
Quatre-vingt dix neuf matchs, 25 essais, 150 transformations, 148 pénalités et six drops. En l'espace de onze années passées avec les Boks et une première sélection contre les Lions britanniques, Percy Montgomery aura profondément marqué l'histoire du rugby sud-africain. Vainqueur d'une Coupe du monde, dont il a terminé meilleur réalisateur (105 points) en octobre dernier, l'ancien arrière de Perpignan ajoutera, samedi, une nouvelle ligne à son palmarès. Face à la Nouvelle-Zélande au Cap, le grand blond honorera sa 100eme cape dans le cadre de la sixième journée du Tri-Nations. De retour dans le XV de départ, Montgomery remplacera Conrad Jantjes. Surtout, le neuvième joueur le plus capé de la planète devrait, du haut de ses 34 ans, il devrait vivre l'un des moments forts de sa carrière en entrant dans le club très fermé qui comprend déjà le Français Philippe Sella et Fabien Pelous, les Australiens David Campese, George Gregan et Stephen Larkham, l'Anglais Jason Leonard, l'Italien Alessandro Troncon et le Gallois Gareth Thomas.
« Nous n'avons pas encore de joueurs qui ont atteint ce cap en Afrique du Sud, ce sera le cas au coup d'envoi samedi, lançait mardi l'entraîneur Peter de Villiers en marge de l'annonce de son équipe. Je ne pense pas que cela aurait pu arriver à un plus grand joueur que Monty. Le joueur professionnel qu'il est aujourd'hui et son expérience sont précieux pour nous. Ce qui est formidable, c'est qu'il partage tout cela avec les autres. Ce n'est pas le joueur qui garde tout pour lui. Même quand il ne joue, Percy est la même personne. Vous ne pouvez rien lire sur son visage. » « C'est vrai que j'ai beaucoup de choses à offrir aux jeunes comme Frans Steyn, Ruan Pienaar et Conrad Jantjes », répond l'intéressé. D'une sérénité impressionnante, le natif de Walvis Bay s'est forgé une solidité à toute épreuve. Aussi bien en sélection qu'avec les Stormers et les Sharks dans son pays mais aussi à Newport (pays de Galles).
Si son année passée du côté d'Aimé-Giral n'a pas laissé un souvenir impérissable aux supporters de l'USAP, tous s'accordent à vanter son calme et son professionnalisme. Montgomery n'est pas du genre à s'extasier. « J'essaie de ne pas trop en parler, expliquait-il en conférence de presse. Mais c'est vrai que de jouer mon 100eme match international est une belle reconnaissance pour moi. Ce sera d'autant plus spécial face à la Nouvelle-Zélande. » Quelques mois après avoir pensé à mettre de côté le maillot des Boks, « Monty » ne regrette pas son choix d'avoir prolongé le plaisir. « Jouer pour les Boks et être un joueur professionnel a toujours été un rêve, dit-il. J'ai réussi à bien gérer ma carrière. Regardez, George Gregan. Il est parti au Japon pour jouer deux ans de plus. C'est un bon exemple de joueur qui a fait attention à lui après de nombreuses années de rugby international. J'espère que j'ai réussi à faire la même chose. » L'histoire n'est peut-être pas encore terminée.

Démarrage
Favoris











