Rugby : Finir sur une bonne note...

Maxime Médard et les Bleus veulent conclure leur tournée en beauté. (Reuters)
Et dire que les Bleus en étaient presque à se plaindre de passer à ce point inaperçus à Sydney, où le test-match face aux Wallabies, depuis l'arrivée de la délégation française dimanche dernier, était renvoyé dans l'anonymat d'une actualité sportive locale centrée plutôt sur le jeu à treize que sur le quinze traversé ici par une crise profonde. Depuis jeudi et l'affaire de qui vous savez, le degré d'attractivité médiatique du XV de France a, c'est un euphémisme, sensiblement augmenté. Du staff aux joueurs, tout ce qui porte un coq sur le coeur s'en serait pour tout dire bien passé et le sujet ne fait l'objet d'aucun commentaire. A quoi bon d'ailleurs...
Sans le vouloir, Mathieu Bastareaud a volé un peu de cette tournée à ses coéquipiers et pourtant, comme le rappelait Marc Lièvremont, ses joueurs ont un match à disputer samedi au stade olympique de Sydney face à une formation que Thierry Dusautoir n'a pas hésité cette semaine à désigner comme la meilleure nation de l'hémisphère sud devant les champions du monde sud-africains. "Même si les Sud-Africains m'ont vraiment impressionné face aux Lions, les Australiens ont très peu de points faibles, ils ont des stars comme Giteau, Mortlock et Smith qui rayonnent depuis des années dans le rugby international", commente le Toulousain dans les colonnes de La Dépêche du Midi. C'est dire qu'après s'être coltinés par deux fois les Blacks, cette équipe de France, pas loin après trois semaines de tournée de se retrouver sur la jante malgré la solide préparation physique avalée en Nouvelle-Zélande, va devoir réunir ce qui, lui reste d'énergie pour résister aux Wallabies. Un adversaire face auquel à l'automne dernier, à Paris, les Bleus avaient tutoyé la victoire sans jamais pouvoir y prétendre vraiment (13-18).
Dusautoir: "On savait très bien qu'une tournée comme ça, ce n'était pas de la tarte"
Une troisième victoire en 2008 face aux Français pour les joueurs de Robbie Deans, qui continuent donc d'être une énigme pour Lièvremont et ses joueurs. Dusautoir connaît bien ce sentiment d'être à la fois si près et si loin: "Sur le match de novembre, je nous ai sentis assez bien, apprécie le troisième ligne. Après, il y a eu un manque de réussite, qui a fait qu'on est passéà côté de la victoire. Mais on avait été solides, on les avait fait subir. Si on garde ce même état d'esprit, on pourra leur poser des problèmes. Eux ne se découvrent pas beaucoup, ils ont un jeu au pied long, une grosse défense et quand ils décident de garder le ballon, ils marquent." Une rigueur et une efficacité entretenues et confortées par Deans depuis sa nomination en début de saison dernière, mais pas franchement à l'oeuvre ces deux dernières semaines à l'occasion de deux victoires (31-8, 34-12) des Wallabies face à l'Italie, dont la dernière ne fut acquise que dans les dix dernières minutes de jeu.
A la décharge des Wallabies, pas moins de huit de leurs cadres étaient à ces deux occasions laissés au repos, laissant la relève australienne à l'oeuvre face aux Transalpins, à l'image du jeune prodige James O'Connor, auteur d'un triplé pour sa première cape et qui prendra place sur le banc samedi, prêt à prendre sa chance en vue du Tri-Nations. L'illustration d'une concurrence exacerbée appelée de ses voeux par Deans. Au point que, s'il se murmure qu'une bagarre entre joueurs pourrait être à l'origine de l'affaire Bastareaud, les joueurs australiens, maintenus sous haute tension, auraient bien failli en venir aux mains cette semaine à l'entraînement. Le déficit de fraîcheur au coup d'envoi n'en apparaît pas moins en défaveur des Tricolores. "C'est notre plus gros défi parce que physiquement, on est moins en forme. C'est aussi le plus excitant car il n'y a aucun calcul à faire, il faut se donner au maximum et après, c'est terminé, il n'y aura plus rien si ce n'est les vacances. Ce serait génial de conclure sur une bonne note cette tournée qui a été assez intéressante. (...) On savait très bien qu'au bout de dix mois de compétition, se taper une tournée comme ça, ce n'était pas de la tarte. C'est le dernier objectif, la dernière marche avant les vacances."
Un ultime effort à ne pas galvauder pour ne pas rester sur une défaite et ne pas isoler un peu plus l'exploit de Dunedin dans la saison des Tricolores. Refroidis le week-end dernier à Wellington par les conditions météo, qui ne leur auraient pas permis d'assumer les consignes de jeu martelées par leurs entraîneurs, Dusautoir et ses coéquipiers doivent, malgré un réservoir proche de la panne sèche, répondre face aux Australiens aux critiques d'un staff déçu par le manque d'initiatives de leurs joueurs. "C'est leur rôle d'être toujours plus exigeants et de nous donner des arguments pour répondre." Le choix dès lors d'aligner Dimitri Yachvili et Lionel Beauxis, onzième charnière de l'ère Lièvremont, plutôt réputés pour la qualité de leur jeu au pied, peut laisser perplexe... Il sera pourtant surtout question à l'occasion de ce dernier acte de la saison de faire corps derrière un seul même objectif: après Dunedin il y a deux semaines, s'imposer pour la première fois en Australie depuis bientôt près de vingt ans (*).
(*) La dernière victoire française en Australie remonte à 1990. Cette année-là, les Blanco, Sella, Saint-André, Camberabera et autre Benazzi s'étaient imposés (28-19) face aux Farr-Jones, Lynagh, Campese grâce à deux essais de Mesnel et "Cambé", auteur ce jour-là de points 21 points.












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