TOP 14, Un Top 14 inflationniste > Masculin.com

Source : Sporever
17/07/2008
Avec l'arrivée de stars étrangères et la concurrence entre les clubs, le salaire moyen proposé dans le Top 14 a explosé ces dernières saisons. La LNR veille pour éviter les dérives financières.

Un Top 14 inflationniste

Inflation salariale
L'an dernier, les chiffres annoncés à propos des émoluments de Kelleher à Toulouse, plus de 300 000 euros, ou de Matfield à Toulon laissaient perplexes. Et que dire maintenant des 1,2 millions d'euros sur trois ans de Jerry Collins (Toulon), des 700 000 euros de Daniel Carter (Perpignan) pour une pige de sept mois ou encore des 600 000 euros sur deux ans pour le treiziste Mark Gasnier (Stade Français). Derrière ces salaires de stars, tous les joueurs du Top 14 en profitent. Ainsi, le Stade Français a dû augmenter sa masse salariale pour conserver Hernandez, Marconnet, Beauxis, Szarzewski ou les Bergamasco. La politique d'ouverture du XV de France  a contraint les clubs à une surenchère : les salaires des Mela (Brive), Barcella (Biarritz), Parra et David (Bourgoin) ont presque triplé. Au final, selon l'Equipe, le salaire moyen a augmenté de 15% pour 10 000 euros net par mois.

Plus de petits clubs
Albi a fait les frais de l'inflation salariale dans le Top 14 en perdant la moitié de ses joueurs dont toute une première ligne partie à Toulon. En effet, il est désormais difficile pour certains clubs comme Auch, Mont-De-Marsan, Dax ou Albi de proposer les mêmes salaires que la concurrence. Autrefois monopole des « Gros » du championnat, Toulon, Bayonne, Brive, Montauban, Montpellier et même le Metro-Racing (Pro D2) sont aujourd'hui capables de recruter des joueurs grâce à des salaires très attractifs comme l'atteste le départ de Rémy Martin à Bayonne. L'apport de capitaux des chefs d'entreprise – Boudjellal à Toulon, Dérichebourg à Brive, Afflelou à Bayonne, Kampf à Biarritz ou Lorenzetti au Racing – n'y est pas étranger. Le rugby reste en effet moins coûteux que le football ou le basket pour attirer de vraies stars internationales et conserver les meilleurs français.

Des investissements vite amortis
L'arrivée de ces stars permet d'attirer des nouveaux capitaux, des nouveaux spectateurs et des médias. Le président Boudjellal avait rentabilisé la pige de douze matches de Tana Umaga (pour 300 000 euros) l'an dernier grâce à des recettes supplémentaires de matches et de merchandising. Cette saison, Perpignan a fait le même calcul avec l'arrivée de Carter. Le salaire de l'ouvreur néo-zélandais est financé en partie par des droits d'image. L'USAP espère une campagne d'abonnement record (plus de 10 000), un match de Coupe d'Europe à Barcelone (au stade Montjuic) et des nouveaux partenaires pour compléter son salaire. On parle d'Iveco, constructeur de camions italiens qui sponsorise la Nouvelle-Zélande, et Pepsi, déjà sponsor du club. Avant même d'arriver, l'opération Carter semble déjà un succès.

« Montrer patte blanche financièrement » dixit Blanco
Cependant, cette frénésie n'est pas sans risque. Financier surtout : «la LNR est train de tirer le signal d'alarme car on ne peut pas faire n'importe quoi » nous confiait son président Serge Blanco l'an dernier. Du coup, ce dernier se montre inflexible : « on ne peut pas laisser faire un président parce que d'abord il faut montrer patte blanche financièrement et demain si les salaires ne passent pas devant la DNCG (ndlr : Direction Nationale d'aide et de Contrôle de Gestion), les joueurs ne seront pas dans le championnat. » Albi, rétrogradé en Pro D2 suite à un problème de budget, a eu une partie de ses licences bloquées la saison dernière. Le problème actuel est que la hausse des salaires est beaucoup plus rapide que l'extension des recettes (télé, sponsoring, merchandising). D'où un risque accru de déficit.


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