Essai Hyundai IONIQ 5 : retour vers le futur

Essai Hyundai IONIQ 5

Avec un style néo-rétro qui la distingue clairement de la concurrence, la nouvelle Hyundai IONIQ 5 fait souffler un vent de fraîcheur sur le marché des SUV électriques. La bonne nouvelle, c’est qu’elle peut miser sur d’autres atouts que son physique, comme on a pu s’en apercevoir lors de notre essai entre Angers et Paris.

La Hyundai IONIQ 5 fait tourner les têtes

Il est des voitures comme ça qui font tourner des têtes. Celles des personnes que vous croisez sur le bord de la route, et qui ne peuvent s’empêcher de vous suivre du regard lorsque vous passez devant elle. C’est généralement le cas des voitures de luxe ou des belles anciennes. La dernière fois que ça m’est arrivé personnellement, c’était ainsi au volant de la Ford Mustang cabriolet (et de la Citroën AMI, mais c’est autre chose).

Mais en ce début d’été 2021, un nouveau modèle pourrait occasionner de nombreux torticolis : la Hyundai IONIQ 5 ne passe clairement pas inaperçue ! Cela est peut-être dû à ses dimensions, qui la situe entre un Tucson et un Santa Fe (4m64 de long, 1m 89 de large, 1m 61 de haut), mais il est plus probable que ce soit son look atypique qui en soit la cause.

Directement dérivée (et très proche) du concept 45 dévoilé à Francfort en 2019, la Ioniq 5 puise en fait son inspiration dans le concept Hyundai Pony de 1974 et la version qui en a découlé, à partir de 1975. Le style néo-rétro est clairement assumé par le constructeur coréen, avec ces lignes très prononcées et ce profil qui nous rappellent l’esthétique des voitures d’autrefois. Mais dans le même temps, les flancs marqués, le capot monobloc d’un flanc à l’autre, les immenses roues de 20 pouces avec effet « diamant » et, surtout, la signature lumineuse avec calandre rétro-éclairée et feux à pixels font basculer la Ioniq dans le 21e siècle.

On pourrait aussi évoquer là la présence d’un panneau solaire sur le toit capable de vous faire gagner jusqu’à 1500 kilomètres d’autonomie par an… à condition de vivre dans une région bien ensoleillée et que votre voiture reste garée dehors !

Le SUV électrique qui veut « lever le frein de l’autonomie »

Quand on veut être une voiture bien dans son époque (voire en avance sur son temps), impossible d’être propulsé par une motorisation thermique classique. Ca tombe bien, la IONIQ 5 est un modèle 100% électrique.

Si l’on s’est longtemps interrogé sur son positionnement (crossover ou berline compacte), Hyundai plaide pour un vrai SUV familial. Mais surtout un SUV qui lève tous les doutes quant à ses capacités et son autonomie : les propriétaires d’une IONIQ 5 ne doivent plus avoir à se questionner sur le choix de leur véhicule au moment de partir en vacances ou en week-end. Avec cette voiture, oui, on peut ! C’est en tout cas le leitmotiv du constructeur.

Pourtant, si l’on se borne aux stricts chiffres de l’autonomie, celle-ci n’est pas ébouriffante : de 362 à 481 kilomètres selon la version choisie (d’après la norme WLTP). Mais son point fort réside surtout dans sa charge ultra-rapide 800V, qui lui permet de passer de 10 à 80% d’autonomie en 18 minutes ou, de façon plus concrète, de retrouver 100 km d’autonomie en 5 minutes.

Selon Hyundai, on peut ainsi imaginer faire un Paris – Marseille (environ 800 km et 8h de route en temps normal) avec « seulement » 3 pauses recharge de 15 minutes. Outre le côté pratique pour l’automobiliste, cette rapidité de charge a aussi un atout économique, puisque le tarif passé à la borne est facturé à la minute… En tant que membre du réseau Ionity, Hyundai propose un abonnement mensuel à 13€ puis d’un prix à 0,29€ la minute (contre 0,79€ hors abonnement et autour de 0,50€ sur les bornes des autres réseaux). Pour le trajet évoqué plus haut entre Lutèce et Massilia, il vous en coûtera donc en théorie 13€…

Notre essai de la Hyundai IONIQ 5 entre Angers et Paris

Maintenant que l’on a évoqué les données théoriques liées à l’autonomie de cette IONIQ 5, il convient de passer à la conduite « dans la vraie vie ». Pour ce faire, Hyundai a imaginé un parcours varié, entre routes nationales, chemins vicinaux, autoroutes, périphériques et bouchons parisiens… soit près de 400 kilomètres. Rendez-vous fixé à 9h du matin avant de prendre la route. La monture du jour : une IONIQ 5 H-TRAC 4 roues motrices avec une batterie de 73kWh (puissance de 225kW, l’équivalent de 306 chevaux).

Un intérieur moderne et éco-responsable

Avant de voir ce que la bête a dans le ventre, il convient de s’attarder sur son intérieur. Au moment de s’installer au volant, on se rend compte que Hyundai a fait le choix d’un habitacle très futuriste, très horizontal avec un écran multimédia de 12,3 pouces et un combiné numérique de taille équivalente derrière le volant. Lisible, clair, intuitif (et plutôt joli), l’ensemble est très réussi.

Bénéficiant de la nouvelle plateforme E-GMP, la IONIQ 5 offre également une belle habitabilité : la place est suffisante pour 3 personnes à l’arrière, avec un plancher tout plat, et à l’avant, les rangements sont vastes et nombreux. Mention spéciale à la boîte à gants qui s’ouvre tel un tiroir et à la console centrale coulissante (pratique quand le conducteur doit sortir côté passager !).

  • Intérieur Hyundai IONIQ 5

La banquette arrière coulisse (manuellement ou électriquement sur la version essayée) et permet de gagner de l’espace aux jambes ou de la place dans le coffre, le volume de ce dernier atteignant déjà 530 litres.

La connectivité est évidemment très présente, avec l’appli Bluelink qui permet de commander la climatisation à distance ou de programmer sa recharge sur les heures creuses par exemple. On peut ajouter la compatibilité Apple CarPlay / Android Auto, la recharge par induction ou encore le système V2L, qui permet de brancher et/ou recharger un objet électrique directement à la prise de la voiture (même quand le moteur est éteint), qu’il s’agisse d’un écran TV, d’un VAE… ou d’un appareil à raclette !

Enfin, comme beaucoup de ses camarades, Hyundai fait la part belle aux matériaux et textiles éco-responsables, tant sur les contreportes que sur la planche de bord ou les tapis de sol. Au total, pas moins de 32 bouteilles de plastique recyclé sont utilisées à l’intérieur de la IONIQ 5 !

Un comportement routier agréable… mais un sacré gabarit !

Maintenant que les présentations sont faites, il est temps de partir pour de bon sur les routes de la vallée de la Loire. Dès les premiers tours de roues en ville, on prend la mesure des dimensions de la IONIQ 5 : c’est un « gros » SUV, assez large, qu’il faudra manier avec précaution dans certaines routes et ruelles étroites (coucou le centre-ville de Tours et la route des vins de Loire).

Mais rassurez-vous : pour les plus hésitants, l’assistance active au maintien dans la voie vous aidera à ne pas dévier et la caméra 360 et les aides au stationnement sont bien présentes !

Une fois que l’on s’est habitué à la monture, en revanche, le plaisir est au rendez-vous : les sièges sont très confortables (et réglables en moult points), l’affichage tête haute très lisible et les suspensions font bien leur job malgré les roues de 20 pouces. Quant à l’accélération, elle reste franche, avec un 0 à 100km/h en 5,2 secondes pour notre modèle d’essai.

Mais bien évidemment, il faudra éviter d’avoir le pied droit trop lourd sur la pédale et d’enclencher le mode sport pour ne pas voir votre autonomie chuter à vue d’oeil…

Affichage tête haute Hyundai Ioniq 5

L’autonomie tient-elle ses promesses ?

On en a déjà beaucoup parlé plus haut d’après les données théoriques du constructeur, mais rien ne vaut un test grandeur nature pour juger de l’autonomie réelle d’une voiture.

A ce titre, force est de constater que la charge rapide est particulièrement efficace : 13 minutes ont été nécessaires pour passer de 31 à 81% d’autonomie sur une borne Ionity. Avant cela, la consommation relevée au compteur s’élevait à 16,5 kWh sur une portion mixte (ville et campagne), quand elle aura grimpé autour de 25kWh en restant collé à la limite de 130km/h sur autoroute. On se retrouve donc avec une autonomie réelle comprise entre 250 et 400km selon votre vitesse de croisière. Des chiffres que certains jugeront peut-être trop bas, mais qui vous permettront de prendre la pause qui s’impose toutes les 2 heures sur la route de vos prochaines vacances…

En résumé, notre avis sur la IONIQ 5

Longtemps, Hyundai s’est positionné comme un suiveur des constructeurs européens, que ce soit en termes de design ou de technologie. A l’heure de l’électrification de sa gamme, le Coréen veut changer ses habitudes et endosser le rôle de leader ! Cela se sent avec cette IONIQ 5, avant-gardiste à bien des égards.

A l’heure où tous les SUV ont tendance à se ressembler, ce nouveau venu a le mérite de proposer quelque chose de très différent (on aime ou on déteste, mais on le remarque !). A bord, le confort et la technologie sont aussi au rendez-vous et font de ce modèle une vraie voiture familiale agréable à vivre au quotidien.

Mais bien évidemment, c’est encore et toujours l’autonomie qui va se poser comme argument décisif au moment de passer (ou non) à l’achat de ce SUV électrique : si vous êtes habitué à rouler sur autoroute, les recharges régulières rallongeront forcément votre temps de parcours… mais soulageront votre budget. Encore faudra-t-il que le réseau (Ionity, mais pas seulement) soit à la hauteur, ce qui est loin d’être le cas dans toutes les régions françaises.

En ville, l’autonomie électrique de la IONIQ 5 n’est clairement pas un problème… contrairement à son gabarit. Mais celui-ci est correspond à la moyenne (haute) pour un véhicule des familles.

Alors, peut-être que le prix achèvera de vous convaincre… ou de vous repousser. La IONIQ 5 est disponible à partir de 44 300€ dans sa version Intuitive et jusqu’à 59 050€ dans sa version Executive. Des tarifs supérieurs à une Peugeot e-2008 par exemple (mais avec des performances bien supérieures), qui placent le SUV électrique de Hyundai face à une concurrence de plus en plus rude, où figurent déjà la VW ID.4, la Ford Mustang Mach-E ainsi que le Skoda Enyaq et où arriveront bientôt les Tesla Model Y et Nissan Ariya… entre autres !

Rédigé par Ludovic

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