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CARLOS SASTRE, « Fier et heureux » > Masculin.com

Source : Sporever
26/07/2008
De notre envoyé spécial
Sauf accident, Carlos Sastre devrait remporter dimanche le Tour de France sur les Champs-Elysées. Le timide Espagnol est venu livrer ses impressions après le chrono de samedi. Sa réaction en vidéo.


« Fier et heureux »

De notre envoyé spécial à Saint-Amand-Montrond

Carlos Sastre, dans quel état d'esprit êtes-vous alors que vous êtes à quelques heures de votre sacre sur le Tour de France ?
Je suis venu ici pour gagner le maillot jaune. C'était mon rêve quand j'ai commencé à faire du vélo. C'est difficile de penser à mes émotions. Dans le futur, je continuerai à faire ce que j'aime : du vélo. Je sais que je vais vivre des moments difficiles, mais je suis fier et heureux d'avoir ce maillot sur mes épaules.

Où s'est gagné le Tour de France ?
C'est la confiance que Riis et toute l'équipe m'ont donnée. Toutes les décisions ont toujours été prises tous ensemble. Mes coéquipiers se sont donnés à 100% pour moi. Je sais que Kurt (Arvesen), Voigt, mais surtout Cancellara ont été supers pour moi. Ils ont renoncé à remporter des étapes pour me protéger pendant les trois semaines. Je suis un athlète qui parle un peu, mais qui aime écouter. Je parle beaucoup avec mes coéquipiers, mais je les écoute aussi beaucoup. Quand je demandais quelque chose à mes coéquipiers, je savais qu'ils pouvaient le faire parce que j'avais confiance en eux et qu'eux avaient confiance en moi.

Il y a trois semaines, auriez-vous imaginé pouvoir vous imposer sur le Tour ?
Cette année, je suis arrivé sur le Tour avec une motivation comme jamais je n'en ai eue. J'ai fait de très bons entraînements. J'ai eu un rêve et je pensais pouvoir gagner le Tour. Maintenant, il y a des circonstances extérieures. J'ai toujours su gérer les situations sur ce Tour. Mais je ne veux pas penser que j'ai gagné le Tour. Je dois aller jusqu'au bout. Il reste encore une étape.

« Je suis propre »

Que pensez-vous des cas de dopage qui ont émaillé ce Tour ?
Je crois qu'on aura un jour un cyclisme propre. Je suis propre. Je connais tous les sacrifices que j'ai faits pour en arriver là. Dans le monde, il y aura toujours des tricheurs. Mais il y a aussi beaucoup de gens qui font des sacrifices, qui s'entraînent et qui savent quoi faire pour être propre. Dans le futur, il y aura toujours des tricheurs, mais aussi et surtout de plus en plus de gens qui travailleront pour être propres. Ce qui est important, c'est de continuer à lutter contre ces tricheurs.

Auprès de quel leader avez-vous le plus appris ?
Certainement Laurent Jalabert. Je l'ai connu à la ONCE. Nous avons couru trois ans ensemble. Il m'a impressionné physiquement, mais aussi humainement. Nous sommes passés ensemble à la CSC et j'ai vu un Laurent encore plus à l'aise, plus tranquille et qui faisait du vélo pour s'amuser. C'est ce que j'ai appris à ses côtés. J'ai appris à aimer le vélo. Je n'oublierai pas ses qualités humaines.

Vous n'êtes pas connu pour être un coureur expressif. Pourtant vous avez fait un geste en passant la ligne…
Je suis quelqu'un de calme, mais je crois toujours en quelque chose. Le geste que j'ai fait était une dédicace pour une personne qui a toujours été avec moi, Chava Jimenez, mort il y a quelques années (Ndlr : mort en 2003 à 32 ans, il avait pris la 3eme place du Tour d'Espagne en 1998). J'ai toujours été avec lui. C'était mon beau-frère. Quand il faisait du vélo, on a tout partagé ensemble. Désormais, je me trouve tout seul, ici, sur les routes du Tour. Il voulait être avec moi sur ces routes. J'ai gagné aussi pour lui.

« Manolo Saiz m'a appris la souffrance sur le vélo »

Allez-vous appeler votre ancien manger, Manolo Saiz ?
Depuis que j'ai laissé la ONCE, je ne parle pas trop avec lui. Simplement parce que nous n'en avons pas l'occasion parce que nous sommes sur deux chemins différents. Quand je suis parti, je n'ai plus eu de contact avec lui. J'aime parler de lui parce qu'il a été le premier avec qui j'ai appris la souffrance sur le vélo. C'est celui, plus qu'un autre, qui m'a appris à être professionnel. Je suis parti parce que j'étais jeune et que je travaillais pour des grands leaders. Un jour, sur le Tour de Burgos, il m'a donné l'opportunité d'avoir une équipe autour de moi et j'ai gagné. Cela a été important pour moi. J'ai vu qu'avec une équipe, j'étais capable de gagner. Je voudrais aussi dire que c'était une personne dix années en avance sur les autres. Manolo était toujours à la poursuite des meilleurs dans tous les aspects du cyclisme et surtout au niveau technique. Si j'arrive à être fort dans les contre-la-montre, c'est grâce à lui. Pour le reste, je ne veux pas juger.

Est-ce l'année de l'Espagne en matière de sport avec la victoire en Euro de foot ou encore la victoire de Nadal à Wimbledon ?
Je ne peux parler que pour moi. Je sais que pour le cyclisme, nous avons beaucoup de bons coureurs en Espagne. Nous sommes peut-être un peu plus lents que les autres, mais nous aimons travailler la base. C'est important pour se construire. On a peut-être perdu un peu de temps, mais on a travaillé pour être les meilleurs au monde.

 


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