RAYMOND DOMENECH, «Faire abstraction de l'extérieur» > Masculin.com

Source : Sporever
10/10/2008
Raymond Domenech l'a répété inlassablement vendredi à Clairefontaine. A vingt-quatre heures d'un match capital en Roumanie, lui et ses joueurs ne se préoccupent pas de son avenir incertain à la tête de des Bleus.

«Faire abstraction de l'extérieur»

De notre envoyé spécial

Raymond Domenech, dans quel climat votre équipe évolue-t-elle ces derniers jours ?
Ce qui entoure l'équipe de France n'est pas mon problème. Je ne m'intéresse qu'à ce qui fait vivre le groupe à l'intérieur, c'est-à-dire le match en Roumanie, qui se suffit à lui-même pour m'apporter quelques préoccupations. Je suis concentré l'adversaire, sur les questions de blessures, de réorganisation d'équipe. Cela me paraît plus important que tout le reste.

Cette rencontre vous inquiète-t-elle ?
Tous les matchs sont difficiles à ce niveau-là. On a vu des Roumains en difficulté au premier match (NDLR : défaite 3-0 à domicile contre la Lituanie) mais ils récupèrent de grands joueurs (Chivu et Mutu, notamment, ndlr). Une qualification en Coupe du Monde n'est jamais une chose aisée.

Les rumeurs autour de votre cas personnel et l'affaire Patrick Vieira sont-elles de nature à déstabiliser vos joueurs ?
Seul ce qui se passe à l'intérieur du groupe compte. Chacun est évidemment plus ou moins sensibilisé. La société est faite d'humains qui interfèrent les uns avec les autres. Personne ne peut être complètement neutre, quelle que soit la situation. On a beau tout fermé, on est toujours influencé, traversé par des ondes positives ou négatives que chacun absorbe à sa manière, moi y compris. Mais le haut niveau réclame de faire abstraction de l'extérieur pour se concentrer sur un match et être le plus performant possible sur le terrain. Les péripéties autour de l'équipe de France sont secondaires.

 « Ceux qui aiment les Bleus sont derrière nous »

Avez-vous le sentiment que des gens souhaitent une défaite de la France samedi ?
Ce n'est pas mon problème. Je ne m'occupe que de l'équipe de France, dont l'objectif est de réussir le meilleur résultat possible en Roumanie, dans l'optique de la Coupe du Monde. Tous les gens qui aiment les Bleus sont derrière nous.

Est-ce que vous avez hâte d'être à dimanche matin ?
Non, j'ai hâte d'être à samedi soir parce que ce sont les matchs qui nous font vibrer, et pas autre chose.

Etes-vous inquiet des conditions que vous allez rencontrer à Constanta ?
L'extérieur ne me préoccupe pas vraiment. Les joueurs ont un peu déjà tout vu. En revanche, l'état de la pelouse et les dimensions du terrain m'inquiètent plus car ils ont une réelle influence sur le jeu.

« L'adversité est là et je fais avec »

Craignez-vous que les Roumains ferment autant le jeu qu'à l'Euro (0-0) ou pensez-vous qu'ils vont être obligés de sortir pour aller chercher des points à domicile ?
Lors des qualifications pour l'Euro, on était allé en Ecosse en se disant que les Ecossais allaient jouer, attaquer, nous rentrer dedans et, au final, ils ont passé le milieu de terrain une fois pour gagner 1-0. On attend donc de voir ce qui se passer. Chacun a une stratégie et ils ne vont pas nous l'annoncer pour qu'on ait le temps de se préparer.

Est-ce qu'un point vous contenterait ?
Je ferai un bilan après. J'oublie la qualification pour l'instant. Elle ne se joue pas sur un match mais plusieurs et il y en a d'autres après.

Est-ce le match le plus important de votre carrière de sélectionneur ?
Je ne vis que des matchs importants. J'ai l'impression de n'avoir vécu que dans ce contexte. C'est un match qui compte, ni plus, ni moins. Un sélectionneur qui veut vivre tranquille doit envisager un autre métier. L'adversité est là et je fais avec.


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