Rugby : Un goût d'inachevé...

Clerc et les Tricolores n'ont pas été au bout de leurs intentions en Ecosse. (Reuters)
Ça, c'est fait. A écouter dimanche soir un Marc Lièvremont, d'abord excédé de n'être interrogé que sur la performance du héros du jour, Mathieu Bastareaud, commenter à chaud les débuts victorieux de son XV de France dans le Tournoi, on sentait d'emblée ce désir de ne pas s'appesantir sur une performance, certes louable, mais qui dans son contenu et eu égard à la qualité de l'adversaire, n'a pas de quoi soulever les foules. "On a félicité les joueurs, mais on a envie de basculer sur l'Irlande. Si globalement, on est plus que contents de l'investissement des joueurs et de leur maîtrise, il y a des choses à régler." Il ne s'agissait évidemment pas d'exiger la perfection de la part des Bleus dès ce premier match, mais il y a ce lundi comme un sérieux goût d'inachevé qui reste en bouche...
Comme si derrière les deux coups de boutoir de Bastareaud et dans le sillage d'un pack plus conquérant que jamais, plutôt que d'appuyer là oùça fait mal, nos Tricolores avaient préféré se contenter de peu en se reposant sur une défense hermétique, mais pas pour autant tout à fait étanche. "On aurait pu marquer quelques essais de plus en seconde mi-temps, il y a eu quelques fautes de goût, mais il est difficile de faire la fine bouche. On sait qu'il faudra faire mieux samedi prochain", préférait souligner Lièvremont. "Je retiendrai de ce match la victoire, mais aussi la maîtrise et le contrôle du match pendant 80 minutes". Un crédit indéniable. Le plus préoccupant étant toutefois de penser que la question n'était pas de vouloir pour cette équipe de France, mais bien de pouvoir...
Parra: "C'est l'état d'esprit qui est satisfaisant"
De l'avis des joueurs, leur capitaine Thierry Dusautoir en tête, l'essentiel est acquis et l'état d'esprit est là. C'est déjà beaucoup sans doute, on peut aussi imaginer que c'est bien là le minimum à attendre de la part d'une équipe désignée favorite de ce Tournoi et qui aspire elle-même à de hautes ambitions dans le jeu comme dans les résultats. "On a eu quelques alertes parce qu'on s'est fait transpercer quelques fois, mais la défense s'est regroupée et on n'a pas douté", apprécie ainsi le Toulousain. Il était important de commencer par une victoire. Nous avons l'ambition de gagner le Tournoi et une défaite aurait hypothéqué nos chances". Monsieur de Lapalisse n'aurait pas dit mieux...
Mais tout de même, à dominer autant pour gagner de si peu, il y a des questions qui s'imposent d'elles-mêmes. A commencer au sujet d'une charnière, qui reste à ce jour dans l'incapacité de mettre en musique la partition qui lui est donnée. Pour au final aboutir à ce rugby monocorde et surtout d'une inquiétante inefficacité. Au côté d'un François Trinh-Duc, dont la récurrente inaptitude au pied aura privé les Bleus d'une alternance nécessaire, Morgan Parra, présent dans sa charge de buteur (3 sur 5) et par ailleurs sans fausse note majeure dans l'orientation du jeu, tentait de faire la part des choses. "On est content parce qu'il y a la victoire et qu'on a essayé de mettre du rythme, du jeu et c'est plaisant, a expliqué le Clermontois au micro d'Europe 1. Maintenant, il y a des choses à gérer. Il y a eu des temps forts, où on n'a pas su concrétiser et des temps faibles, où on aurait peut-être dû ralentir. Donc, des choses positives et négatives. Il va falloir bosser la vidéo cette semaine pour pouvoir accueillir le mieux possible l'Irlande samedi. On a été mis en difficulté de temps en temps, mais il y avait toujours quelqu'un qui était prêt à rattraper l'erreur de l'autre. C'est l'état d'esprit qui est satisfaisant".
Reste que l'état d'esprit, s'il sera indispensable face aux Verts d'O'Driscoll, ne suffira pas. Ce dont Lièvremont était le premier conscient ce lundi à tête reposée. "On sait qu'il faudra faire plus et mieux" contre une équipe d'Irlande, tenante du titre, auteur l'an dernier d'un Grand Chelem et victorieuse sans impressionner samedi, de l'Italie (29-11). "On sait que le pied gauche de (l'arrière) Rob Kearney, la vista de (l'ouvreur) Ronan O'Gara ou du (centre) Brian O'Driscoll, et la densité de leur paquet d'avants nous causeront d'autres problèmes mais, encore une fois, pour une première sortie, c'est extrêmement encourageant". Ce XV de France doit mieux faire, c'est une évidence. Il a à peine six jours devant lui pour s'attaquer à ce que tous appellent "des détails à régler". On espère qu'il ne s'agit que de cela...












Démarrage
Favoris
Flux RSS