Essai Cupra Formentor VZ 1.4 e-Hybrid 245 ch : envoutante…

Premier modèle 100% développé par CUPRA, le Formentor est le fer de lance de l’offensive de la marque sportive espagnole sur le marché Européen. Initialement disponible uniquement en essence (de 150 ch à bientôt 390 ch), il débarque en France avec deux versions hybrides rechargeables, en 204 ch et 245 ch ; c’est cette dernière que nous avons pu essayer quelques jours.

Des lignes qui font tourner les têtes

Le design, c’est souvent une affaire de goûts, mais le Formentor, à mon avis, est une réussite esthétiquement parlant. Son profil de SUV coupé, campé sur ses grosses roues de 19″, transforme visuellement le Formentor en avaleur de bitume, avec sa calandre béante flanquée de l’énorme logo Cupra couleur bronze.

Cupra Formentor VZ 1.4 e-Hybrid 245 ch

Avec ses 4,45m de long, le Formentor est pile dans la moyenne des SUV compact, mais ses 1m51 seulement de hauteur lui donnent un profil élancé, très éloigné du form factor habituel des SUV. Vous voulez passer inaperçu ? Oubliez le Formentor, il n’a absolument pas été prévu pour ça, encore plus quand il est paré de la peinture noire ou bleue mat en option, notre modèle d’essai étant lui en Gris Caïman.

Pendant nos quelques jours d’essai, beaucoup de têtes se sont tournées pour suivre du regard le Formentor, qui reste encore un modèle peu diffusé dans l’hexagone (les délais actuels de livraison, environ 3 mois, peuvent expliquer ce phénomène).

La parenté avec ses cousines Leon est indéniable, qu’il s’agisse de la signature lumineuse à l’avant et à l’arrière, et c’est encore plus flagrant à l’intérieur, tant il faut jouer au jeu des 7 différences (et encore, pas sûr qu’il y en ai autant) pour les différencier.

Un habitacle bien fini et accueillant

Le Formentor reprend donc en grande partie le tableau de bord de la Cupra Leon, et c’est plutôt une bonne chose car les finitions générales et l’emplacement des éléments est réussi et ne souffre pas de critique particulière.

Une fois n’est pas coutume, évacuons tout de suite ce qui fâche dans ce Formentor : la qualité de certains plastiques de la planche de bord et des contre-portes, certes bien assemblés, n’est pas au niveau d’un SUV sportif vendu plus de 50 000€.

C’est d’autant plus dommage car le reste de l’habitacle est qualitatif et renvoie un sentiment de modernité et de sportivité, à commencer par la sellerie cuir-tissus sur notre modèle d’essai, qui propose des sièges baquets très enveloppants et confortables à l’avant (dont le siège conducteur électrique et les sièges AV chauffants, en option à 700€)

Le tableau de bord, avec ses compteurs numériques et son grand écran tactile – parsemé de surpiqûres cuivre – n’est pas en reste. Dépourvu de boutons, la quasi totalité des fonctionnalités du véhicule se gèrent depuis cet écran central d’info-divertissement, qu’il s’agisse de la climatisation, les sièges chauffants, les médias (dont Carplay et Android Auto sans-fil), mais aussi malheureusement, les modes de propulsion, sur lesquels nous reviendrons.

Le volant sport (option à 700€) complète la dotation sportive de l’ensemble et propose un bouton de démarrage et un autre de changement des modes de conduite, généralement réservé à des modèles biens plus chers.

A l’arrière, les deux passagers latéraux bénéficient également de sièges chauffants et d’une assise confortable et vaste, mais dont la largeur aux coudes réduite (142 cm) rendra périlleux l’ajout d’un passager central. Les sièges baquets avant ont tendance à masquer un peu la vue, et on peut se sentir un peu engoncé, même si la place aux jambes est dans la moyenne haute de la catégorie.

Avec des batteries qui occupent le double fond, le Formentor doit composer avec un coffre réduit d’environ 340 litres ; c’est suffisant au quotidien, mais sans doute un peu limite pour des vacances à 4. On peut toujours se consoler en se disant que sur sa cousine la Leon, équipée de la même motorisation, c’est seulement 270l qui sont disponibles et pas de hayon électrique, contrairement à notre Formentor qui en est équipé.

Notre modèle ne disposait pas du toit ouvrant, mais il existe en option à 1300€, l’équipement de série de l’unique finition VZ est du reste très bien fourni, avec la caméra de recul, les radars avant et arrière, les projecteurs Full LED, l’accès et démarrage sans clé, le hayon électrique, etc.

La douceur de l’électrique, la rage du thermique

Notre Formentor d’essai est équipé de la même chaine de traction que la CUPRA Leon 1.4 e-HYBRID 245 ch que nous avions essayé en début d’année, avec un moteur turbo 4 cylindres 1,4 l de 150 ch, associé à un moteur électrique de 85 kW (115 ch), délivrant une puissance totale combinée de 245 chevaux et 400 Nm de couple sur les roues avant uniquement.

Le Formentor dispose de 4 modes de conduite, sélectionnables via un bouton dédié sur le volant, où, pour ceux n’ayant pas l’option, via l’écran d’infodivertissement (mais c’est… long). Le conducteur peut choisir entre Confort, Sport, Cupra et Individual, qui permet de configurer indépendamment chaque organe (volant, suspension, etc), et de désactiver au besoin le petit glouglou de V8 distillé via les hauts parleurs en mode Cupra.

Il est également possible de jongler entre le mode 100% électrique et l’hybride, mais malheureusement, contrairement au Tarraco, qui dispose lui d’un couton dédié, le changement ne peut se faire que via l’écran d’infodivertissement ; c’est peu pratique et frustrant, même s’il est possible de se configurer un raccourci au besoin.

Le Formentor démarrera par défaut en mode tout électrique (sauf si la batterie est totalement vide) et ne va démarrer son moteur thermique qu’en cas de très forte sollicitation sur la pédale d’accélérateur. En mode hybride, il démarre plus tôt, en général au dessus de 70km/h.

En ville et sur le réseau secondaire, le petit moteur électrique de 116 ch et surtout 330 Nm de couple immédiat fait merveille et suffit largement pour propulser les 1700 kg en ordre de marche du Formentor, en proposant une conduite douce et coulée.

C’est d’ailleurs ce qui caractérise ce Formentor, sa capacité à ne jamais manquer de souffle, compte tenu de sa puissance cumulée à 245 ch, et surtout de son couple de diesel à 400 Nm. Quand le moteur thermique de 150 ch se réveille, il est toujours secondé, même batterie « vide » par son homologue électrique, pour offrir des performances tout à fait honorables, avec un 0 à 100 km/h en 7 secondes, et un capacité à se projeter au delà des vitesses légales très rapidement. La boite DSG 6, associée au moteur thermique fait son travail et se montre plutôt réactive, sachant que l’électrique et son couple immédiat permettent de gommer d’éventuelles lenteurs ou hésitations.

Sur la route, les transitions entre les deux moteurs sont quasiment imperceptibles, et le Formentor va constamment chercher à réduire la consommation, en coupant le moteur thermique dès qu’il est inutile (en descente, à faible vitesse, etc). La conduite autonome de niveau 2 est un régal à utiliser, elle est précise, ne vous balade pas dans la voie, et prend sans rechigner des virages appuyés, tant que le marquage est présent (Pack Drive Assist XL à 200€)

L’une de ses forces réside aussi dans le freinage régénératif automatique (activable dans les options), qui via un radar situé à l’avant, va moduler le niveau de régénération, de la roue libre à l’arrêt quasi complet, selon la circulation devant et en profil de route ; ça fonctionne très bien, et on finit par ne plus s’en passer.

Quand on hausse le rythme, on se rend compte que le Formentor est bien né, avec un chassis très sain, une direction communicative, et une excellente tenue de route en courbe. Contrairement à certains autres modèles du groupe, les sensations sont présentes et le Formentor se transforme totalement en mode Cupra, avec une suspension raffermie et une réponse instantanée à l’accélérateur, grâce à son moteur électrique.

Parlons quand même de ce qui peut fâcher avec tout d’abord un suspension un peu dure, même en mode confort, la faute à un tarage plutôt ferme qui laisse passer quelques imperfections à basse vitesse. Mais… on a trouvé la solution en mode individual, qui propose un réglage de suspension plus souple que celui par défaut du mode confort, et qui atténue grandement les trépidations sur chaussée dégradée.

Enfin, les 400 Nm de couple sont parfois un peu trop enthousiastes pour le train avant qui peine à retransmettre la puissance sur la chaussée, principalement quand elle est humide. C’est un phénomène rare, qui se produit uniquement lors des démarrages appuyés, mais c’est dommage et un peu frustrant.

Une efficience à saluer

Si on peut le qualifier de SUV sportif, le Formentor compte aussi sur son hybridation pour abaisser ses rejets (théoriques) de Co², et verdir son blason de cuivre.

Homologué à 33g de Co² par kilomètres pour une consommation WLTP de 1,5l/100km, ce SUV compact est très efficient sur le papier, aidé par son autonomie théorique de 55km en tout électrique.

Nous avons confronté le Formentor à notre parcours habituel d’environ 550 km, fait de 320 km d’autoroute, 130 km de voies rapides et nationales, et une centaine de kilomètres en ville, en rechargeant autant que possible.

Nous avons bénéficié lors de notre essai de températures plutôt clémentes, avec une moyenne de 15°, et ça se ressent sur le résulat total, avec une consommation cumulée de 5,6l/100 km, soit à peine 0,1l de plus que la Cupra Leon équipée du même moteur, mais essayée en plein hiver.

C’est d’ailleurs sur l’autonomie en tout électrique que la différence était la plus frappante, avec au minimum 42 km, et jusqu’à 50 km en agglomération, pas très loin des 55km théoriques.

Batterie vide, le Formentor se comporte comme un SUV hybride simple qui va récupérer un peu d’énergie lors des freinages pour la restituer en phase d’accélération. Il est également possible de forcer la charge en roulant, ou de garder une réserve de batterie pour plus tard, au prix d’une surconsommation d’environ 1.5l/100 sur autoroute ; où le Formentor consomme autour les 7,5l/100 km à 130 km/h.

Comme tous les hybrides rechargeables, son efficacité énergétique dépendra directement de la fréquence à laquelle vous le rechargez, l’objectif étant de toujours faire le maximum de kilomètres en tout électrique et de garder le thermique pour les longs trajets, ou les petites routes de montagne accueillantes.

Notre avis sur Cupra Formentor VZ 1.4 e-Hybrid 245 ch

Pour son premier vrai modèle maison, Cupra n’est pas loin du sans faute avec le Formentor, surtout dans sa version hybride rechargeable, qui offre encore 1000€ de bonus, une carte grise gratuite et presque pas de TVS pour les professionnels.

A la fois bonne routière, performante, efficiente et relativement logeable, le Formentor cultive en plus un design à part avec ses airs de SUV coupé (ou de Leon surélevée, c’est comme vous voulez) qui le démarque de la majorité de ses concurrents.

Concurrents qui d’ailleurs ne sont pas très nombreux à ce niveau de prix – 47 605€ prix catalogue pour notre modèle d’essai – et de performances, les autres SUV « sportif » type 3008 Hybrid ou éventuellement le GLA 250 e sont, soit moins puissants, soit nettement plus chers, et le Formentor se retrouve un peu seul.

Difficile de cacher que nous avons vraiment aimé conduire le Cupra Formentor pendant ces quelques jours ; il représente un excellent compromis pour une famille de 3 personnes qui souhaite un véhicule original, efficient, mais aussi envoutant dans sa conduite, une fois le mode Cupra sélectionné.

Rédigé par Vincent

Sur Masculin, je vous parle de rhum, et parfois d'autres spiritueux que l'on déguste ensemble. Je vous parle aussi de voitures avec des essais réguliers !