Tennis : Le rêve argentin

Del Potro veut tout donner pour son pays. (Reuters)
Ils ne sont que douze pays à avoir connu, au moins une fois, le bonheur de soulever le Saladier d'argent de la Coupe Davis. Derrière les 32 succès des Etats-Unis, nation la plus titrée depuis la première édition de l'épreuve par équipes en 1900, figurent l'Australie (28), la France (9), la Grande-Bretagne (9), la Suède (7), mais aussi des nations bien moins renommées sur l'échiquier mondial du tennis comme l'Afrique du Sud, lauréate en 1974. Sur ce palmarès, point de trace de l'Argentine. Pourtant, avec des joueurs de la trempe de Guillermo Vilas, José Luis Clerc ou plus récemment Guillermo Coria et Gaston Gaudio, les Gauchos ne sont pas dépourvus de champions depuis des décennies. Mais à deux reprises, en 1981 contre les Etats-Unis, et en 2006 face à la Russie, ils ont trébuché sur la dernière marche.
Pour la troisième fois de leur histoire en finale, après un parcours qui les a vus éliminer la Grande-Bretagne, la Suède et la Russie, les Argentins veulent tordre le cou à l'adage « jamais deux sans trois ». Et pour cela, ils comptent s'appuyer sur le soutien inconditionnel de leurs fans surexcités à l'idée d'assister à la première finale de Coupe Davis disputée sur leur sol. A Mar del Plata, où seront donnés les premiers coups de raquette vendredi, l'excitation est palpable depuis le début de la semaine et l'arrivée des deux équipes. D'autant que, et c'est une première, l'Argentine part avec les faveurs des pronostics contre une formation espagnole amoindrie par le forfait de Rafael Nadal, contraint au repos pour soigner son genou droit.
Nalbandian: "Peu importe qui se trouvera en face de nous"
Un statut de favori qui rend le capitaine Alberto Mancini assez méfiant. "Bien que Ferrer ne soit pas actuellement au sommet de sa forme, c'est un joueur d'expérience, explique-t-il sur le site internet du quotidien As. Lopez et Verdasco sont dangereux. Il est vrai qu'avec l'absence de Nadal, la balance penche un peu plus dans notre camp mais il ne faut pas croire que cela va être facile. Les Espagnols viennent sans pression et vont tenter de créer la surprise. Nous devons être sur nos gardes et respecter tout le monde."
Derrière ses deux leaders en simple, David Nalbandian et Juan Martin Del Potro, l'Argentine peut être sereine. Sur une surface rapide, très proche du revêtement des courts de Paris-Bercy, les Sud-Américains partent avec un avantage certain. D'autant qu'en plus d'être orphelins de Nadal, les Ibères n'ont aucune certitude quand au niveau de jeu de David Ferrer, leur numéro 1 de substitution très discret dans la deuxième partie de la saison. Très concerné par cette finale, Nalbandian ne veut pas se focaliser sur le fait que l'Espagne a débarqué dans la province de Buenos Aires sans le numéro 1 mondial. Ça change la donne mais nous devons rester concentrés pour gagner. Peu importe qui se trouvera en face de nous, martèle le natif de Cordoba dans l'édition électronique de Marca.
Dans les mêmes colonnes, Del Potro, intouchable en demi-finale contre les Russes, mais usé par un été et un automne durant lesquels il aura souvent été sur le devant de la scène, exprime son état d'esprit. "J'ai envie de partir en vacances avec le Saladier. Je suis certes éreinté par l'accumulation des tournois et par mon voyage en Chine mais en finale de Coupe Davis la fatigue doit être mise de côté." La révélation de l'année aura tout le temps de souffler à l'issue du week-end. Avant une coupure bien méritée, il donnera tout pour écrire avec ses partenaires Nalbandian, Jose Acasuso et Agustin Calleri l'histoire du tennis argentin. Le rêve est à portée de raquette.












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