BERNARDINHO : « La pression est très forte ! » > Masculin.com

De notre envoyé spécial
A quelques jours de s'envoler pour Pékin, Bernardinho, le sélectionneur de la Seleçao depuis 2001 nous a accordé un entretien. Médaillé d'or à Athènes en 2004, le sélectionneur brésilien sait que la conquête d'une nouvelle breloque sera ardue.


Bernardinho, comment vous sentez-vous quelques jours avant de vous rendre aux JO ? Sentez-vous la pression monter ?
Oh oui !! La pression est très forte. Le volley est un sport très populaire ici. Dans les bars, dans la rue, les gens parlent de nous comme ils parlent de l'équipe nationale de foot. Ce n'est pas évident à gérer. Compte-tenu de nos bons résultats ces dernières années, tout le monde pense qu'on va ramener la médaille d'or. Mais ce n'est pas si facile car la concurrence est terrible. L'attente est énorme et pour la supporter, on a décidé de faire comme si on n'avait jamais rien gagné. Cela nous permettra de jouer un peu plus relâché et d'être moins stressé par l'enjeu.

Quels seront les principaux rivaux du Brésil lors des Jeux Olympiques ?
Ils seront nombreux. Les adversaires, particulièrement en Europe, ont énormément progressé. Je pense à des équipes comme la Bulgarie ou la Russie qui possèdent des joueurs avec des physiques impressionnants. Les Etats-Unis auront également une équipe dangereuse. Pour moi, il y a un groupe de 5-6 équipes, dont fait partie le Brésil, qui peut prétendre à la médaille d'or. 

Quelle est la principale qualité de la Seleçao ?
Je crois que notre atout principal, c'est notre homogénéité. Nous n'avons pas vraiment de faiblesse dans un secteur de jeu. Cela nous permet de maintenir un niveau de jeu constant, sans connaître de baisse de régime. Nous possédons également des grands gabarits qui ont le pouvoir d'être rapides en attaque comme en défense. Pour résumer, je dirais que notre force c'est la constance et la vitesse.

« Giba  est le meilleur joueur du monde »

Quel est le meilleur joueur du monde actuellement selon vous ?
Pour moi, et je ne dis pas ça car je suis son entraîneur, mais c'est Giba ! Il est fantastique, dans tous les compartiments du jeu. Il a été élu meilleur joueur du monde par la FIBA, il fait partie des éléments les plus importants de la seleçao et j'espère qu'il va réaliser une grande année 2008 pour nous permettre de décrocher l'or olympique.

Que pensez-vous du volley-ball français ? 
C'est une sélection qui a beaucoup progressé ces dernières années. La France nous a posé beaucoup de problème lors de la Ligue Mondiale (les Bleus ont notamment battu le Brésil 3-2 à Bercy avant de perdre 3-0). Je connais bien Antigua, Granvorka, Pujol, Kieffer…J'aime le volley français, son style de jeu et je suis très attentif à ce qui se passe en sélection comme en club. Je connais bien Rafael, un Brésilien, qui joue à Paris. On parle souvent de l'évolution du volley français.

Les Brésiliens s'amusent à vous comparer à Larri Passos, le coach historique de Gustavo Kuerten. Pourquoi, selon vous ?
Peut-être parce qu'on me dit autoritaire, comme Larri. En tout cas, si je peux avoir la même réussite que lui, je serais très heureux. Être le coach d'un joueur qui gagne trois fois Roland-Garros et qui devient numéro 1 mondial, c'est quelque chose de fantastique.

Eric Frosio, à Rio de Janeiro


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