La 2CV de Citroën

Le « lifestyle » à la française

Elle n’avait rien d’une grande. Et pourtant, la Citroën 2CV est entrée au panthéon de l’automobile. Rudimentaire et rustique, la  « Deuche » est devenue un objet de collection après 5 décennies de succès. 


2CV : cheville ouvrière de Citroën
Dans les années 1950, la France ouvrière n’attend qu’une seule chose : les vacances d’été. Sur les routes de l’Hexagone, un curieux gastéropode motorisé trace sa route : c’est la 2CV. « Voiture du peuple » (à l’image de la Coccinelle) sans chichis, elle traîne péniblement ses 60 km/h de pointe. Sa forme arrondie, ses phares « cyclope » et son allure poussive font pourtant fureur. La 2CV embarque jusqu’à 4 personnes et devient le modèle emblématique de Citroën.


Et pourtant, elle roule !
Au tout début, le parti pris des ingénieurs de Citroën est radical : créer une voiture bon marché, à la mécanique rudimentaire, qui se monte rapidement et s’use lentement.  Pour séduire les masses populaires en quête d’évasion dans la période d’après-guerre. Résultat : une voiture deux cylindres, assemblée avec le même type de vis,  et du jeu entre les pièces. « La longévité plutôt que la performance » : le crédo de la 2CV est modeste, mais le pari de son créateur Pierre-Jules Boulanger est gagné. La 2CV ne roule pas, elle caracole !
La lente mue de la 2CV
Concurrencée à ses débuts par la 4CV de Renault, la 2CV finit par s’imposer comme un modèle de référence dans les années 60. C’est l’apogée de la « deux pattes ». Mais si le concept de voiture « anachronique » fait recette, la 2CV ne peut plus ignorer les avancées technologiques.
Le confort et les performances  augmentent sensiblement avec la sortie de nouveaux modèles : notamment la 2CV« AZ » et le Type « AZAM ». La 2CV atteint son apogée dans les années 1960.
Sa production s’arrête 30 ans plus tard, avec au total plus de 5 millions de modèles commercialisés. Et en 2008, la 2CV a fêté en grandes pompes ses 60 bougies.


La 2CV : un art de vivre
Plus qu’une voiture, la 2CV est le symbole d’un art de vivre « à la française ». Elle incarne la liberté et les vacances pour tous : ainsi la mythique scène du film « Le Corniaud »  met en scène une 2CV conduite par Bourvil, sur la route des vacances. La « deux pattes » se disloque après un accrochage avec une Bentley conduite par Louis de Funès. C’est sur ce côté voiture « en kit » que la 2CV a finalement forgé sa légende.
Gauche et sans réel attrait esthétique, son succès tient à la nostalgie d’une époque.
60 ans après sa commercialisation, la 2CV est aujourd’hui honorée par des clubs de passionnés du monde entier. Au point de devenir une pièce de collection qui s’arrache à prix d’or.

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