Quelle meilleure vitrine que le Tour pour annoncer la rupture entre le ProTour et les équipes professionnelles ? Dans l'air du temps depuis plusieurs semaines, ce divorce a été officialisé. Inéluctable.

De notre envoyé spécial à Lavelanet, Pierrick Taisne
Finalement, c'est sans doute Roger Legeay qui résume le mieux la situation. « Nous en avons marre de la situation. Vous comme nous. Tous les trois jours on parle d'un conflit entre organisateurs et UCI. On veut quelque chose de constructif. Je pense d'ailleurs avoir fait partie de ceux qui ont tenté de trouver une solution. » Le manager du Crédit Agricole s'est transformé en porte-parole mercredi matin, alors que l'ensemble des équipes du ProTour ont décidé de quitter le ProTour. « On ne veut pas la mort du ProTour ou de l'UCI, nuance Legeay. On veut un calendrier clair, avec des règles antidopage claires. »
Les équipes souhaitent en effet que les modes de contrôles antidopage soient régies par des organismes indépendants qui travailleraient en étroite collaboration avec l'UCI. « On demande notamment que les wild-card aient le même statut que nous, précise Roger Legeay. Toutes les équipes doivent avoir la même réglementation, et notamment au niveau du passeport biologique. » L'autre principale modification concerne le calendrier. Obligées de participer aux épreuves inscrites au calendrier du ProTour, les ProTeams se sont engagées à participer à 75% du calendrier actuel. En gros, il s'agit des trois Grands Tours, mais aussi de Milan-San Remo, Paris-Roubaix, le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Romandie.
Legeay : « Ne pas figer les choses »
Quid des « petites » épreuves comme le Tour de Catalogne, le Dauphiné Libéré, le Tour d'Allemagne ou encore le Tour de Suisse. « Je comprends qu'ils soient inquiets. Comme peuvent l'être également les compétitions de divisions inférieures, parce que si nous tombons à vingt coureurs, nous n'irons pas courir dans ces compétitions. Mais il faut savoir que les calendriers ne sont pas figés. Tout comme le nombre d'équipes. C'est une erreur de figer les choses. Il n'y a pas de bons chiffres. Il y a toujours la logique du sponsor. Quand ça marche on est vingt formations, quand ça ne marche pas, on est quinze. Ça dépend du niveau. Il faut coller à la réalité, que ce soit pour les équipes et les organisateurs. Si des épreuves ne correspondent pas à la philosophie du haut niveau, il faut les enlever. Et si d'autres arrivent, il faut les ajouter. »
La réaction de l'UCI ne s'est pas faite attendre. Dans un communiqué, l'Union cycliste internationale est ainsi montée au créneau. « Cette décision était prévisible suite aux réunions récemment organisées entre les équipes et la direction de la société ASO, relate le communiqué. L'UCI constate que les équipes ont une fois de plus cédé à la pression exercée par la direction d'ASO, dont l'objectif depuis quatre ans consiste à détruire l'UCI ProTour. En signant l'accord que la direction d'ASO leur a imposé, les équipes semblent vouloir rejoindre le système parallèle que cette dernière cherche à mettre en place. L'UCI examine la situation et prendra les décisions qui s'imposent en temps utile. » Pat McQuaid, son président, n'a en effet pas caché son intention d'exclure les « rebelles » de l'UCI. Si les passionnés de vélo en avaient assez des conflits d'intérêt, ils ne sont certainement pas au bout de leur peine.

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