tour d'Italie, au départ de la douzième étape n'ont en effet pas laissé le temps à l'Italien de se placer sur la ligne. S'il est bien une bonne nouvelle à retenir à entendre Patrice Clerc, « c'est que la bataille est en train d'être gagnée. » On aimerait tellement le croire.

Démarrage
Favoris











