
Vincent Laban, comment êtes-vous passé de la France au championnat de Chypre ?
Ça remonte à il y a trois ans maintenant. J'ai passé six ans au FC Nantes où j'avais signé un an en professionnel. Mon contrat n'avait pas été renouvelé. J'ai un peu galéré pour retrouver un club. J'ai fait des essais à droite et à gauche, en France, en Belgique, en Espagne… Finalement, j'ai eu une proposition fin août 2005 d'un club chypriote, Digenis Morphou. C'était un club moyen ici à l'époque. On était arrivés en finale de la Coupe de Chypre et cinquièmes du championnat lors de ma première saison. Et la deuxième année, on est descendus en D2.
Et là, vous êtes parti pour Anorthosis Famagouste…
Oui, j'avais signé trois ans à Morphou et j'ai été transféré dans un des meilleurs clubs de Chypre. Les gros clubs chypriotes aiment recruter des joueurs étrangers. J'arrivais d'une petite équipe reléguée et je n'étais pas parti pour être titulaire. Et finalement, j'ai joué toute la saison et on a terminé champions de Chypre, invaincus en championnat.
Comment s'est passée l'adaptation au niveau de la langue ?
Ici, c'est le Grec dont ce n'est pas évident. Au niveau de l'écrit, ce n'est pas le même alphabet. Quand j'ai ouvert les journaux, ça a été un choc. Au niveau du parlé, phonétiquement, c'est plus facile. Maintenant ça va pour moi : ça fait plus de trois ans que je suis là. Et pour les nouveaux, on parle en anglais.
Comment sont les infrastructures à Famagouste ?
On a un bon staff avec deux masseurs et un préparateur physique. On a une structure assez professionnelle et on se rassemble à l'hôtel avant les matchs. Les terrains de match sont d'assez bonne qualité.
Le club semble se donner les moyens comme en témoigne le recrutement de Savio…
Oui, le club met vraiment de gros moyens dans le recrutement. Il y a Savio mais il y a aussi le défenseur grec Traianos Dellas, le milieu portugais Paulo Costa qui a joué à Bordeaux et il y a Cédric Bardon qui nous a rejoints. Il avait des propositions en France mais il a préféré venir ici. Financièrement, c'est intéressant de jouer à Chypre car c'est net d'impôts.
« On va vivre l'enfer en Grèce »
Parlez-nous de ce parcours en Ligue des Champions où Famagouste est à un match de la phase de poules…
Oui, c'est vraiment génial ce qui nous arrive. On a commencé contre les Arméniens du Pyunik Erevan au premier tour préliminaire. Puis on a éliminé les Autrichiens du Rapid de Vienne qui est un club régulièrement présent sur la scène européenne. On les a battus 3-0 chez nous puis on s'est incliné 3-1 chez eux. Je marque le but qui permet de nous qualifier.
Et hier, vous avez écrasé l'Olympiakos…
Oui, l'Olympiakos avait terminé en huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre Chelsea la saison dernière. Ici, la Grèce et Chypre sont très proches. Il y avait une ambiance de folie pour ce match avec autant de supporters de l'Olympiakos que de supporters de chez nous. On a gagné 3-0 donc il va falloir être solides au match retour. On va sûrement vivre l'enfer là-bas. Il va falloir être solidaires et tenir ce résultat.
Vos dirigeants avaient-ils envisagé une place en phase de poules de la Ligue des Champions ?
L'objectif était d'atteindre ce troisième tour préliminaire. Mais notre entraîneur est beaucoup plus ambitieux. Temuri Ketsbaia est un Géorgien, ancien joueur de Newcastle et de l'AEK Athènes, qui a beaucoup de tempérament. Son objectif est d'atteindre la phase de poules. Aujourd'hui, c'est tout le pays qui est derrière nous et qui ne parle que de ça.
Est-ce que vous pensez rester longtemps à Chypre ?
Je ne sais pas. Jouer ici à Chypre est assez sympa, il y a beaucoup d'engouement mais si je peux jouer un jour dans un plus gros championnat... J'ai fait quelques bons matchs ces derniers temps et la Ligue des Champions est un bon moyen de se montrer. J'ai eu quelques appels, notamment de clubs grecs.

Démarrage
Favoris











