
Huit ans qu'ils attendaient ça. Huit ans que les Australiens n'avaient plus gagné à l'ABSA Stadium de Durban. Pour la première fois depuis 2000, les Wallabies sont parvenus à dominer les Boks (27-15) sur cette pelouse, samedi dernier. L'exploit est historique pour une équipe longtemps défaillante loin de ses bases et désormais parfaitement placée pour remporter le Tri-Nations. Comme en 2000 et 2001. « Nous avons connu des moments difficiles au cours des dernières années, reconnaissait à chaud le capitaine Stirling Mortlock, déjà de l'aventure voilà huit ans. Nous ne nous étions pas imposés ici depuis 2000 et le fait est que c'est toujours difficile. Donc, nous sommes très satisfaits. » Et plus ambitieux que jamais. Alors que bon nombre d'observateurs misaient sur une nouvelle victoire finale, la quatrième de rang, l'Australie est à 160 minutes d'un sacre aussi inattendu que mérité.
« C'est une victoire significative si l'on considère l'état d'esprit dans lequel se trouvaient les Springboks, se félicite l'entraîneur Robbie Deans. Ils étaient assez désespérés après la semaine dernière. Les garçons ont relevé le défi et ont fait de ce que j'attendais d'eux. » A l'image du deuxième ligne James Horwill, du demi de mêlée Gatt Giteau et tant d'autres, nombreux sont les joueurs à avoir brillé. Certains ont même été à la limite dans le combat à l'image de Rocky Elsom. Reconnu coupable d'avoir balancé le capitaine Victor Matfield dans un alignement samedi dernier lors de la victoire de l'Australie à Durban (27-25), le troisième ligne australien a en effet été suspendu une semaine et ne pourra tenir sa place à Johannesburg. Le joueur, qui a décidé de faire appel, sera fixé jeudi. Le coup pourrait être rude pour les Wallabies qui n'ont plus réussi à remporter deux matchs consécutifs en Afrique du Sud depuis 1963.
« C'est un challenge très excitant », note l'ancien demi de mêlée de Grenoble Sam Cordingley, pressé d'en découdre à l'Ellis Park. « Nous savons que nous devrons être encore meilleurs que la semaine dernière et il faut que l'on puisse maintenir notre niveau de performance, ce que l'Australie n'a pas toujours réussi à faire par le passé. » Une condition impérative avant de s'attaquer aux All Blacks le 13 septembre pour une véritable finale et un match forcément spécial pour le Néo-Zélandais Robbie Deans. Contrairement au Sud-Africain Peter de Villiers, dont les débuts sont pour le moment loin d'être convaincants, l'ancien entraîneur des Crusaders est en passe de gagner son pari. Le premier d'une longue série qui doit le conduire jusqu'à la Coupe du monde 2011. Chez lui mais avec la tunique des Wallabies.

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