
Roger Federer sauvera-t-il sa saison sur le bitume new-yorkais, une surface sur laquelle sa suprématie n'a pas encore été mise à mal ? Ou cèdera-t-il une nouvelle fois devant l'ascension phénoménale de Rafael Nadal, dont le talent tend à apprivoiser tous les courts ? Telles sont les énigmes qui planent à l'aube de l'US Open, le dernier Majeur de la saison. La quinzaine américaine lèvera quoi qu'il en soit toutes ces interrogations et le 7 septembre au soir, on saura... On saura si le règne de Federer est définitivement révolu et si celui de Nadal n'en est encore qu'à ses prémices.
Les saisons respectives du Suisse et du Majorquin peuvent d'ores et déjà apporter quelques éléments de réponse. Federer est en train de vivre la saison la plus douloureuse depuis qu'il a atteint le firmament du tennis mondial : 48 victoires pour 12 défaites, seulement deux titres (Halle, Estoril), quatre finales (Monte Carlo, Hambourg, Roland Garros, Wimbledon), aucun succès en Grand Chelem, et, en prime, une mononucléose en début d'année. Nadal, à l'inverse, réalise la saison la plus prolifique de sa jeune et prometteuse carrière : 70 victoires pour 8 défaites, assorties de sept titres (Monte Carlo, Barcelone, Hambourg, Roland Garros, Queen's, Wimbledon, Toronto), deux finales (Chennai, Miami) et, en prime, un titre olympique à Pékin. Naturellement, Federer a donc été déchu de sa place de n°1, un rang qu'il occupait pourtant depuis 2004, au profit du prodige de Manacor, jusqu'alors reclus à la place de dauphin depuis 160 semaines (un record).
Djokovic en juge de paix ?
Les temps ont changé. L'an dernier, on se demandait si Rafael Nadal pouvait gagner l'US Open ; cette année, on se demande plutôt s'il peut le perdre. Malgré tout, il convient de rester prudent à l'heure des pronostics. Le palmarès de ces Internationaux américains est là pour le rappeler. Lors des quatre dernières éditions, quatre joueurs différents (Hewitt en 2004, Agassi en 2005, Roddick en 2006, Djokovic en 2007) ont tenté de contrarier la maestria du roi Federer. Les quatre en sont revenus... Mais alors, cette année, sera-ce le cinquième titre consécutif du Suisse, une première depuis la série de Bill Tilden entre 1920 et 1925, ou l'avènement de l'Espagnol sur dur, qui deviendrait ainsi le cinquième joueur à remporter les trois derniers tournois du Grand Chelem de la saison (Roland Garros, Wimbledon, et donc l'US Open) ? Ce dernier, quoi qu'il en soit, est prêt à relever le défi. « On ne sait jamais combien ça prendra de temps pour s'ajuster. Mais je suis prêt à jouer sur le dur », a ainsi livré récemment le « Golden Boy » de Pékin. A bon entendeur…
« Nadal a amené son jeu sur gazon à un niveau auquel personne ne s'attendait, a quant à lui concédé l'ancien n°1 Boris Becker, vainqueur de l'US Open en 1989. Je pense même qu'il faut s'attendre à de grosses améliorations sur la surface dure. Il a un bien meilleur service et un meilleur positionnement sur cette surface. » Favori ou pas, « Rafa » n'a de toute façon rien à perdre. Avec une avance de 770 points au classement ATP, il est assuré de conserver sa première place quels que soient les résultats à Flushing Meadows. Excepté Federer, son plus dangereux rival sera probablement Novak Djokovic, qui l'a battu quatre fois en sept rencontres sur dur, dont deux cette année, et qui a atteint la finale en 2007. Le Serbe pourrait très bien, en effet, jouer de nouveau le trouble-fête, un rôle qui lui sied tant. Qui d'autres, enfin, pourrait remporter le tournoi ? Il n'y a guère que l'Ecossais Andy Murray, très solide depuis Wimbledon, qui tiendrait la corde. Même si, au fond, une victoire de cette ampleur semble prématurée. Quant à tous les autres, ils seront, comme à Paris et à Londres, des figurants. Ni Ferrer, ni Davydenko, ni Nalbandian, ni Roddick, ni Blake, ni Wawrinka ne semblent en mesure de soulever le trophée. Pas plus d'ailleurs que Gasquet, Gulbis, Cilic ou Del Potro, le tube de l'été.

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