
Stéphane Goubert, un mois après votre Tour, quel bilan tirez-vous ?
Je suis satisfait. Dans les deux grosses étapes de montagne, j'étais là. J'aurais aimé faire mieux à l'Alpe d'Huez, mais c'est la course qui décide. J'aurais aimé aussi prendre une échappée. Maintenant, je suis quand même content. Surtout que le bilan de l'équipe est très bon.
Quand on vous a vu devant dans l'Alpe d'Huez (treizième), n'avez-vous pas eu envie de jouer votre carte personnelle ?
Bien sûr. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai attaqué. Je voulais aller chercher la deuxième place parce que, à moins que Sastre prenne une fringale, il était impossible d'aller chercher la victoire. C'était mon objectif dans l'Alpe. Il m'a manqué un peu de force pour pouvoir décrocher le groupe et peut-être aussi un peu de réussite vu que les autres ne m'ont pas laissé partir.
Ces bons résultats vous ont donc poussé à signer une saison supplémentaire…
J'avais envie. Nous sommes tombés d'accord avec Vincent Lavenu. Mais la course n'est pas le plus difficile. Le plus dur, c'est quand il faut aller s'entraîner tout seul l'hiver, quand il faut se remettre devant la page blanche et tout écrire de nouveau. Ce n'est pas facile et il faut trouver la motivation, l'envie quand il pleut, qu'il fait froid, qu'on est seul, qu'on n'a pas de sensation. Les compétitions, ça va tout seul. Mais vu que l'envie de l'entraînement est là, je continue. Je ne suis pas éternel. Je sais que c'est bientôt fini mais j'en profite.
« Une amorce de changement »
Et pour le prochain Tour ?
Je ne sais pas encore. Il est trop tôt pour en parler. Cette année, j'avais fait un Dauphiné moyen (41eme) mais j'avais une infection dentaire. Je me disais qu'une fois l'effet des antibiotiques passé, ça irait mieux. C'était le cas. Si c'est la même chose l'année prochaine, je serais au départ du Tour. Mais c'est tellement dur. Cet hiver, il faudra remettre les compteurs à zéro et bosser comme un fou. Encore plus que les années précédentes.
L'année dernière, vous aviez exprimé un ras le bol en fin de Tour en raison des affaires de dopage. Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?
Ça va mieux. Les coureurs, les suiveurs en avaient marre et tout le monde a été solidaire. Finalement, on a vu que seuls quelques imbéciles faisaient encore leurs trucs dans leur coin. Du coup, ça donne de l'espoir pour l'avenir. Ça donne envie de repartir. Le comportement des coureurs et de la famille du cyclisme a fait du bien au vélo. L'année dernière, tout le monde semblait penser que tous les coureurs étaient coupables. Cette année, les mentalités ont évolué. Les gens voient que seuls quelques imbéciles continuent de tricher.
Que préférez-vous retenir du dernier Tour de France : le changement de mentalité ou l'indécision ?
Je pense que c'est surtout le dernier chrono qui a donné le ton. C'est une bonne idée de faire un petit contre-la-montre. Mais je retiens les deux aspects. Le sportif et les mentalités. L'année dernière déjà je disais qu'au niveau des coureurs, il y avait une amorce de changement de mentalité. Ça a changé et j'espère que cela va continuer.

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