L'Afrique du Sud possède quelque chose de plus que la Nouvelle-Zélande : un titre de champion du monde supplémentaire. Victorieux en France en octobre dernier, les Springboks ont inscrit pour la deuxième fois de leur histoire leur nom au palmarès (1995, 2007). C'est avec cette nouvelle couronne mondiale qu'ils se présenteront à Wellington samedi pour entamer un Tri-Nations 2008 qui retrouve son format en neuf rencontres. Depuis moins d'un an, des choses ont changé avec la nomination d'un nouvel entraîneur Peter De Villiers, qui a pris la succession de Jake White. Un changement qui se traduit par des modifications dans le groupe. L'effectif a été renouvelé par sept joueurs de couleur (un record) et seulement cinq « mondialistes » face au pays de Galles pour le premier test-match (victoire 43-17).
Néanmoins, pour la compétition majeure de l'hémisphère Sud, les Springboks pourront compter sur un groupe étoffé par d'autres joueurs ayant décroché la timbale à l'automne dernier. Les « Français » John Smit, au prix d'un très long voyage entre la France et la Nouvelle-Zélande, et Victor Matfield (Toulon) débuteront face aux Blacks. La surprise est venue de la titularisation de Joe van Niekerk, de retour après des blessures récurrentes qui l'ont éloigné des terrains cette saison. Les « Sud-Af' » pourront s'appuyer sur une conquête puissante et des « contreurs » efficaces (Habana et Ndungane) pour remporter une compétition qui les fuit depuis 2004. Un succès au Tri-nations leur permettrait d'imiter les Australiens qui avaient décroché le sésame deux années consécutives après leur titre mondial de 1999. Une statistique impossible à réaliser par les Blacks pour le moment. Incapable de remporter une nouvelle Coupe du Monde depuis la création de la compétition (1989), la Nouvelle-Zélande arrive au Tri-Nations la rage au ventre après le douloureux revers face à la France en quarts de finale à Cardiff.
Victorieux des trois dernières éditions, les partenaires de Rokocoko veulent affirmer leur domination dans l'hémisphère Sud. Leur sérié d'invincibilité de 29 tests-matchs plaident en leur faveur. L'Angleterre, largement défaites à deux reprises courant juin, peut témoigner que les Blacks sont au sommet. Seul bémol à ce tableau assez réjouissant, la blessure de Richie McCaw pour l'ouverture. L'absence du capitaine est préjudiciable pour l'équipe de Graham Henry. L'incertitude de la participation de l'expérimenté Ali Williams laisse aussi planer le doute sur cette équipe à la relance. Partant annoncé, le deuxième-ligne pourrait finalement renoncer. Même avec ces pépins physiques, les Blacks ne sont pas prêts à laisser filer leur bien. Si l'Afrique du Sud peut se pavaner avec sa Coupe du monde en plus, les All Blacks voudront démontrer à tout prix que le Tri-Nations est leur propriété. A chacun sa spécialité.













