
A chaque fois que Roger Federer se présente au seuil d'une finale, la ritournelle des records rebat la mesure. Pour faire court : s'il bat Andy Murray, le Suisse deviendra lundi le premier joueur, depuis Bill Tilden en 1924, à aligner une cinquième victoire consécutive l'US Open. Il sera surtout le seul homme à s'être offert deux quinquennats en Grand Chelem, avec ses cinq couronnes de Wimbledon (2003 à 2007). Un treizième succès en Majeur lui permettrait d'en compter un de plus que Roy Emerson et de se rapprocher à une unité du record absolu de Pete Sampras. Mais au-delà des chiffres, Roger Federer retrouverait surtout un lustre dégradé depuis quelques mois. Ereinté par Novak Djokovic en demi-finale de l'Open d'Australie, étrillé à Roland-Garros et chassé de son jardin londonien par Rafael Nadal, le Bâlois de 27 ans est pour l'heure privé de victoire en Grand Chelem cette saison, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 2003.
Affaibli par les effets d'une mononucléose contractée en début d'année, et sûrement victime de l'usure du pouvoir, il a surtout inquiété par la multiplication des défaites contre d'autres adversaires que Nadal. Avant son probant succès de vendredi contre Novak Djokovic, Federer n'avait plus battu un membre du Top 20 depuis fin avril, perdant face à d'habituels faire-valoir pour lui tels Ivo Karlovic, Radek Stepanek, James Blake ou le Français Gilles Simon. Mais le désormais numéro deux mondial ne s'est jamais cru sur la pente descendante. « Vous avez écrit des choses comme ça ? », interrogeait-il, le sourire aux lèvres, devant la presse après sa qualification pour la finale grâce à une 33eme victoire consécutive à Flushing Meadows. Alors que la deuxième demi-finale battait son plein, Federer ajoutait qu'il ne serait « pas surpris que Murray gagne » contre Nadal. Une interruption due à la pluie et 24 heures plus tard, ce dernier lui donnait raison en s'offrant le scalp du numéro un mondial.
Murray : « Je veux gagner ce tournoi »
Menant deux sets à rien avant que la tempête Hanna ne se mêle aux débats, l'Ecossais de 21 ans a fait preuve d'une étonnante maturité tactique pour achever en quatre manches un adversaire au bout du rouleau après avoir disputé 84 matchs depuis le 1er janvier. Et ainsi devenir le premier Britannique à atteindre la finale d'un Grand Chelem depuis Greg Rusedski en 1997, à l'US Open déjà. Avant cela, seul John Lloyd (Melbourne 1977) y était parvenu dans l'ère Open (1968). Pour deux défaites et un dernier lauréat en Majeur remontant à… 1936, avec le sacre de Fred Perry sur l'herbe de Forest Hills, très lointaine demeure du Grand Chelem américain. Une statistique qui fait désordre pour les héritiers du major Walter Clopton Wingfield, inventeur de la forme moderne du tennis en 1874.
Vainqueur ici en juniors en 2004, Andy Murray espère donc prolonger l'histoire d'amour qu'il vit avec son tournoi préféré. « C'est un sentiment très fort. Depuis le début de la quinzaine, je dis que je veux gagner ce tournoi », assure-t-il. Pour ce qui est du match, le lauréat du Masters Series de Cincinnati et futur numéro quatre mondial ne partira pas dans l'inconnu. En trois confrontations avec le maître, l'élève s'est en effet imposé deux fois. « J'ai bien joué contre lui par le passé. Mais une finale de Grand Chelem est un match différent de ceux que j'ai disputés contre lui jusqu'à présent. Vous savez, il a gagné plus de trente matchs d'affilée ici donc il va être très confiant. Il a beaucoup d'expérience de ces finales alors que c'est un peu nouveau pour moi. Je sais que je vais devoir très bien jouer pour avoir une chance de l'emporter mais je joue bien depuis quelques semaines alors… » A suivre en direct sur Sport365 à partir de 23h00

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