
Un calendrier trop chargé
A l'image de Cédric Heymans ou Jean-Baptiste Elissalde, certains n'ont pas vraiment eu le temps de souffler ces derniers mois. « Ça fait 361 jours qu'on s'entraîne et c'est vraiment trop long, disait Elissalde après la finale. J'espère que les gens vont se pencher là-dessus. Ça a pété et ça continuera de péter. » Beaucoup de joueurs se sont en effet blessés à l'image des Toulousains Clerc, Fritz et Poitrenaud, la faute à des cadences infernales régulièrement dénoncées par Guy Novès notamment. Les grosses affiches de cette saison (Clermont-Stade Français à Marcel-Michelin, Stade Français-Toulouse au Stade de France, Perpignan-Toulouse à Aimé-Giral) ont donné lieu à des impasses pas très glorieuses mais presque inévitables. Les doublons championnat-équipe de France restent l'une des aberrations du rugby. Il n'y en aura plus que quatre la saison prochaine : deux en novembre et deux pendant le Tournoi des VI Nations. Et Serge Blanco de lancer : « Le rugby professionnel ne peut plus se passer d'une grande discussion. Il faut défendre les intérêts de tout le monde, y compris des Fédérations. Il est grand temps de mettre en place un calendrier international. C'est mon regret mais on m'a dit qu'il fallait laisser du temps au temps. On doit essayer d'accélérer et on poussera pour y arriver dans les mois qu'il me reste. »
Un spectacle décevant
Peu d'équipes auront réussi à régaler leur public au terme d'une saison harassante et même interminable pour certains. Après la Coupe du monde, beaucoup de joueurs ont semblé fatigués et hormis quelques clubs, dont bien évidemment Toulouse et Clermont, les clubs du Top 14 n'ont globalement guère brillé par leur sens de l'offensive. « Le spectacle n'a pas été à la hauteur cette saison, hormis bien sûr les deux équipes finalistes, reconnaît Blanco. En ce qui concerne le reste de la compétition, c'est différent. Certaines grosses cylindrées comme le Stade Français, le Biarritz Olympique voire Perpignan n'ont pas été à la hauteur de leur réputation. » Au total sur la saison régulière, 646 essais ont été marqués, soit un peu plus de 3,5 par match. Clermont a décroché la palme de la meilleure attaque de la saison et du meilleur marqueur par Napolioni Nalaga (18). Auteurs d'une saison décevante, marquée par une non-qualification pour le dernier carré, les Biarrots terminent avec la meilleure défense (385 points). Ce championnat parfois sans saveur a vu ses audiences TV se tasser. L'effet Coupe du monde tant attendu n'a pas eu lieu, au grand dam de Canal+ qui avait acquis l'an passé les droits du Top 14 jusqu'en 2011 pour 104 millions d'euros.
L'inflation des salaires
Le rugby n'est pas encore le football mais il s'en rapproche dangereusement à certains égards. Si les salaires n'ont encore rien de comparable (et ne le seront sans doute jamais), la course aux stars de l'hémisphère sud a un prix. L'ouvreur des All Blacks Dan Carter posera ses valises en France pour seulement six mois en fin d'année mais son « année sabbatique » devrait lui rapporter gros. Annoncé à Toulon mais finalement recruté par Perpignan, le Néo-Zélandais touchera 700 000 euros. D'autres joueurs comme son compatriote Jerry Collins devrait également réaliser une juteuse opération. A l'image du RCT dirigé par l'étonnant Mourad Boudjellal, plusieurs clubs ont sorti leur carnet de chèques pour s'attacher les meilleurs joueurs de la planète. Résultat : l'inflation salariale est estimée à 15%. Les formations les plus modestes ne peuvent pas à suivre. Un Top 14 à deux vitesses s'installe entre les plus riches (Clermont, Perpignan, Toulon, Toulouse et le Stade Français) et les autres. « Il faut faire très attention de ne pas attraper les côtés négatifs qu'ont pu connaître d'autres sports avant nous », prévient Serge Blanco.

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