GAEL CLICHY : « Je voulais rester » > Masculin.com

Source : Sporever
23/06/2008
Courtisé par les plus grands clubs italiens, Gaël Clichy a fait la sourde oreille. Dès la fin de la saison, il avait décidé de prolonger son bail à Arsenal où il entend continuer sa progression pour intégrer l'équipe de France. Entretien.

Gaël Clichy, votre priorité était-elle de prolonger votre contrat à Arsenal ?
Oui, c'était ma priorité. Malgré les saisons que je viens de passer sans trophée à l'arrivée, j'avais quand même pour objectif de m'installer au sein du club et d'aller vraiment de l'avant avec ce club pour de nouveau gagner des trophées. Nous avons un bel effectif, une belle équipe, et je ne vois pas de raison de chercher autre part ce que je peux trouver à Londres avec Arsenal.

A quand remonte la proposition de prolongation de vos dirigeants ?
Ça s'est passé assez rapidement. A la fin de la saison, je leur ai dit ce que je souhaitais, ils étaient d'accord et le coach m'a appuyé auprès des dirigeants. Je leur ai donné un gage de confiance. Je suis super heureux. J'espère que l'on pourra continuer comme ça pendant encore quelques années. 

Arsenal a parlé d'un contrat « à long terme ». De combien de saisons avez-vous prolongé précisément ?
C'est juste une prolongation de deux ans. Donc ça me lie au club pour quatre ans encore. C'est-à-dire que si je vais au bout de mon contrat, ça fera huit ans que je serai à Arsenal. Si tout se passe bien, j'espère que je pourrai honorer mon contrat normalement.

Est-ce à dire que vous voyez vraiment l'avenir à long terme avec Arsenal ?
En fait, je suis quelqu'un qui aime bien y voir clair avant de faire les choses. J'aime être bien dans ma tête avant de prendre une décision et, pour moi, ma priorité était de rester à Arsenal. Si la volonté d'Arsenal n'avait pas été la même, peut-être que j'aurais voulu aller voir ailleurs. Mais mon principal objectif était d'entamer la saison avec un nouveau contrat pour être serein et pouvoir travailler dans les meilleures conditions possibles avec le coach et l'équipe. C'est ce qui s'est passé, donc aujourd'hui, je peux terminer mes vacances tranquillement et commencer la saison comme nous l'avions fait l'année dernière.

« J'avais tous les gros clubs italiens »

Cette saison, Arsenal va-t-il viser le doublé Ligue des Champions et titre de champion d'Angleterre ?
Oui, ça sera ça l'objectif collectif. Mais, encore une fois, je pense vraiment que l'on peut faire de grandes choses avec cette équipe. C'est pour ça que je souhaitais rester là afin de pouvoir aider mon club à aller de l'avant et pourquoi pas commencer à gagner des trophées cette année. En tout cas, nous pouvons faire quelque chose.

Vous êtes-vous remis de cette fin de saison noire où aucune compétition ne vous a réussi ?
Nous n'allons pas nous cacher derrière la malchance et les blessures, mais il faut bien dire que nous avons eu beaucoup de blessés. Nous avons passé les cinq derniers mois avec seulement deux pointes (Adebayor et Bendtner), ce qui n'est jamais bon pour une équipe. Quand il y a eu la CAN, nous avons perdu Eboue et Kolo Touré, ça a aussi été un coup dur pour nous. Donc nous n'avons pas eu de chance. Nous avons aussi laissé passer des points et, en Ligue des Champions, l'élimination à Liverpool a été difficile à avaler. C'est pour ça que j'espère que cette saison, nous allons bien démarrer mais surtout bien terminer.

Pour en revenir à cette prolongation de contrat, vous avez reçu beaucoup d'offres de clubs prestigieux. Pourquoi n'y avez-vous pas donné suite ?
Parce que cette année, j'ai fait une belle saison mais imaginez que demain je ne fasse pas une belle saison… Si je pars demain et que mes premiers matchs ne sont pas au niveau espéré, je sais que je peux être vite mis sur la touche. Donc je préfère rester à un endroit où je sais que l'on me fait confiance et où je sais que je peux encore progresser et m'épanouir en tant que footballeur comme dans la vie. Sincèrement, je ne vois pas pourquoi j'irais chercher des complications. Peut-être plus tard… On verra ce que le football me réserve mais aujourd'hui, je suis très bien à Arsenal. Je pense que je peux encore progresser avec cet entraîneur et cette équipe, et c'est pour ça que je n'avais pas envie de bouger.

Quels étaient ces clubs italiens qui souhaitaient votre venue ?
Pour être honnête, je l'ai découvert dans les journaux. J'avais dit à mes agents que je ne voulais pas qu'ils me parlent de quoi que ce soit vu que mon objectif était de rester à Arsenal. Je savais juste qu'il y avait deux, trois clubs sur moi, mais ils ne m'avaient pas dit les noms. Ils ne m'ont mis au parfum qu'une fois que c'est sorti dans la presse. Ça fait plaisir car ce sont tous de gros clubs en Europe, mais je n'aime pas entendre parler de choses comme ça, je préfère terminer ma saison et partir ensuite directement en vacances. Je sais qu'il y avait tous les gros clubs italiens (Ndlr : L'Inter, le Milan, la Roma et la Juve), mais ce ne sont pas des choses qui m'intéressent. Dans ma tête ça a toujours été clair : je voulais rester à Arsenal, donc je n'avais pas à chercher plus loin ou à me demander qui me voulait. Après, c'est sûr qu'il y a des propositions qui peuvent être alléchantes et donner envie de partir. Il s'agit de gros clubs et je sais que l'occasion ne se présentera pas tous les jours. Mais je suis dans l'un des meilleurs clubs en Europe et je ne vais pas me plaindre. Je suis bien où je suis en terme de contrat, donc tout va bien.

« Regarder les matchs des Bleus à la télé ça met les boules »

Vous aviez dû aller beaucoup moins bien en apprenant que vous ne faisiez pas parti de la liste des 23 pour l'Euro. Comment l'aviez-vous vécu ?
Au début, c'était un peu difficile. Le jour de l'annonce de la liste et les deux, trois jours qui suivent. Surtout le jour où la première liste, qui était de 30, a été dévoilée, car je pensais vraiment avoir tout fait pour en faire partie. Cela n'a pas été le cas, donc ça me laisse à croire qu'il faut que je travaille encore un peu plus, et je vais le faire dès le début de saison. Ça m'a aussi permis d'avoir une bonne coupure de huit semaines, ce qui n'est pas négligeable vu la saison que je viens de passer et celle qui m'attend. Je touche du bois en espérant que Dieu m'aidera pour ça et que je serai épargné par les blessures.

Est-ce que cela n'a pas été trop dur pour vous de voir les Bleus à l'œuvre en Suisse ?
Non, pas du tout. J'ai vraiment fait la coupure et je ne suis pas quelqu'un « à fond dans le foot ». J'arrive à faire la part des choses, donc j'avais surtout envie de profiter de ma famille car je ne les vois jamais. C'était vraiment la bonne occasion pour couper avec le monde du foot et pour profiter de ma famille. Mais c'est sûr que c'est quand même difficile, et quand on voit les matchs en direct à la télé, ça donne envie et ça met les boules. Mais je sais que ce break de huit semaines va me servir pour la saison qui arrive et je serai prêt pour Arsenal.

Qu'avez-vous pensé de la contre-performance de l'équipe de France ?
En fait, je n'ai regardé qu'un seul match de la France : celui contre les Pays-Bas, car Robin Van Persie (Ndlr : coéquipier de Clichy à Arsenal) jouait, donc j'avais vraiment envie de regarder ce match-là. En dehors de ça, j'ai attrapé les matchs en cours, donc j'ai vu quarante minutes de Pays-Bas - Italie par exemple. Alors, qu'en ai-je pensé ? Comme tous les Français, je trouve que c'est dommage, avec les qualités et les joueurs que nous avons, de sortir dès le premier tour. Mais il y avait tellement de belles équipes dans le groupe que… Je ne vais pas dire que l'on peut le comprendre, mais c'était une poule difficile, et les Français n'ont pas réussi à s'en sortir. C'est malheureux pour la nation et le peuple français, mais c'est comme ça. Et j'espère qu'à la Coupe du Monde, tout le monde retrouvera le sourire.

Le mal est-il essentiellement défensif ?
Non, il ne faut pas seulement parler de défense mais d'un collectif. Après, je n'ai rien à dire car, comme la majorité des Français, je n'étais que téléspectateur. J'ai juste vu qu'il manquait quelque chose à l'équipe de France. Mais quoi ? Ce n'est pas à moi de le savoir. Le sélectionneur est là pour ça, les joueurs aussi. Moi, en tant que supporter, je suis juste triste que l'équipe de France ne soit pas allée au bout.

Raymond Domenech, qui vous a déjà convoqué avant cet Euro, pourrait être démis de ses fonctions. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Moi, mon avenir n'a pas changé malgré mes deux sélections en A'. La seule chose que j'ai à dire, c'est que je vais travailler dur dès le début de saison pour avoir une chance d'être appelé. Après, qu'il s'agisse d'un nouveau sélectionneur ou de Raymond Domenech, ça n'a aucune importance pour moi. Si mes performances personnelles sur le terrain sont bonnes, j'aurai la chance d'y aller. Sinon, je ne serai pas appelé. Chacun doit faire ce qu'il a à faire. Me concernant, ça sera de bien m'entraîner et de bien reprendre pour être le plus performant possible le jour où la sélection aura besoin de moi. D'ici là, j'ai le temps de voir venir les choses.

« Mathieu Flamini va manquer à Arsenal »

Vous attendez-vous à ce qu'un vent de fraîcheur souffle sur l'équipe de France, avec peut-être l'intronisation définitive cette fois de jeunes éléments comme vous ou Bakary Sagna ?
(Rires) Franchement, ça serait génial pour moi car Bakary est un super pote et ça veut dire que je serais appelé. Si nous pouvions être conviés à la prochaine équipe de France, ça serait génial. Mais il y a tellement de qualités et de jeunes joueurs en France qu'il ne faut pas s'arrêter sur quelques noms. Si je fais partie du groupe, ça sera génial. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave : je regarderai encore les matchs à la télé, comme je l'ai fait cet été. 

Avez-vous ressenti un peu d'amertume pour votre ami, Mathieu Flamini, qui a enchaîné les allers-retours pour prévenir un éventuel forfait de Vieira ?
Oui. Nous nous sommes envoyés quelques messages et c'est difficile. Premièrement, car on est dans l'incertitude et que l'on ne sait pas ce qui va se passer. Et deuxièmement, sans parler de vacances, le repos est quand même très important. Mathieu va dans un nouveau club (Ndlr : AC Milan), et plus il aura de jours de vacances mieux il sera dans l'optique de la compétition. Donc c'est dommage par rapport à ça. Comme beaucoup de joueurs, Mathieu aurait pu apporter quelque chose à l'équipe, mais ce n'est pas grave. Et même si c'était dur pour lui de ne pas savoir, ça vaut le coup car si au final il avait été appelé et avait rejoint le groupe en Suisse, ça aurait été merveilleux pour lui. Mais ce n'est que partie remise car je sais qu'il va bien travailler et que tout va bien se passer pour lui dans les années qui arrivent.

En perdant Flamini, Arsenal perd-il beaucoup ?
Oui. Enfin, il perd autant que quand il avait perdu Sol Campbell, Thierry Henry ou Ashley Cole. A chaque fois, nous avons su jouer sans ces joueurs-là. Et si nous avons réussi à jouer sans Thierry Henry, je pense que nous réussirons à jouer sans Mathieu Flamini. Après la saison qu'il a faite, il va certainement manquer à l'équipe. Mais je fais confiance à Arsène Wenger, qui a toujours su quoi faire pour pallier les départs poste pour poste, notamment faire jouer l'équipe différemment pour combler les trous.

Comment avez-vous trouvé vos coéquipiers lors de cet Euro ?
Ça ne s'est pas trop mal passé. J'aurais bien aimé que tous aillent au bout, mais ce n'est malheureusement pas possible. J'étais super content pour Robin (Van Persie), qui a eu une saison difficile, car il a quand même joué quelques matchs et a marqué. J'ai vu aussi que Cesc (Fabregas) avait marqué. Malheureusement, il n'est toujours pas titulaire, ce qui est désolant pour lui. Je vais la jouer un peu perso, donc tant mieux si Cesc ne joue pas, et tant mieux que Robin soit déjà éliminé. Comme ça, ils seront un peu plus frais que tout le monde pour le début de saison, avec l'espoir qu'Arsenal puisse écraser tout le monde durant cette saison.


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