Football : Lens à la relance

Wallemme-Martel, le duo lensois repart mais pas pour jouer le maintien. (La Voix du Nord)
Poser le pied à Lens fait toujours son effet. Il suffisait de sortir de la gare mardi et de voir un homme juché sur une échelle, celle-ci soutenue par une dizaine de personnes, pour arracher un maillot du RC Lens suspendu comme une demi-douzaine de T-shirts à une corde afin de s'en rappeler. Une scène cocasse, résultat d'une opération marketing bien pensée de la part du nouvel équipementier du Racing, marque qui tente une percée dans le football français. Le fruit aussi d'une passion intacte dans les environs pour le produit phare de la région: le Racing Club de Lens. Si l'influence moyenne à Bollaert la saison dernière (29 842 spectateurs pour un taux de remplissage supérieur à 70%), même en Ligue 2, était là pour en attester, il était bon de le constater de visu, mardi, pour la véritable rentrée des classes du club.
Au lendemain de retrouvailles effectuées en catimini, dirigeants, membres du staff et joueurs avaient en effet donné rendez-vous à la presse et à leurs supporteurs. Et ces derniers étaient entre 2 000 et 3 000, en plein après-midi, à avoir répondu à l'invitation. "C'est à l'image de ce qu'ils ont fait depuis tant d'années mais aussi l'année dernière lorsque l'on était en Ligue 2", appréciait Kevin Monnet-Paquet à la sortie d'une séance d'entraînement de deux heures, dirigée entre autres par Dominique Cuperly, le nouveau venu au sein du staff, avec au programme: échauffements musculaires, séances de passes, séries d'opposition à huit contre huit et étirements.
Pas d'arrivées sans départs
Une reprise suivie d'un petit bain de foule lors de l'inauguration de la nouvelle boutique officielle puis d'une soirée en toute simplicité autour de la « Friterie Momo ». Pas de doute, rien n'a changéà Lens où les stigmates d'une saison au purgatoire sont difficilement visibles, si ce n'est sur le plan comptable puisque le club n'aura que le 14e ou 15e budget de L1 (environ 40 millions d'euros). "Il y a plus de journalistes que l'année dernière. On se demande bien pourquoi", notait tout juste un Jean-Guy Wallemme en grande forme en conférence de presse à l'instar de son président, Gervais Martel.
Outre la présence du soleil, ce dernier avait il est vrai de bonnes raisons d'afficher une humeur des plus conviviales. "C'est assez paradoxal, j'ai des joueurs au téléphone qui sont pourtant annoncés dans des clubs classés dans les cinq premiers du championnat aujourd'hui, relève-t-il. C'est toujours sympa de voir que des joueurs sont intéressés par le RC Lens. Mais ce n'est pas illogique. J'ai une enquête sortie il y a cinq semaines sur l'image des clubs français. Si je vous disais que le club est encore cinquième de ce classement alors que l'on a fait une année de purgatoire, la vérité est là."
Le RC Lens fédère et attire mais n'affiche pour l'heure, au coeur de ce mercato «très calme», que trois recrues (exception faite du transfert définitif du défenseur niçois Alaeddine Yahia et des signatures de cinq jeunes joueurs issus du centre de formation): le gardien Hamdi Kasraoui (Tunisie), le milieu de terrain Eduardo (Guingamp) et le défenseur Issam El Adoua (WAC Casablanca). "Il n'y aura pas d'arrivées si certains joueurs ne partent pas. Un effectif avec 36 ou 37 joueurs qui s'entassent, ce ne sera pas la politique du RC Lens", clame le président lensois pour se justifier quand son entraîneur réclame un certain équilibre avec l'arrivée notamment de joueurs au milieu de terrain du profil d'Abriel.
"Le maintien ? Guy Roux n'est plus là !"
Kovacevic (Bordeaux), Dindane (PSG ?), Maoulida (Lorient) ou encore Akalé (de retour de Huelva) sont ainsi sur le départ. "Mais si on n'a pas de remplaçants, le joueur reste, précise Martel. On n'est pas là pour faire un petit tour en Ligue 1." S'il s'avance avec "humilité", statut de promu oblige, Jean-Guy Wallemme ne manque en effet pas "d'envie et d'ambitions". "Le maintien, ce n'était que le minimum. Une grande aventure nous attend", ajoute-t-il. "Je crois beaucoup au collectif, à l'envie, au boulot. Et puis derrière on va essayer de faire du mieux possible et récompenser nos supporteurs en leur donnant de plaisir", renchérit son président.
"Il y a eu une page écornée dans le livre avec la descente mais je suis convaincu qu'il nous reste encore beaucoup de tomes de plaisir et de victoires àécrire", ajoute-t-il. "On a été les rois des cons pour descendre cette année-là avec l'effectif que l'on avait. Que cela nous serve pour l'avenir. Espérons que l'on soit un peu moins idiot et espérons que l'on revienne à un niveau que l'on n'aurait jamais dû quitter, c'est-à-dire parmi les cinq ou six plus grands clubs du football français. J'ai bien l'intention de revenir à ce niveau après une courte période de réadaptation à la Ligue 1."
Alors n'aller surtout pas lui demander si le Racing joue le maintien au risque de l'entendre répliquer sur un ton sec: "Guy Roux n'est plus là. On ne va pas continuer avec ce discours." Bien compris.











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