
Thierry Henry n'est pas un novice loin de là. Mais mercredi soir, à l'Ullevi Stadium de Göteborg, le meilleur buteur de l'équipe de France va étrenner un nouveau statut. Celui de capitaine. Certes, le joueur a déjà joué ce rôle dans la passé mais avec les retraites internationales de Lilian Thuram et de Claude Makelele, ainsi que les défections de Patrick Vieira et de Willy Sagnol, le Barcelonais se retrouve comme l'un des derniers anciens avec William Gallas. Une nouvelle dimension pour le buteur des Bleus et une fierté aussi à l'heure de rebâtir une équipe meurtrie par l'échec de l'Euro. « J'ai eu la chance de participer à des épopées qui ont abouti à une victoire et aussi à des épopées qui nous ont fait rentrer plus tôt que prévu, analyse-t-il. Tu sais ce qu'il faut faire, malheureusement ça t'échappe pour des raisons dont on a déjà discuté entre nous. Ce sont des discussions de vestiaires. Il y en a eues et il y en aura. »
Pour son quatrième match débuté avec le brassard de capitaine, Thierry Henry aura un rôle particulier. Encadrer les jeunes et recadrer un effectif aux automatismes balbutiants lors du dernier Euro. S'il ne débute pas dans l'exercice (il a été capitaine à Arsenal de 2005 à 2007), « Titi » sera un nouveau relais sur le terrain pour Raymond Domenech et Alain Boghossian. Un clin d'œil pour le champion du monde avec son aîné de six ans. « Les jeunes l'ont regardé comme un champion du monde, a-t-il avoué. Il (Boghossian) est là pour apporter à ce groupe mais il faut mettre tout ça de coté. Il fait partie du staff, du groupe, il a beaucoup apporté grâce à son expérience de joueur et les huit ans qu'il a passés en Italie, il apprend pas mal. Il arrive ici pour pouvoir aider le coach et nous aussi. »
Dans un effectif en constant renouvellement depuis 2004, l'ancien Gunner a traversé la période faste de l'équipe de France. Ses échecs aussi. Le brassard arrive comme un crédit supplémentaire accordé par Raymond Domenech à celui qui fêtera bientôt ses onze ans en sélection. « J'ai toujours abordé une sélection, une grande compétition ou un match en me disant que ce serait le dernier. Apres avoir été champion du monde, je suis retourné un an et demi en Espoirs, explique-t-il. Ce n'était pas facile des fois mais je n'ai jamais refusé la sélection. Ça m'a permis de comprendre que du jour au lendemain tout peut s'arrêter. Quand les gens parlent de manque d'envie, de volonté et de désir de jouer en équipe de France, ce n'est pas facile à avaler. J'ai eu la chance de jouer trois Euros, trois Coupes du Monde. Ça, tu ne le sais pas au départ. » Henry a parcouru du chemin et s'il est certainement plus proche de la fin de sa carrière que du début, il lui reste encore des missions à accomplir.

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