Football : Le Brésil devra lutter

Le Brésil de Dunga n'aura pas la partie facile en Afrique du Sud. (Reuters)
Si la France de Domenech a pu compter, à l'occasion de ce tirage au sort, de ce qui ressemble fort à un énorme coup de pouce du destin, les autres grands noms du football mondial n'ont pas tous eu droit à cette clémence. A commencer par le roi Brésil et ses cinq étoiles de champion du monde qui, malgré son statut de tête de série, doit se dire qu'il lui faudra être à son meilleur niveau dès l'entame de la compétition pour s'extraire d'un Groupe G, qui déjà mérite le surnom traditionnel de groupe de la mort.
Loin, très loin de la poule tranquille de l'édition 2006 lorsque les Auriverde avaient dominé sans sourciller l'Australie, la Croatie et le Japon, les hommes de Dunga auront a priori la partie beaucoup moins facile. Et pour cause ! La seule présence du Portugal, demi-finaliste de cette dernière édition en Allemagne, et non tête de série à l'heure de ce tirage, au même titre que la France, en tant que barragiste, suffit à créer l'évènement entre ces deux nations liées autant par l'histoire et la langue que par le jeu. Dunga ne s'y trompe pas d'ailleurs lorsqu'il annonce: Contre le Portugal, avec le style de jeu qu'ils ont et leurs joueurs, ce sera Brésil contre Brésil. Il va être intéressant de voir la rivalité entre Kaka et (Cristiano) Ronaldo. " Un Portugal, qui revient de trop loin pour ne pas croire en ses chances, à l'image de Carlos Queiroz, son sélectionneur: "Il faut reconnaître que le Brésil est favori en raison de leur histoire et de leur palmarès en Coupe du monde. Mais ce sera en 2010, ce sera une nouvelle histoire." Bien sûr la Corée du Nord, aux allures de point d'interrogation, n'est pas de nature à alarmer Brésiliens comme Portugais, mais la Côte d'Ivoire de Didier Drogba, elle, a les arguments pour se mêler aux débats.
Le Guen: "J'espère la qualification, on a envie de se bagarrer"
Quatre ans après son élimination dès le premier tour d'une dernière édition, qui marquait ses débuts dans la compétition, où elle avait déjà dû côtoyer l'Argentine, les Pays-Bas et la Serbie-Monténégro, la Côte d'Ivoire se retrouve confrontéà une opposition de choix. "C'est le tirage sûrement le plus difficile, a commenté sur Eurosport le sélectionneur de la Côte d'Ivoire, Vahid Halilhodzic. Ce sont les favoris (Brésil et Portugal), mais on va essayer de créer la surprise parce dans le football, rien n'est jamais gagné d'avance..."
Si elle est moins évidente, la position de l'Allemagne, dans le Groupe D, peut apparaître menacée face à l'Australie, la Serbie et le Ghana. "Nous avons un groupe intéressant. Nous avons joué l'Australie il n'y a pas longtemps en Coupe des confédérations (victoire 4-3 en 2005, ndlr). Ce sera un match important pour nous, le premier. Il va falloir le gagner, met en garde le sélectionneur, Joachim Loew.
A la différence des Brésiliens, et à un degré moindre des Allemands, les autres favoris ont hérité d'un tirage au sort beaucoup plus clément. Ainsi, l'Espagne, championne d'Europe en titre, que beaucoup affuble déjà d'un costume d'épouvantail, et l'Italie, tenante du titre, peuvent voir venir. Même si on les dit vieillissants et plus au niveau de 2006, les hommes de Marcello Lippi, du haut de leur dix-sept participations, n'ont pas à trembler dans le Groupe F devant la Nouvelle-Zélande, étiquetée sans doute à raison plus faible formation de ce Mondial, le Paraguay et la Slovaquie, seule nation novice dans le tournoi. "Plus vous vous concentrez sur les équipes faciles plus elles deviennent difficiles, note toutefois Lippi en vieux briscard. Nous devons nous préparer et étudier ces équipes et leurs caractéristiques."
L'Espagne de Torres, forte de ses dix victoires en dix matches de qualification, si elle aura l'opportunité dans le Groupe H de faire vibrer la fibre hispanophone aux côtés du tout petit Honduras, dont il s'agira de la deuxième phase finale de son histoire après son unique apparition dans le tournoi final en Espagne en 1982, de la Suisse et du Chili, tout de même dauphin du Brésil dans la poule AmSud des éliminatoires.
Même constat pour les Pays-Bas, autres invaincus des éliminatoires, qui, dans le Groupe E côtoient le Danemark, le Japon et le Cameroun de Paul Le Guen. "On aurait pu avoir un tirage plus difficile, on a notamment évité le Portugal et la France, notait au micro d'Europe 1 un ex-entraîneur du PSG presque soulagé. Les Pays-Bas sont incontestablement favoris, les trois autres seront à la lutte. Il faut voir comment les équipes vont se présenter en fin de saison, sur une compétition ramassée. J'espère la qualification, on a envie de se bagarrer".
Les bookmakers placent l'Angleterre favorite
L'heure était sans doute aussi au soulagement du côté de l'Argentine. Suspendu et déclaré"persona non grata" au Cap, le sélectionneur de l'Albiceleste, Diego Maradona, resté au pays, aura sans doute apprécié de voir son équipe enfin épargnée après deux éditions marquées par sa présence dans le groupe le plus relevé de la compétition. Dans le Groupe B, le Nigéria, face auquel Maradona avait disputé son dernier match en sélection lors du Mondial 1994, la Corée du Sud, quart de finaliste en 2002, et la Grèce, championne d'Europe en 2004, sont des adversaires tout à fait dans les cordes du Ballon d'or, Leo Messi, et de ses partenaires, s'ils évoluent enfin à leur véritable niveau. Otto Rehhagel semble d'ailleurs se rendre déjàà l'évidence: "L'Argentine est à l'évidence favorite de ce groupe. Tout ce que je peux faire c'est m'assurer que les joueurs seront à 100% au moment où la Coupe du monde commencera."
Enfin, l'Angleterre de Fabio Capello, de retour dans le concert mondial après son éclipse de 2006, à peine le tirage achevé, s'est hissée au rang de favorite, au même titre que le Brésil et l'Espagne, auprès des bookmakers. Dans le Groupe C, Gerrard et les Boys ont en effet la faveur des pronostics face aux Etats-Unis, l'Algérie et la Slovénie, même si Maître Capello tempère l'engouement. "Je pense que c'est l'un des groupes les plus équilibrés. L'Algérie a battu l'Egypte, ils sont donc dangereux. Je me souviens qu'il y a déjà eu des groupes qui paraissaient faciles et qui sont devenus compliqués."












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