Football : Fernandez: "Paris est favori"

Le succès actuel de l'AJA ne monte pas à la tête de Jean Fernandez Auxerre. (Maxppp)
Comment analysez-vous le début de saison de l'AJA ?
On est content d'être là, on est leader mais on relativise. Après 3 journées, on avait 3 défaites, 0 but marqué et on était dernier. 10 matches plus tard on est leader. Dans le foot, ça va vite dans un sens ou dans l'autre. On doit aussi cette première place à la contreperformance de Bordeaux à Valenciennes et de Lyon à Grenoble. Pour nous, c'est important de marquer des points pour faire la meilleure saison possible.
Au-delà des contreperformances de Bordeaux ou Lyon, vous restez tout de même sur une très belle série ?
Il y a tout, de la qualité et de la réussite. Sur une série de 7 victoires, la réussite entre en ligne de compte pour 1 ou 2 victoires. On est resté sur la même dynamique qu'en fin de championnat avec un équilibre de deux lignes de quatre et deux attaquants. En début de saison, Jelen et Licata étaient blessés, Niculae était en méforme, on s'est quasiment retrouvé sans attaquant et ça a été compliqué de retrouver le rythme.
Comment expliquez-vous ce retour en forme ?
Sur la deuxième partie du championnat, on a vu qu'on pouvait être efficace. Sur les matches retours, on termine 3e derrière Marseille et Bordeaux. On a prolongé Jelen et Pedretti qui étaient en fin de contrat et étaient courtisés. On a également prolongé des cadres comme Sorin, Grichting, Mignot, Chafni et on a laissé filer Kahlenberg que l'on a remplacé par Licata. Malheureusement, il est blessé et il n'a pas encore fait un match avec nous. On a compensé avec le retour en forme de Niculae.
"Jelen, c'est un coup dur"
Aujourd'hui, quelles sont les perspectives d'Auxerre ?
Je dis toujours qu'on fera le bilan à la fin de la saison. Ce n'est pas manquer d'ambition que de dire ça mais en début de saison, on se dit que c'est un privilège d'être en Ligue 1. On fait du mieux possible avec nos forces et nos faiblesses. L'an dernier quand on était 17e, j'avais dit qu'on avait le potentiel pour être dans les 10 premiers et on avait fini 8e. Cette saison, on a le même effectif à un élément près, si on termine dans les 10, ce sera une saison réussie.
Qu'est-ce qui vous a agréablement surpris en ce début de saison ?
Ce n'est pas tellement la série de 7 victoires consécutives mais surtout le fait de remporter 6 matches de rang à domicile. Pour une équipe comme la nôtre qui manque de talent individuel... Dans le foot, aujourd'hui, c'est de plus en plus dur de gagner à domicile. On a battu des équipes comme Bordeaux, Lille, Montpellier ou Monaco, c'est une bonne surprise. La plupart des équipes sont plus fortes individuellement. Mais on possède une cohérence dans le jeu grâce à une ossature qui travaille ensemble depuis 3 ans.
Comment réagissez-vous à la blessure de Jelen ?
C'est un gros coup dur. C'est pour ça qu'il faut relativiser... C'est un joueur déterminant, comme Pedretti, il est important et décisif. On était euphorique, tranquille, on appréciait d'être leader. C'est un coup dur. Il y a des joueurs clés dans les clubs comme Gignac à Toulouse, Nenêà Monaco et Jelen à Auxerre. Quand Monaco évolue sans Nenê, ils sont moins forts, et ce n'est pas manquer de respect aux autres que de dire ça. Pour nous, c'est pareil.
"Gérer le côtéémotionnel de la première place"
Comment comptez-vous compenser son absence ?
On va essayer de trouver des solutions dans l'effectif. Soit, on change notre organisation d'équipe en mettant Chafni derrière Niculae, soit on le change poste pour poste. Mais si on change notre façon de jouer, Nicuale ne prend pas la profondeur comme le fait Jelen, alors il faut un milieu offensif comme Birsa. Jelen, il donne de la profondeur à notre jeu, c'est sa force et en plus il est adroit devant le but, il n'a pas besoin de 10 occasions. Souvenez-vous au Parc l'an dernier, il a 3 occasions, il met 2 buts.
Comment voyez-vous cette équipe de Paris ?
Ils ont fait un super début de saison, avec une équipe au complet. Ils ont été impressionnants. Contre Montpellier, ils mènent et se font reprendre à la 93e, puis ils battent Le Mans, Valenciennes et Lille en mettant 3 buts par match. Ils étaient devant mais ensuite, ils ont eu des blessés avec Erding, Hoarau et ça a cassé la dynamique. Paris est plus fort que l'AJA, ils ont le potentiel pour terminer dans les 5 premiers mais ils sont tributaires des blessures ou des méformes. Derrière Bordeaux, Lyon et Marseille, il y a un groupe de 4 ou 5 équipes dont fait partie le PSG.
Paris n'est pas au mieux actuellement. A quel type de match vous attendez-vous ?
On va trouver une équipe surmotivée. Ils sont plus forts et on devra gérer le côtéémotionnel, même si c'est anecdotique, de la première place. Ils viennent de perdre le clasico, ils ne voudront pas perdre de points, ils sont favoris mais on vendra chèrement notre peau.
"Beaucoup de regrets pour l'OM"
Que retenez-vous du parcours des équipes françaises en Ligue des champions ?
J'ai regardé les derniers matches et j'ai beaucoup de regrets pour l'OM. Ils ont fait le match qu'il fallait, ils ont les occasions, notamment avec cette barre de Brandao. Imaginez qu'ils battent le Milan puis le Real et ils sont en huitièmes. Avoir les trois clubs français en 1/8e, ce serait formidable ! Maintenant, même si l'OM peut battre le Real, que Milan perde à Zurich, cela paraît difficile. Je suis très déçu car ils ont réussi à les bouger, ça fout vraiment les boules.
On vous sent très attachéà cette équipe de l'OM...
J'y ai été joueur puis entraîneur, Marseille c'est particulier. Mais même sans ça, si Bordeaux avait fait le même match à Milan, j'aurais dit la même chose. Sur le match de mercredi, ils étaient plus forts et méritaient de gagner. Il leur aura manqué le paramètre réussite. L'action de Brandao à 6 mètres du but vide, pour un joueur de ce niveau, ça doit faire goal. Ça fout les boules. Mais il reste une chance. On n'imagine pas le Real perdre 3 ou 4-0 mais c'est ce qui s'est passé en Coupe, ils se sont fait tordre. Ça va être de la folie au Vélodrome, ça va être quelque chose.
Pour finir, que pensez-vous de l'équipe de France ?
Je suis optimiste. Il faut reconnaître qu'ils ont fait un mauvais match contre l'Irlande mais à l'aller ils ont été bons, comme ça a aussi été le cas contre la Roumanie et la Serbie. L'Irlande, c'est un jour sans, j'y étais et après 10 minutes, je savais que ce serait compliqué, ils ont manqué des contrôles, des passes, il y a eu ce but et ils ont eu une grosse pression.
Vous pensez vraiment qu'on peut expliquer cette prestation par un jour sans ?
J'ai joué au foot, j'ai été un sportif de haut niveau, ça arrive et pas seulement à l'équipe de France. Ça peut arriver au Brésil, à l'Italie, au Real... Quand il n'y a rien dans les jambes, il n'y a rien. Même l'équipe de France championne du monde avec Zidane a subi ça. Mais après, on oublie. Là, c'était terrible car ils ont failli se faire éliminer. 1-0 à la fin du temps réglementaire, c'est un miracle. L'essentiel est assuré avec la qualification. On va bien se préparer et vous verrez qu'on sera candidat à la victoire en 2010.












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