
Raymond Domenech a donc été choisi jeudi pour succéder à… Domenech Raymond. Si l'identité du sélectionneur n'a donc finalement pas changé à l'issue du très attendu Conseil Fédéral, l'homme ne pourra sortir indemne de cette période où on a tout lu et tout entendu sur son compte. Plus touché qu'il n'y paraît par la déception du 17 juin et du ramdam qui l'a accompagnée, l'homme Domenech a forcément évolué. Et s'il dira certainement faire fi de ce que racontent les journaux, nul doute que dans quelques semaines, si par bonheur tout se passe bien, il compulsera par curiosité tout ce qui a été écrit sur lui et archivé dans les revues de presse de la FFF. Mais au bout du compte finalement, une seule chose a de l'importance aujourd'hui : Domenech, jadis acclamé après la finale de Berlin mais désormais conspué par tout un peu, reste en poste. Et à n'en pas douter, le sélectionneur national devra s'habituer à vivre avec les sifflets lors de ses prochains matchs. Tant pis : il dira qu'il vaut mieux que les quolibets s'abattent sur lui plutôt que sur ses joueurs. Car ses joueurs, il leur doit bel et bien une fière chandelle.
Alors qu'on s'attendait à entendre les joueurs cracher dans l'indigeste fondue suisse servie par le cuistot Domenech, les Benzema, Diarra, Govou, Boumsong, Vieira, Clerc ou même Sagnol sont montés au créneau pour défendre leur coach. Auparavant, Patrice Evra, au sortir de France-Italie, avait lui aussi fustigé les joueurs plutôt que l'entraîneur. Le fil ne s'est donc pas rompu entre le technicien et ceux qui seront sur le terrain dès le 20 août en Suède. Et ça, c'est inestimable. En 2002, rares en effet avaient été ceux qui, après la débâcle coréenne, avaient tenté de défendre le bilan de Roger Lemerre. Même du bout des lèvres… Sur le plan des résultats et dans le scénario de la catastrophe, il y avait bien pourtant bien des similitudes entre ces deux fiascos. Sans oublier que Lemerre avait gagné un titre en 2000. Lui…
Aujourd'hui, on espère évidemment que ce soutien des joueurs et l'esprit de revanche qui doit les habiter seront à l'origine d'une révolution française. Celle-ci suppose un rajeunissement des cadres et surtout une volonté express de gagner des matchs plutôt que de ne pas les perdre. La première fois qu'il a pris l'équipe de France en main, Domenech avait fait table rase du passé. Avec maladresse certes. Les Bleus avaient alors manqué de peu de passer à la trappe à force d'accumuler les résultats nuls. Mais on attend aujourd'hui des victoires, de l'envie, du spectacle. Bref, et même si les joueurs français n'ont pas les mêmes caractéristiques que les joueurs espagnols, le public attend de son équipe qu'elle gagne et qu'elle joue au ballon. Que Domenech communique mieux, on s'en moque dans le fond. Tant que sur le terrain, les Mexès, Valbuena, Ben Arfa, Benzema, Nasri et Ribéry (les joueurs de ballon) donnent à nouveau du plaisir aux fans français. Car c'est bien là la mission de Raymond : donner un peu de plaisir à la nation ! Et surtout son ticket pour l'Afrique du Sud dans deux ans…

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