
La Russie avait payé cher son entrée dans l'Euro. Une lourde défaite (4-1) face à l'Espagne, le 10 juin dernier à Innsbruck, avait sérieusement assombri ses chances de qualification pour les quarts de finale. Mais les joueurs de Guus Hiddink allaient dans la foulée renvoyer chez eux les tenants du titre grecs avant de s'imposer sans discussion face à une équipe de Suède qui pouvait se contenter d'un nul. Deuxièmes du groupe D derrière les Espagnols auteurs d'un « Grand Chelem », les Russes ont ensuite rencontré les Pays-Bas en quarts de finale. Dans un Parc Saint-Jacques de Bâle orange, ils ont sorti un des favoris du tournoi à l'issue d'une prestation haut de gamme et d'un des plus beaux matchs de l'Euro. Ce qui leur permet de retrouver leur bourreau originel, jeudi à Vienne. Avec un légitime sentiment de revanche.
Même si son meilleur joueur s'en défend. « Non, mais il est possible que ce soit parce que je n'ai pas joué ce match, a déclaré Andreï Arshavin sur le site officiel de l'Euro. Pour moi, le premier match n'a plus aucun sens. Ce sont les demi-finales. Un simple geste peut en déterminer le sort. » Suspendue lors des deux premières rencontres de la compétition suite à un carton rouge reçu contre Andorre lors des éliminatoires, la star russe était effectivement absente face aux Espagnols. Et a donc pu bien regarder le match depuis les tribunes. « On a fait des erreurs tactiques et individuelles, analyse-t-il. Donner un pouce de terrain à des joueurs comme David Villa (Ndlr : auteur d'un coup du chapeau) ou Fernando Torres vous met vite en difficulté. »
Malgré cela, « la Russie jouera son jeu d'attaque », selon Arshavin, même si l'attaquant du Zenit St-Pétersbourg se méfie d'un « adversaire qui connaît la contre-attaque. » Un adversaire surtout que la Russie n'a encore jamais battu. En amical, la Seleccion s'était imposée (1-0) en 1998 puis les deux équipes s'étaient neutralisées (0-0) en 2006. Lors de l'Euro 2004, les Espagnols avaient gagné (1-0) lors de la phase de poules. Mais si la Russie n'a jamais gagné face à l'Espagne, son sélectionneur, Guus Hiddink, lui, l'a déjà fait. A la tête de la Corée du Sud, le Néerlandais avait sorti la sélection ibérique aux tirs au but (après 120 minutes sans but) lors des quarts de finale de la Coupe du monde 2002. Une issue pour laquelle les Russes signeraient certainement et qui leur permettrait de se qualifier pour la première fois de leur histoire pour une finale de Championnat d'Europe. Vingt après l'URSS de Dassaev.

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