Football : Bordeaux méprise la crise

Contrairement aux apparences, Chamakh et les Bordelais ne s'en font pas plus que cela. (Reuters)
La crise ? Quelle crise ? Il n'est de crise actuellement déclarée en L1 que sur la capitale. A Bordeaux, l'on continue de s'entraîner sur le ton du "tout va très bien madame la marquise"... Comme si le cinquième revers de la saison des Girondins encaissé ce week-end à Rennes (4-2) n'avait guère entamé le capital confiance des champions de France. Au classement pourtant, cette déconvenue bretonne, essuyée dans la foulée d'un match nul peu glorieux concédéà domicile face à Boulogne-sur-Mer (0-0), n'est pas sans conséquence...
Car derrière, Montpellier va bon train. Exception faite de leur match rattrapé et perdu contre Monaco (4-0), les Héraultais réalisent un carton plein jusqu'alors en 2010: quatre sorties pour autant de victoires et sept unités reprises à un leader bordelais qui, dans le même temps, a tout juste assuré l'essentiel devant Grenoble (1-3), après avoir partagé les points avec l'OM (1-1). Sur la même période, le Losc et l'OL, les deuxième et troisième dauphins de la L1 après 23 journées de championnat, ont également profité de cette baisse de régime girondine pour grignoter deux et cinq longueurs respectivement. Et voilà Montpellier, Lille et Lyon revenus à trois, sept et huit points. L'OM, cinquième avec un match en retard au compteur, étant potentiellement à six encablures.
Triaud ne s'en fait pas
A la lecture du classement, l'on peut donc estimer que le Stade Rennais a contribuéà relancer le championnat samedi soir. Un constat que ne réfutent pas les principaux intéressés, même s'ils n'en font manifestement pas une maladie. "Contrairement à ce que l'on peut penser, cela peut paraître paradoxal, je suis assez satisfait de mon équipe, osait même Laurent Blanc au micro d'Orange Sport à l'issue de la défaite de ses troupes au Stade de la route de Lorient. Si on gomme ces erreurs individuelles, et mes joueurs vont le faire, nous sommes dans le vrai ! Nous ne sommes pas satisfaits du résultat et du nombre de buts encaissés mais c'est la première fois, en 2010, que mon équipe joue aussi bien au football."
Monté au créneau la saison passée au soir d'un lourd revers concédé sur le terrain du TFC (3-0), Jean-Louis Triaud, qui avait alors exigé que ses joueurs remportent leurs onze derniers matches – ce qui fut chose faite ! – n'était pas moins serein lundi au Haillan: "J'ai parlé aux joueurs, dans le cadre du dialogue permanent que nous avons entre nous. Rien qui ne sorte de l'ordinaire", assurait-il alors, cité dans les colonnes de Sud-Ouest, avant de plaisanter: "J'aurais peut-être dû leur demander de gagner les quinze derniers matchs..."
Une défense trop joueuse ?
De cette défaite consécutive à une série d'invincibilité de 15 matches – le dernier faux pas des Girondins remontait au 21 novembre contre Valenciennes (0-1) – les Bordelais ont ainsi choisi de ne retenir que le meilleur, autant que faire se peut: "C'est quand même un bon match de notre part, avec près de 70 % de possession du ballon face à une équipe de Rennes en pleine réussite, jugeait lundi le président Triaud. Il n'y a pas de quoi se gratter la tête. On a peut-être mis la charrue avant les boeufs en voulant trop attaquer avant de défendre."
Louée pour son hermétisme il y a encore peu, tandis que le club au scapulaire accusait un passif de 10 buts seulement après 17 levées, la défense érigée par Laurent Blanc - qui demeure la plus solide de l'Hexagone avec celle de Toulouse - a failli dans sa tâche à huit reprises lors des six dernières journées, péchant parfois par excès de confiance. "Derrière, c'était du gruyère", admettait Cédric Carrasso, samedi soir à Rennes. "Mais vous n'allez quand même pas nous reprocher de jouer", rétorquait Laurent Blanc en conférence de presse. Alors, trop joueurs les Bordelais ? Possible... Saint-Etienne, Auxerre ou encore Lille en avaient tiré profit avant Rennes. Mais il est vrai qu'il serait mesquin de leur jeter la pierre pour si peu... D'autant que les Girondins, au-delà du classement, semblent encore jouir d'une bonne marge de manoeuvre...











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