Essai Seat Leon Sportstourer e-HYBRID : pourquoi dépenser plus ?

Premier modèle hydride rechargeable du constructeur espagnol, cette Seat Leon Sportstourer e-HYBRID cache des entrailles bien connues, puisqu’elle reprend en grande partie la mécanique de ses cousines Golf 8 GTE ou encore la toute dernière A3 Sportback TFSI e, pour un tarif agréablement inférieur, moyennant quelques petites concessions. Nous essayons aujourd’hui le break Sportstourer, voyons ensemble ce que nous réserve notre modèle !

Un break qui ne laisse pas indifférent

Dans la production automobile, les break ont toujours été un peu à part, tantôt considérés comme « utiles », avec leur grand coffre et une longueur de chargement améliorée, parfois objet de design, avec les break de chasse comme à son époque le Z3 de BMW, mais aussi objet de plaisir statutaire, comme aujourd’hui une Audi RS6. Cette Leon Sportstourer est un mélange plutôt habile de tout ça, avec de l’élégance, un soupçon de sportivité et de la place, à revendre, sans trop se démarquer de la compacte dont elle dérive.

Certes, avec ses 4,64m, elle n’est pas une ballerine, l’empattement de 2,68m étant identique à celui de la Leon classique, c’est à l’arrière que se retrouvent les 27 cm supplémentaires en longueur. A la clé, de la place dans le coffre, avec 470l de chargement sous tablette – soit 200 litres de plus que la compacte – mais une tendance à se salir facilement, avec son porte-à-faux arrière allongé sensible aux projections.

Extérieurement, au delà d’un badge e-HYBRID spécifique à cette version hybride rechargeable, et de la trappe de recharge à l’avant gauche, rien ne la distingue des versions exclusivement thermiques. Les constructeurs font de plus en plus le choix de « normaliser » le look des versions électrisées, et c’est à notre sens une excellente chose.

Les jantes en alliage 18″ VENICE de notre modèle d’essai – en option à 660€ – sont élégantes et la monte pneumatique ne nuit pas au confort de conduite et permet au train avant de bien coller à la route.

De la place, encore de la place

A l’intérieur, les lignes sont anguleuses et rappellent beaucoup l’extérieur de la voiture, il y a une vraie cohérence de design sur cette Leon. A l’avant, nous sommes bien installés dans les sièges sport en suédine noir de notre finition Xcellence, ils proposent un bon maintien latéral, et la matière est très agréable au toucher. Si le siège conducteur propose des réglages électriques, le passager n’y a pas droit, dommage !

En face de nous, le tableau de bord est moderne avec une instrumentation digitale de 10,25 pouces en face du conducteur, et un autre écran d’info-divertissement (tactile) de 10 pouces pour les autres fonctions.

Le Digital Cockpit, séparé en 3 zones, permet une personnalisation importante, et vous pouvez afficher à peu près tout ce que vous voulez (GPS, consommations, média), à l’endroit voulu; plusieurs design sont proposés, et les animations sont fluides, c’est une réussite sur ce modèle.

L’autre écran contrôle à peu près tout à bord de la Leon. La navigation, les divertissements, les réglages, les modes de conduite, etc. En dehors de la température de l’air conditionné et du volume, il n’y a plus de boutons physiques sur la partie centrale du tableau de bord, c’est l’écran qui gère. S’il est fluide (vraiment) et plutôt agréable à utiliser, certains défauts d’ergonomie, spécifiques à la version hybride rechargeable, sont présents et gâchent un peu l’usage au quotidien. Il faudra par exemple passer par l’écran pour changer de mode de conduite (tout électrique ou hybride, c’est tout); il est heureusement possible de paramétrer un raccourci pour retrouver facilement le menu, mais ça reste perfectible.

Plus embêtant enfin, le changement du mode de récupération au freinage (Faible, fort ou automatique) est encore plus loin dans les menus, il est vraiment dommage que Seat n’ait pas prévu comme beaucoup d’autres constructeurs, un bouton sur le volant, ou l’utilisation des palettes au volant. Ces dernières, qui ne servent donc qu’à changer les rapports de notre boite DSG 6 vitesses; sont agréables à utiliser, avec une impression de solidité, et surtout, sont solidaires du volant.

Cette boite DSG6 peut être commandée par ces fameuses palettes au volant, mais aussi par le tout nouveau levier « shift-by-wire », qui n’est plus relié physiquement à la boite de vitesse (et qui est vraiment plus discret et élégant que les leviers habituels).

L’ensemble du tableau de bord et des contreportes avant est entouré par un bandeau de led discret, dont les couleurs sont paramétrables. Ce bandeau lumineux fait aussi fonction d’avertisseur d’angle mort, et vous prévient également en cas de danger (un cycliste par exemple) à la sortie du véhicule.

Saluons enfin la présence de Carplay et Android Auto sans fil, encore rare à ce niveau de gamme, qui se couple parfaitement avec la recharge par induction proposée sur ce modèle, et compatible avec les gros téléphones comme un iPhone 12 Pro Max. Et si vous tenez vraiment à le brancher, vous trouverez 2 ports USB-C à l’avant, et une prise allume-cigare dans le vide poches de la console centrale.

A l’arrière, 2 adultes voyagent confortablement sur la sellerie en suédine, le troisième devra composer avec une assise plus courte et un tunnel central assez imposant. Les passagers disposent de leur propre réglage de climatisation, et surtout, de 2 ports USB-C.

Il y a de la place au niveau du pavillon, des genoux et des coudes, largement de quoi envisager des vacances en famille à bord de cette Leon Sportstourer et son coffre de 470 litres qui dispose d’un plancher plat et d’une profondeur intéressante. Pas de double fond – il faut bien mettre les batteries quelque part – mais une petite trappe sous le coffre permet de ranger les câbles de recharge et de profiter de l’intégralité de l’espace offert.

De la puissance, mais pas trop

Notre SEAT Leon dispose de la dernière motorisation hybride rechargeable du groupe VAG, avec un moteur 4 cylindres 1,4 l de 150 ch, associé à un moteur électrique de 85 kW (115 ch), pour une puissance totale combinée de 204 chevaux et 350 Nm de couple maximal, le tout envoyé uniquement sur le train avant.

Plus de 200 chevaux dans une compacte, ça peut paraitre beaucoup, mais il ne faut pas oublier le surpoids engendré par la motorisation électrique, et surtout le pack de batteries d’une capacité de 13 kWh, qui porte la masse totale de notre Leon autour des 1,6t. Reste qu’avec un 0 à 100 abattu en 7,5 secondes (on a vérifié !) et une vitesse maximale annoncée à 220km/h (on a pas vérifié cette fois !), la voiture ne se traine absolument pas, et vous avez toujours sous le pied une réserve de puissance appréciable, et surtout, immédiate grâce à l’électrique.

Même en appui lors de passages rapides en courbes, le poids ne se fait pas spécialement sentir, le châssis est sain même en version classique, et devrait se montrer encore plus incisif avec la suspension pilotée DCC dont notre modèle n’était pas équipé. Comme beaucoup de PHEV, vous n’allez de toute façon pas souvent la maltraiter, tant elle vous encourage à une conduite cool et détendue, mais répondra bien présente lors de vos dépassements ou insertions.

La Seat Leon Sportstourer e-HYBRID propose le choix du mode de propulsion, en full électrique ou en hybride, mais aussi du mode de conduite, confort ou sport. En mode sport, le moteur thermique intervient plus tôt et plus souvent, et l’énergie électrique est surtout utilisée pour procurer un boost à l’accélération et lors des reprises.

La conduite en tout-électrique est disponible jusqu’à 140km/h, mais l’autoroute n’est pas son terrain de jeu favori, elle s’épanouit bien plus en ville ou sur les petites routes secondaires.

Notre modèle était équipé du Pack Drive Assist XL, facturé 890€, qui comprend l’ensemble des aides à la conduite proposées sur la Leon, pour atteindre une conduite autonome de niveau 2 appelée Travel Assist chez Seat. Elle combine l’ACC (régulateur de vitesse adaptatif), le Lane Assist (maintient au centre de la voie) et le Side Assist (Alerte angles morts) et on ne peut que vous conseiller de prendre l’option !

Le système est réactif, et ne s’est pas trompé pendant notre semaine d’essai, nous maintenant toujours en douceur au centre de la voie, et conservant une distance de sécurité (paramétrable via un bouton sur le volant) avec la voiture nous précédant, que ce soit en agglomération ou sur voie rapide.

Quelques kilomètres de conduite en tout électrique sur le périphérique parisien nous ont totalement convaincu de l’intérêt du système, qui fonctionne jusqu’à l’arrêt du véhicule et gère le redémarrage seul; vous sortez beaucoup plus détendu de votre séance quotidienne de bouchons. Le système de récupération de l’énergie au freinage dispose d’un mode automatique – que l’on vous conseille – et distille des conseils de conduite discrets tout au long du parcours. Votre Seat vous proposera par exemple de lever le pied à l’approche d’un rond-point (pour glisser ensuite jusqu’à lui en roue libre) ou si les limitations de vitesse baissent devant vous. La régénération s’adapte également au trafic devant vous, la voiture appliquant plus de frein moteur si nécessaire.

Enfin, cette Léon brille par sa douceur de fonctionnement au quotidien, avec des transitions entre le thermique et l’électrique quasiment imperceptibles : il nous a fallu régulièrement vérifier sur le tableau de bord pour voir si le moteur thermique était allumé ou non.

Des consommations maitrisées

Comme toutes les hybrides rechargeables, ou PHEV, la consommation est un élément clé du succès (et de la raison d’être) de cette Leon. Commençons par la théorie d’abord, avec sa consommation WLTP de 1,1 à 1,3l et ses émissions de CO² comprises entre 25 et 30 g/km, notre espagnole est éligible au bonus de 2000€ jusqu’à cet été (1000€ à partir du 1er juillet 2021), et d’une absence de TVS pendant 3 ans pour les entreprises, grâce à son prix sous les 50 000€ (un peu plus de 41 000€ pour notre modèle d’essai).

En pratique, tout dépendra bien sûr de votre conduite, mais surtout de la fréquence à laquelle vous rechargez votre voiture.

Nous avons réalisé plusieurs mesures d’autonomie en 100% électrique lors de notre semaine d’essai; handicapée par des conditions météo compliquées (autour des 0°), notre Leon a tenu en moyenne 40 km en full électrique en agglomération et voies à 70km/h. C’est certes éloigné des 64 kilomètres promis par la constructeur, mais entre la température, le chauffage à 19° et notre absence d’éco conduite, c’est un score très honorable, et qui permettra à la majorité des conducteurs de ne pas utiliser une goutte d’essence pour aller travailler. On peut raisonnablement penser pouvoir atteindre 50km et plus avec des températures plus favorables, à condition d’utiliser le système de freinage régénératif automatique, très efficace au demeurant.

Comme avec beaucoup d’hybrides rechargeables, le mode hybride est celui qui offre les meilleurs résultats, c’est encore plus vrai quand il est combiné avec la navigation, permettant à la voiture d’anticiper les consommations sur le parcours. Elle va déclencher plus souvent le moteur thermique, surtout au dessus des 70km/h, et prend tout son sens sur les longs parcours, pour une utilisation optimale des deux énergies disponibles.

Sur un parcours mixte de 180km avec majorité d’autoroute et des bouchons parisiens, nous avons consommé en moyenne 6,2l/100 km, et il nous restait encore 39% de batterie à l’arrivée. Sur un autre trajet de 80 km sur des départementales, nous avons consommé 5l/100 km, et avions encore 38% de batterie. Sur nos près de 800 km d’essai, dont près de 400 sur autoroute, nous arrivons à une moyenne de 5l/100, un score très honorable qui s’explique en partie par les 7l/100 consommés à 130 km/h. Son réservoir de 40l (réduit de seulement 5l par rapport à la version thermique) vous permet une autonomie proche des 600 km sur autoroute, bien suffisant pour envisager des trajets sereins.

Notre avis sur la Seat Leon Sportstourer e-HYBRID

Avec son appétit frugal en thermique et les bonnes performances de son hybridation, cette Seat Leon remplit le contrat d’une vraie hybride rechargeable : rouler en tout électrique la semaine, et conserver une autonomie suffisante pour les escapades du week-end et les vacances. Le tout dans un silence et une douceur qui n’ont rien à envier aux modèles de catégorie supérieure.

Si cette Seat Leon Sportstourer e-HYBRID n’est pas exempte de défauts, notamment une ergonomie discutable et des oublis concernant les choix de modes de conduite en hybride, elle brille par ses qualités au quotidien, et semble être bien née. Certes, certains plastiques du tableau de bord n’ont pas leur place dans une voiture à 41 000€, mais au bout d’une semaine d’utilisation, on oublie leur présence et on se concentre sur l’essentiel, à savoir une voiture bien dessinée, généreusement équipée, et qui se montre polyvalente au quotidien.

Si vous recherchez une hybride rechargeable habitable, confortable et dynamique, cette Leon est une excellente proposition, et l’une des compactes hybride rechargeable la moins chère du marché, face à ses cousines Audi A3 et Volkswagen Golf, ou encore la Mercedes A250 e que nous avions essayé; pourquoi dépenser plus ?

Rédigé par Vincent

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