AIMÉ JACQUET, « On avait oublié cela » > Masculin.com

Source : Sporever
13/07/2008
Aimé Jacquet, a vécu une soirée pleine d'émotions. D'abord avec les retrouvailles avec ses joueurs et son public, puis en raison de l'accident de bus de jeunes supporters qui a terni ce 12 juillet.

« On avait oublié cela »

De notre envoyé spécial au Stade de France

Aimé Jacquet, que retenez-vous de ce dixième anniversaire de la victoire au Mondial 1998 ?
D'abord, il y avait le plaisir de se retrouver depuis 48 heures. Cela faisait longtemps que nous n'étions pas tous ensemble, même s'il y a eu des absents. La deuxième émotion, ça s'est passé dans le vestiaire, car c'est là qu'on se retrouve. On y a eu tellement de pression, de tension, de concentration… Des flashs nous sont revenus. Et puis il y a eu ce bonheur de retrouver ce stade. On a bien senti que le public était derrière nous. Je dois avouer qu'on a des joueurs qui vieillissent : il y en a qui vieillissent bien, c'est difficile de faire des efforts face à une bonne sélection en face de nous. La fin de match est le symbole de cette équipe de France qui ne veut rien lâcher. Elle n'aime pas la défaite. Ça a été un feu d'artifice extraordinaire dans les dernières minutes.

Avez-vous été surpris par la réaction du public ?
Ecoutez, oui d'un côté, car on ne pensait pas que dix ans après il pourrait y avoir autant de ferveur, autant de présence, autant d'envie de communiquer et de partager. Et non, car je le mesure tous les jours pour m'être déplacé dans toute la France, même la plus profonde, et en Europe : cette équipe a laissé une image exceptionnelle. Je retiendrais la ferveur du stade. On avait oublié cela. C'est la plus belle image de partage et de communion qu'on pouvait avoir.

Qu'est-ce que cela vous a fait de retrouver ce trophée au Stade de France ?
Ça m'a fait très plaisir, car c'était l'objectif qui était déterminé par le staff technique (en 1998, ndlr). Retoucher cette Coupe du Monde, c'était vraiment magique. J'ai peut-être plus mesuré ce qu'elle représentait aujourd'hui en soulevant cette Coupe du Monde qu'il y a dix ans, car j'étais alors dans un nuage surréaliste. Je n'avais peut-être pas su apprécier ce bon moment, car il y avait eu tellement de pression, de concentration qu'on était un petit peu « absents » si vous me permettez l'expression.

Mais s'il y avait de la pression, il y avait aussi de la confiance dans ce groupe…
Quand vous préparez pendant deux ans cette compétition... Je peux vous dire qu'il y avait dans ce groupe-là un capital confiance extraordinaire. Après, ça se joue à peu de choses. Il faut être humble aussi : pour peu de chose, on peut rater des grands événements. Mais là, on sent très bien pourquoi cette équipe a été à la gagne : il y avait un groupe de joueurs et d'hommes exceptionnels. Ils ont une force intérieure exceptionnelle.

Samedi, vous avez fait sortir rapidement Lilian Thuram, qui semblait très ému…
Dans sa situation… Lilian est un homme intelligent. Il voulait absolument jouer. On a pris des précautions, bien entendu. Mais le temps venait qu'il sorte. Il y a eu de l'émotion.

Un mot sur les absents, si Vieira et Henry étaient blessés et excusés, Emmanuel Petit, lui n'a pas souhaité venir…
Il fait partie de notre groupe. Je souhaite qu'il revienne. Il a tellement fait une Coupe du Monde exceptionnelle, je souhaiterais son retour dans le groupe. On va voir. On a encore des choses à faire, des matchs à réaliser : il aura la sagesse de retrouver ses potes. Patrick et Thierry sont blessés tous les deux. Ils jouent eux, on ne peut pas être exigeants. Place à leurs obligations en club : le début de saison c'est très dangereux. Quand j'étais entraîneur, je n'étais pas très content de voir mon joueur faire un petit match…

Avant ce match, vous avez tenu à adresser un mot aux accidentés qui devaient assister au match…
Oui, malheureusement. Je suis Stéphanois un petit peu, quand j'ai appris cet accident, je dois dire que ça a freiné notre enthousiasme. On a pensé à ces enfants qui venaient jouer au Stade de France. Nous pensons à eux, à leurs familles et à tous les gens qui sont dans la souffrance et la douleur. La vie est bien injuste. Malheureusement, il faut accepter le sort cruel.


 


Dernières News Football
Recevez le meilleur du site chaque semaine :