Essai Volkswagen ID.4 Pro Performance : on y arrive !

Deuxième étape de l’offensive électrique de Volkswagen après l’ID.3 que nous avions essayée, ce SUV compact ID.4 représente la proposition familiale du constructeur allemand. Nous avons eu l’occasion d’en prendre le volant pendant une petite semaine, et de faire ce pour quoi il a été imaginé : partir en week-end ! Alors, est-ce qu’on a été convaincus ?

Un SUV « normal »

Avec ses 4,58m et son empattement de 2,77m, l’ID.4 se présente comme un « grand » SUV compact et mise sur son espace à bord pour séduire. Contrairement à l’ID.3 qui sort du lot en terme de design, les lignes de notre ID.4 sont plus consensuelles et son design ne crie pas à tout va qu’il carbure aux électrons.

Même s’il attire les regards avec une ligne réussie et l’effet nouveauté, il ne sort pas du rang et c’est ce que recherche de plus en plus de nouveaux clients de modèles électriques, une « normalité » qui remet les prestations et le design de l’ID.4 au centre, en lieu et place de sa motorisation. Mais attention, normal ne veut pas dire moche ou banal, et notre ID.4 dans son joli colori Bleu Crépuscule n’est pas passé inaperçu.

Les énormes jantes de 21″ de notre modèle d’essai (option à 1200 euros) sont superbes, mais attention aux trottoirs, car elles sont vraiment affleurantes, et on a vraiment eu peur de les abimer pendant notre semaine d’essai.

De la place à revendre

Avec ses 4,58m de long, l’ID.4 est un gros SUV compact, son cousin le Tiguan par exemple, culmine à seulement 4,51m. Ajoutez à ça l’absence de moteur thermique à l’avant et un bel empattement de 2,77m, on se retrouve avec beaucoup de place à bord, autant que dans un SUV de catégorie supérieure.

Après avoir essayé l’ID.3, nous n’avons pas été dépaysé, car l’intérieur de l’ID.4 est en grande partie inspiré de la compacte électrique de Volkswagen. A commencer par le volant et ses touches capacitives, pour lequel il reste au constructeur allemand beaucoup de travail… En plus de proposer des touches imprécises (on se retrouve vite à changer de chanson en voulant baisser le son, ou plus gênant, à ne pas réussir à régler correctement sa vitesse sur le régulateur), le retour haptique via de petites vibrations est juste désagréable et VW aurait mieux fait de garder le volant de ses modèles thermiques.

Reste que sa prise en main est bonne, il est de surcroit chauffant et agréable, tant que vos mains restent sur le tour du volant. Le petit compteur numérique comprend l’essentiel des informations de conduite et reste toujours bien visible, puisqu’il est solidaire du volant lors des ajustements de positions. Au besoin, l’affichage tête haute de notre modèle d’essai, visible même avec des lunettes polarisées, vous permettra de ne pas quitter la route des yeux.

Hormis les nouvelles commandes de gestion des feux, peu de boutons sont présents sur le tableau de bord, et c’est l’écran central de 12″ (en option avec l’affichage de navigation en réalité augmentée) qui va gérer le reste des fonctionnalités de la voiture.

Le système Discover Max est compatible avec Android Auto et Apple CarPlay sans fil, et une fois la première connexion faite, vous pourrez toujours laisser votre téléphone posé sur le chargeur à induction qui accepte sans problème notre gros iPhone 12 Pro Max. En cas de besoin, 2 ports USB-C sont disponibles à l’avant pour connecter ou recharger un téléphone.

Le levier de vitesse à bascule de l’ID.3 est repris ici, c’est certes déroutant au début, mais on s’y fait très vite, et on se retrouve avec beaucoup de place et de rangements entre les sièges avant. Ces espaces sont d’ailleurs modulables en déplaçant les séparateurs en quelques secondes, un vrai plus sur cet ID.4.

Un mot sur la sellerie, qui propose des sièges en tissu, en ArtVelours (comme de l’alcantara) et similicuir, bi colore marron-gris, électriques et chauffants à l’avant. Visuellement c’est réussi, et les accoudoirs des sièges avant sont parfaitement bien placés, mais on aurait bien aimé un peu plus de moelleux.

A l’arrière, le confort est correct, le passager central sera malheureusement gêné par le petit tunnel de transmission et la console centrale, disposant des réglages de climatisation et de 2 ports USB-C. Les deux passagers latéraux profitent d’un espace aux jambes digne de la catégorie supérieure.

Avec 543l sur deux niveaux (+ un emplacement pour ranger les câbles), il y a de la place dans le coffre pour partir en vacances, et le hayon électrique réglable en hauteur vous facilitera la vie.

Mention spéciale à son immense toit panoramique fixe, avec vélum, qui prend pratiquement l’ensemble du toit et offre une belle luminosité à l’habitable, tout en bloquant correctement les UV et la chaleur.

Douceur et volupté

Avec un moteur sur l’essieu arrière développant 204 chevaux et 310 Nm de couple, la fiche technique est alléchante sur le papier, mais c’est sans compter sur les 2,1t à vide de l’ID.4 en version Pro Performance et sa grosse batterie de 77 kWh utiles.

C’est un SUV compact, tourné vers la famille, et c’est exactement comme ça qu’il faut le mener, tout en douceur et en souplesse. Il vous le rendra bien, avec un confort à peine grévé par les grosses roues de 21″, mais bien rattrapé par une suspension adaptative DCC qui peut, selon les modes de conduite, proposer un amortissement « sec » en mode sport, et presque trop souple en confort. Néanmoins, au quotidien, l’amortissement est plutôt agréable et l’association avec la transmission électrique rend les déplacements confortables.

Malgré son poids, l’ID.4 profite du couple immédiat du moteur électrique pour afficher des relances tout à fait convaincantes, que ce soit en ville ou à plus haute vitesse. Le 0 à 100 km/h est fait en 8,5 secondes et les reprises sont du même niveau avec un 80 à 120 km/h en un peu plus de 6 secondes. Afin de préserver son autonomie, l’ID.4 est bridé à 160 km/h, vitesse à laquelle la consommation devient de toute façon totalement dissuasive.

Très agréable à conduire en ville, où son poids et son gabarit ne seront pas un obstacle, il profite également d’un système de caméra 360° réussi, facilitant les manœuvres et permettant de préserver nos fameuses jantes 21″.

Sur autoroute, mais aussi nationale et surtout dans les bouchons, le travel assist fait merveille. Il couple le régulateur adaptatif au maintien actif dans la voie, et vous permet, moyennant quelques corrections manuelles sur le volant toutes les 15-20 secondes, de profiter d’un trajet en toute sérénité. Cet encore mieux sur un périphérique embouteillé, où votre ID.4 s’arrêtera et redémarrera seule, et il faudra juste faire attention aux conducteurs indélicats qui se rabattent « violement », le système ayant parfois un peu de mal à les voir.

Couplé à la navigation avec la réalité virtuelle, ce sont pas moins de 4 écrans (l’écran central, le compteur numérique, l’affichage tête haute et la réalité virtuelle) qui peuvent vous indiquer la prochaine sortie d’autoroute à emprunter, tout ceci étant bien évidemment paramétrable. Si on a été convaincu par l’affichage tête haute, la réalité virtuelle reste encore un peu trop « gadget » et mériterait d’être un peu plus précise.

Une autonomie presque correcte

Comme beaucoup de modèles électriques, la consommation peut énormément varier selon les conditions atmosphériques, le type de route, mais aussi le conducteur. Notre ID.4 est une version Pro Performance, disposant donc de la plus grosse batterie de 77 kWh utiles permettant une autonomie WLTP de 512 km., mais notre modèle d’essai ne proposait en théorie que 490 km, la faute à des équipements optionnels qui augmentent son poids total.

Selon ce même cycle WLTP, notre ID.4 Pro consomme donc en théorie autour de 16 kWh/100 km, chiffre que malgré nos efforts, nous n’avons pas réussi à reproduire hors parcours urbain.

Car c’est bien en agglomération, et sur les voies à 70 km/h que l’ID.4 s’est montrée la plus efficiente, récupérant de l’énergie à chaque décélération ou chaque descente, pour nous offrir une consommation moyenne autour des 17 kWh/100 km sur plusieurs parcours distincts, et même 14 kWh sur un parcours de 35 km sur de petites routes de campagnes.

Nous avons eu des résultats assez différents lors de nos tests autoroutiers, effectués à plusieurs jours d’intervalle, dans des conditions assez proches. Sur notre premier essai de 150 km environ, avec une climatisation à 22°C et une température de 26°C, nous avons consommé 25 kWh/100km, en moyenne sur le parcours. Quelques jours plus tard, le résultat a été tout autre, avec deux trajets de 130 km, toujours avec une clim à 22 °C mais cette fois une température extérieure à 28 °C, nous avons consommé près de 28 kWh/100 km.

Dans ces conditions, impossible d’envisager sereinement de faire plus de 250 km d’affilée sur autoroute à 130 km/h et il faudra sans doute réduire sa vitesse ou bien planifier son parcours pour les longs voyages, les bornes de recharge rapide type Ionity étant encore trop peu nombreuses en France.

A ce propos, l’ID.4 Pro accepte une recharge en domestique à 11 kW maximum via son chargeur embarqué, et jusqu’à 125 kW en connecteur combo sur les bornes de recharge, permettant de récupérer 80 % d’autonomie en une trentaine de minutes environ.

Sur nos 800 km de parcours, il est vrai, majoritairement constitués de trajets autoroutiers, nous avons consommé une moyenne de 23,1 kWh, soit une autonomie réelle d’un peu plus de 350km.

Notre avis sur la Volkswagen ID.4

Après nos 800 km en ID.4, il faut admettre que Volkswagen propose un SUV compact électrique confortable, suffisamment puissant et assez grand pour une famille de 4 personnes, avec une dotation technologique de pointe. On se rapproche enfin de ce que devrait être une voiture électrique, et même si l’ID.4 reste perfectible, c’est un grand pas en avant de Volkswagen pour faciliter l’adoption de cette technologie.

Volkswagen ID.4

Si l’ID.4 fait sens en ville avec une autonomie importante, lui permettant de ne recharger que tous les 450 km environ, les départs en vacances ou en week-end restent aujourd’hui compliqués, et nécessiteront de planifier le trajet via le GPS intégré, qui saura heureusement vous guider vers une borne de charge rapide afin de poursuivre votre voyage.

L’ID.4, c’est de bonnes idées (belle habitabilité, douceur de fonctionnement, réalité virtuelle, etc) parfois ternies par de petits détails agaçants, comme ce volant vraiment peu pratique, et des matériaux en deçà de ce qu’on peut attendre d’un véhicule à ce prix.

Reste une voiture bien pensée pour la famille, sans vraie concurrence en 2021 à part le Skoda Enyak avec lequel il partage ses entrailles ; et surtout, un démarrage des ventes plutôt satisfaisant pour Volkswagen en Europe. Qu’on le veuille ou non, c’est le futur que nous sommes en train de regarder, et il est déjà devant nos yeux avec cet ID.4.

Rédigé par Vincent

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