Tennis : Qui c'est le patron ?

En 2009, Federer veut repasser devant Nadal. (Reuters)
Et soudain, le 18 août 2008, le règne de Roger Federer a pris fin. Après 237 semaines d'une domination sans partage initiée le 2 février 2004, celui que beaucoup considèrent comme le plus grand joueur de l'histoire du tennis a passé la main à son plus sérieux rival, l'homme à l'origine d'une année exceptionnelle avec un fabuleux triplé Roland-Garros-Wimbledon-JO à la clé, un certain Rafael Nadal. La lecture du tableau de l'US Open, avec le nom du Suisse couché sur la dernière ligne eu égard à son nouveau statut, celui de tête de série numéro 2, en a désarçonné plus d'un, mais qui sait s'il ne va pas falloir s'y habituer. L'année 2009, qui s'ouvre dimanche et lundi avec les tournois de Brisbane, Doha et Chennai, nous apportera assez vite la réponse.
Après avoir sauvé in extremis sa saison à la fin de l'été grâce à l'acquisition de son treizième titre en Grand Chelem à l'US Open, Federer a déjà fait savoir que la place de dauphin ne l'intéressait pas. Récupérer son trône sera donc son principal cheval de bataille, en plus de sa quête pour égaler, voire dépasser, Pete Sampras au nombre de Majeurs remportés, mais la tâche s'annonce corsée. Déjà parce que «Rodger» ne possède plus autant de marge sur ses adversaires que jadis, tennistiquement parlant, mais aussi parce que la « barrière psychologique » chez ses adversaires a semble-t-il sauté suite à ses résultats 2008. Enfin, la concurrence est plus homogène que par le passé, comme l'atteste la répartition des vainqueurs en Grand Chelem (Nadal, Djokovic et Federer) et en Masters Series (Nadal, Murray, Djokovic, Davydenko et Tsonga) l'année dernière.
Trop haut pour Djoko ?
Nadal, habituéà chasser derrière le maître, va lui devoir s'habituer àêtre la nouvelle cible. Pour l'Espagnol, qui en raison de son fair-play continue de considérer Federer comme le meilleur joueur du circuit, il sera difficile de faire aussi bien en 2009. A 22 ans, le Majorquin est sorti éreinté d'une saison très fructueuse, au cours de laquelle il aura décroché le plus grand nombre de titres (8), de matches gagnés (82) et le plus de gains (6 773 733 millions de dollars), au point de renoncer à la finale de la Coupe Davis, une épreuve qu'il affectionne pourtant. Mais sa domination sur terre battue, qui n'a pas été altérée d'un iota l'an passé, et ses progrès effectués sur les surfaces plus rapides, bien aidés en cela par l'amélioration de son service, lui laissent toutes ses chances de rester au top bien qu'il lui faudra défendre un sacré paquet de points tout au long de la saison.
Derrière la «rafale de Manacor» et Federer, Novak Djokovic pointe toujours le bout de son nez. Mais le Serbe possède-t-il les épaules pour devenir dès cette année le patron du circuit ? Ce n'est pas dit. S'il a débuté et terminé 2008 en trombe avec ses victoires à l'Open d'Australie et à la Masters Cup, le numéro 3 mondial a manqué de constance entre les deux, semblant parfois manquer de détermination. Pas sûr donc qu'il fasse un candidat au leadership mondial plus affirmé qu'Andy Murray. Passé du neuvième au quatrième rang en douze mois, avec un petit passage hors du Top 20 au printemps, l'Ecossais, vainqueur de deux Masters Series (Cincinnati et Madrid), n'a pas terminé sa progression. Désormais au point physiquement, le chef de file du tennis britannique veut passer un nouveau cap en mettant la main sur un Grand Chelem, sa première finale atteinte à New York en août étant de nature à l'encourager. Seul bémol dans sa quête de points, Murray ne maitrise pas encore toutes les spécificités de la terre battue.
Derrière ce quatuor, les «anciens» Andy Roddick et Nikolay Davydenko, tout comme le très talentueux mais trop irrégulier David Nalbandian, ne font pas des candidats suffisamment costauds pour prétendre à la place de numéro 1. Pour trouver de nouveaux prétendants, il faut davantage se tourner vers les grandes révélations de la saison écoulée. Jo-Wilfried Tsonga et Juan Martin Del Potro, qui ont déboulé dans le Top 10 avec à la clé une première qualification pour la Masters Cup, semblent les mieux armés pour jouer les trouble-fête au sommet de la hiérarchie. Le Manceau, qui défendra beaucoup de points dès la fin janvier à Melbourne, doit pour cela éviter au maximum les pépins physiques tandis que l'Argentin, véritable tube de l'été, est appelé, du haut de ses 20 ans, à confirmer. L'hégémonie du duo Nadal-Federer semble bien avoir vécu et l'année qui s'ouvre promet de sacrées belles empoignades entre ceux qui ambitionnent de prendre position dans le fauteuil du patron.












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